quoi

quoi

pronom, /kwa/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (14 sens) — Académie 1935 (14 sens)

Littré (1873)

  1. Il s'emploie avec les noms indéterminés. Ce à quoi nous pensons. Ce sur quoi nous disputons. C'est en quoi vous vous trompez. Il n'est rien à quoi je ne sois disposé.

    C'est tout ce de quoi j'ai besoin — Malherbe (1555-1628)

    Et tel blâme en autrui ce de quoi je l'estime — Mathurin Régnier (1573-1613)

  2. Il s'emploie d'une manière indéterminée aussi, pour représenter toute une proposition. Vous avez cité Cicéron, en quoi vous vous êtes trompé. En termes de palais, quoi faisant, en quoi faisant, en faisant laquelle chose. Le tout quoi, tout ce dont il s'agit.

    Flatter ceux du logis, à son maître complaire ; Moyennant quoi votre salaire Sera force reliefs de toutes les façons — La Fontaine (1621-1695)

    Un marchand grec en certaine contrée Faisait trafic ; un bassa l'appuyait, De quoi le Grec en bassa le payait — La Fontaine (1621-1695)

  3. L'Académie dit que quoi s'emploie quelquefois pour le pronom relatif lequel, laquelle, tant au singulier qu'au pluriel, tant au masculin qu'au féminin. On s'en sert avec les mots chose, point, qui ont quelque chose d'indéterminé. On s'en sert aussi quand on peut assimiler la chose ou l'idée dont il s'agit à quelque chose d'indéterminé. Enfin, dans le XIIe siècle, en n'hésitait pas à employer quoi avec tous les noms de chose comme le conjonctif ordinaire, et cet usage, loin d'être à rejeter, est aussi logique qu'élégant et rapide.

    En bonne foi, ce point sur quoi vous me pressez Est une affaire aussi qui m'embarrasse assez — Molière (1622-1673)

    L'éducation des enfants est une chose à quoi il faut s'attacher fortement — Molière (1622-1673)

  4. Quoi non précédé d'un substantif, s'emploie pour joindre deux propositions. Dites-moi en quoi je puis vous servir. Absolument. Ne connaître qui ni quoi (proprement, ni quelle personne, ni quelle chose), ne faire attention à rien. Ni quoi ni qu'est-ce, aucune chose. Il ne dit ni quoi ni qu'est-ce.

    Voilà sur quoi je veux que Bajazet prononce — Jean Racine (1639-1699)

    À l'inquisition l'on force bien l'accusé de deviner de quoi on l'accuse, mais on ne le juge pas sans dire sur quoi — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  5. De quoi...., ce qui est nécessaire pour.... capable de... Avoir de quoi, avoir le pouvoir de, avec un nom de chose pour sujet. Absolument. Il n'y a pas de quoi, se dit, dans le langage familier, pour se défendre d'un remercîment qu'on trouve trop grand. De quoi, pris substantivement.

    Cléopâtre a de quoi vous mettre tous en poudre — Pierre Corneille (1606-1684)

    J'ai de quoi me défendre et de quoi vous répondre — Rotrou (1609-1650)

  6. De quoi, ce qui suffit. Populairement. Avoir de quoi, être dans l'aisance. Substantivement. De quoi, l'avoir.

    Ils trouvaient aux champs trop de quoi — La Fontaine (1621-1695)

    Et que, tant que le jeu me laissera de quoi, Si tu prends à crédit, j'irai payer pour toi — Thomas Corneille (1625-1709)

  7. De quoi, de ce que. Voilà bien de quoi ! ce n'est pas la peine de tant se récrier. Est-ce là tant de quoi ? est-ce une chose si grave ? est-ce là de quoi faire tant de bruit ?

    Je ne m'étonne plus de quoi je gagne tant — Pierre Corneille (1606-1684)

    Hé bien ! qu'est-ce que cela, soixante ans ? voilà bien de quoi ! c'est la fleur de l'âge — Molière (1622-1673)

  8. Comme quoi, voy. COMME, n° 4.

  9. Je ne sais quoi, voy. SAVOIR.

  10. Quoi que, quelque chose que, toutes les choses que. Quoi qu'il arrive. Quoi qu'il en soit. Quoi que, avec de et un substantif. Cet arrêt ne peut être ratifié. La tournure est logique et bonne. Quoi que ce soit, avec une négation, rien. Il n'a pu réussir à quoi que ce soit.

    Quoi que c'en soit... je craindrais fort de vous être indifférent — Guez de Balzac (1597-1654)

    Prête à souffrir un siége et soutenir pour vous Quoi que du ciel injuste eût osé le courroux — Pierre Corneille (1606-1684)

  11. Quoi qui, quelque chose qui. Il est dommage que cette tournure soit tombée en désuétude.

    Dans chaud, le d ne se prononce jamais, quoi qui suive — CHIFFLET

    Quoi qui vous afflige, soyez toujours constant — ID.

  12. Quoi interrogatif, quelle chose ? En quoi différons-nous d'avis ? à quoi de fâcheux devons-nous nous attendre ? Quoi.... que ? quelle chose.... si ce n'est... ? De quoi, pourquoi, d'où ? (locution vieillie). De quoi, pour en quoi ? (locution vieillie).

