quiconque
pronom, /kikɔ̃kə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (2 sens)
Littré (1873)
Qui que ce soit qui, toute personne qui.
Il passe pour tyran, quiconque s'y fait maître [à Rome] — Pierre Corneille (1606-1684)
Quiconque est riche est tout ; sans sagesse il est sage — Boileau (1636-1711)
Quiconque a été employé absolument.
Il y en a qui se laissent tellement aller à une envie de railler de toutes choses et de quiconque, qu'ils le font sans ménagement et sans égard — Bourdaloue (1632-1704)
Est-ce une fonction à remplir pour une femme d'âge ? je le demande à quiconque — BAYARD et DUVERT
La règle est de ne pas mettre, après quiconque, il dans la proposition principale, et cependant plusieurs auteurs l'ont mis. Malgré la décision des grammairiens, cela ne peut être considéré comme une faute quand la phrase est longue. Il faut nécessairement mettre il, quand le verbe de la proposition principale est au subjonctif. Semblablement, quiconque peut correspondre à une phrase principale où il est représenté par un régime direct ou indirect.
Quand on a dit quiconque, il ne faut pas dire il après, quelque distance qu'il y ait entre deux ; par exemple : quiconque veut vivre en homme de bien et se rendre heureux en ce monde et en l'autre, doit.... et non pas il doit — Vaugelas (1585-1650)
Certes quiconque a vu pleuvoir dessus nos têtes Les funestes éclats des plus grandes tempêtes.... En ce miracle seul il peut assez connaître.... — Malherbe (1555-1628)
Quiconque est de la troisième personne ; on le trouve cependant quelquefois de la seconde personne ; et cela, bien placé, peut être imité.
Ô bienheureuse intelligence, Puissance quiconque tu sois, Dont la fatale diligence Préside à l'empire françois — Malherbe (1555-1628)
Ô quiconque des deux avez versé son sang, Ne vous préparez plus à me percer le flanc — Pierre Corneille (1606-1684)
Quiconque est masculin de sa nature ; mais, dans quelques phrases, il faut absolument mettre au féminin l'adjectif qui s'y rapporte. Quiconque prend un mari doit s'attendre à lui être soumise. Dans une classe de jeunes filles on dira : Quiconque sera paresseuse ou babillarde sera punie.
Quiconque, renfermant une idée de pluralité, a été quelquefois traité comme un pluriel.
Quiconque n'est pas d'accord avec la règle, elle les repousse et les condamne ; quiconque vient se heurter contre cette rectitude inflexible, il faut qu'elle les rompe et les brise — Bossuet (1627-1704)
Étymologie : Lat. quicumque.
Historique : XIIe s. Kikiunkes sunt paien, ensi servent.... E fist pruveires [prêtres] à ses ydles [idoles] servir de trestuz les plus bas del people e del frapin ; kar qui ki unches volsissent estre pruveires as ydles, tut curant serreient receud XIIIe s. Quiconques est esqueliers à Paris, il puet avoir tant de vallés et de aprentis comme il li plaist XVIe s. Quiconque n'en sçait autre chose, Aussi peu qu'une taupe il voit Quiconque sois des dieux, cesse d'avoir envie Que deux si beaux soleils fassent luire ma vie Quelle impudence sera-ce, si quelcun, quiconque qu'il soit, veut usurper le mesme honneur ? …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
Pronom masculin indéfini
, qui n’a point de pluriel. Toute personne qui, quelque personne que ce soit qui. Quiconque n’observera pas cette loi sera puni. La loi porte que quiconque fera, dira... Quiconque passe par là doit payer tant. J’ai promis de le protéger contre quiconque l’attaquerait.
Il est quelquefois féminin et peut être suivi d’un adjectif de ce genre lorsqu’il a nettement rapport à une femme. Mesdames, quiconque de vous sera assez hardie pour médire de moi, je l’en ferai repentir.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (1)
- quiconque — singulier — /kikɔ̃kə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée quiconque#51309.