quelqu'un
nom, masculin
Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens)
Littré (1873)
s. m. et f.
Un, une entre plusieurs. Quelqu'une de vos compagnes. Quelques-uns, quelques-unes, plusieurs dans un grand nombre. Hé quelqu'un ! holà quelqu'un ! se dit pour appeler des gens qui sont à portée de la voix, et particulièrement des serviteurs.
Est-il quelqu'un de vous de si peu de vertu,... Qu'il puisse regretter César et l'esclavage ? — Voltaire (1694-1778)
....Ce qu'en quelques-uns on voit d'attachement N'est qu'un faible ascendant d'un premier mouvement — Pierre Corneille (1606-1684)
Absolument, quelqu'un s'emploie pour les deux genres et signifie une personne. Le féminin quelqu'une cependant n'est pas sans exemple.
Si j'aimais quelqu'un, je n'aurais point de plus grand plaisir que de le voir aimé de tout le monde — Molière (1622-1673)
Quand on a eu dessein de faire plaisir à quelqu'un, on est aise de savoir qu'on y a réussi — Mme de Sévigné (1626-1696)
Il se construit quelquefois avec l'adjectif démonstratif.
À ce plaisant objet si quelqu'une recule, Cette quelqu'une dissimule — La Fontaine (1621-1695)
Puisqu'il n'observe pas que c'est être indiscret Que de chasser quelqu'un qui sait notre secret, Surtout si ce quelqu'un est d'un sexe qui penche Au plaisir de jaser et d'avoir sa revanche — Destouches (1680-1754)
Quelqu'un se dit pour désigner, sans la nommer, une personne déterminée.
Quelqu'un qui n'est pas votre époux, Et pour qui cependant, soit dit sans vous déplaire, Vous sentez quelque chose et de vif et de doux, — Mme Deshoulières (1638-1694)
Voilà pourquoi, je gage, à quelqu'un que je sais l'esprit vint avant l'âge — Casimir Delavigne (1793-1843)
Quelqu'un se dit quelquefois, dans le langage familier, pour personnage de quelque importance.
Cet air n'est pas tant sot, ce port est peu commun, Et, la coiffe abattue, on me prend pour quelqu'un — Thomas Corneille (1625-1709)
Bartholo : Comment ! je vous demande à tous deux s'il est entré quelqu'un chez Rosine, et vous ne me dites pas que ce barbier....L'Eveillé : Est-ce que c'est quelqu'un donc, M. Figaro ? — Beaumarchais (1732-1799)
Étymologie : Quelque, et un ; bourg. quécun ; norm. queuqu'un.
Historique : XVe s. Dit alors à quelcung de ses privez XVIe s. En tous siecles il y en a eu quelcuns, qui par la conduite de nature ont aspiré en toute leur vie à vertus Ayons ce but de prevenir les scandales, et, s'il y en a desja quelcun, de l'abolir Si quelqu'un de ces bannis venoit Quelqu'un s'en offense : qu'y feroy-je ? Ils y ont envoyé quelqu'un de leur compagnie
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée QUELQU'UN, UNE.