    Hélas ! de quoi me sert ce dessein salutaire, Si pour en voir l'effet tout me devient contraire ? — Pierre Corneille (1606-1684)

    Il [Dieu] leur donne [aux illustres païens] pour récompense la gloire des hommes ; récompense qui ne vient pas jusqu'à eux, qui s'efforce de s'attacher, à quoi ? peut-être à leurs médailles ou à leurs statues déterrées — Bossuet (1627-1704)

  13. Quoi pris elliptiquement peut être considéré comme sujet. Quoi ? que dit-il ? On sait ce que c'est, quoi ? Quoi de plus heureux que ce qui vous arrive ? Dict. de l'Acad. C'est cet usage qui justifie Lamartine d'avoir fait de quoi un sujet dans une phrase où il n'est pas pris elliptiquement : Quoi donc était hier ce qu'il sera demain ? Jocel. 2e époque.

    Quand on dit que le chaud n'est que le mouvement de quelques globules.... cela nous étonne ; quoi ? que le plaisir ne soit que le ballet des esprits ? — Pascal (1623-1662)

  14. Quoi ! interjection qui marque l'étonnement, l'indignation, etc. On y ajoute quelquefois l'interjection eh. Eh quoi ! vous n'êtes pas encore parti !

    Quoi ! mes plus chers amis ! quoi ! Cinna ! quoi ! Maxime ! Les deux que j'honorais d'une si haute estime ! — Pierre Corneille (1606-1684)

    Son pays le crut fou, petits esprits ! mais quoi ! Aucun n'est prophète chez soi — La Fontaine (1621-1695)

Étymologie : Bourg. quei ; du lat. quid (portant l'accent tonique), neutre de quis, qui.

Historique : XIe s. Et dist al rei : de quei avez pesance [chagrin] ? XIIe s. N'ai fil ne fille de quoi fasse mon hoir [Son beau visage] Par quoi mes cuers [mon cœur] se mist en l'acointance Bele Yolans, je vous chastoi ; Ma fille estes, faire [je] le doi. - Ma dame mere, es-vous de coi ? Mere, de coi me chastoiez ? Est-ce de coudre ou de tailler ? Li plus hardis des trois voussist [voudrait] estre à Paris, Pour coi Mansel [les Manceaux] ne fussent de lor vies saisi [maîtres] XIIIe s. Ma volonté ferez, quoi qu'il doie couster Dont [il] i a bien de quoi je me doie esmaier [Impôts établis] De quoi la povre g…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

Pronom relatif invariable

  1. , qui tient lieu de Lequel, laquelle, tant au singulier qu’au pluriel, lorsqu’il est précédé d’une préposition; il ne se dit que des Choses. Ce sont des choses à quoi vous ne prenez pas garde. Il n’y a rien sur quoi l’on ait tant disputé. La raison pour quoi.

  2. Il s’emploie aussi absolument et signifie Quelle chose. Voilà de quoi je voulais vous parler. Je devine à quoi vous pensez. Il y a dans cette affaire je ne sais quoi qui me semble louche. Dites-moi en quoi je puis vous servir. Voici sur quoi je veux le questionner.

  3. Il a manqué à son ami, à son bienfaiteur, en quoi il est doublement coupable, En cela il est doublement coupable. C’est en quoi vous vous trompez, C’est en cela que vous vous trompez.

  4. De quoi, Ce qui est nécessaire pour, ce qu’il faut pour. J’ai de quoi vous répondre. Cette prétention a de quoi me surprendre. Donnez-moi de quoi écrire. Nous avons de quoi vivre, de quoi nous amuser.

  5. Pop., Avoir de quoi, Avoir de l’argent, être dans l’aisance. C’est un homme qui a de quoi.

  6. Il n’y a pas de quoi me remercier, Il n’y a pas un sujet suffisant de me faire des remerciements. On dit aussi familièrement dans ce sens : Il n’y a pas de quoi.

  7. Moyennant quoi, à cette condition. On a demandé à ce prisonnier sa parole de ne pas s’évader, moyennant quoi il a été laissé en liberté.

  8. En termes de Procédure, Quoi faisant, en quoi faisant, En faisant laquelle chose.

  9. Je ne sais quoi ou, substantivement, Un je ne sais quoi, se dit d’une Qualité, d’un sentiment indéfinissable. Elle a un je ne sais quoi, ce je ne sais quoi qui charme, qui séduit. Je ne sais quoi m’avertissait que je devais me défier de lui.

  10. Fam., Comme quoi, Comment. Prouvez-lui comme quoi il se trompe.

  11. Quoi que, Quelque chose que. Quoi qu’il arrive. Quoi qu’il en soit. Quoi que vous fassiez. Quoi qu’on en dise.

  12. QUOI est aussi pronom interrogatif et signifie Quelle chose? Quoi de plus heureux que ce qui vous arrive? De quoi est-il question? à quoi pensez-vous? En quoi puis-je vous être utile? Sur quoi vous fondez-vous? Absolument, Quoi? que dites-vous? Eh bien, quoi?

  13. à quoi bon? à quoi cela sert-il? Pourquoi? à quoi bon l’interroger? Il ne répondra rien.

  14. QUOI est aussi exclamatif et sert à marquer l’étonnement, l’indignation, etc. Quoi! vous avez fait cette imprudence! Quoi donc! vous osez me braver en face! On y ajoute quelquefois l’interjection Eh. Eh quoi! vous n’êtes pas encore parti!

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (1)
  • quoi — forme de base — /kwa/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée quoi#51392.

quoi

pronom

Grammaire et formes (1)
  • quoi — forme de base

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée quoi#172242.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.