que

que

adverbe

Grammaire et formes (1)
  • que — forme de base

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée que#172235.

que

nom, masculin

Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens)

Littré (1873) — entrée 3

s. m.

  1. Terme d'imprimerie. Petit que, c'est-à-dire le point et virgule ( ;), ainsi dit de la manière d'écrire le mot latin que, dans les manuscrits (q ;).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée QUE#sens3.

que

pronom, /kə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (16 sens) — Académie 1935 (9 sens)

Littré (1873) — entrée 1

pron. relatif, ou mieux conjonctif

  1. Lequel, laquelle, lesquels, lesquelles. Il ne s'emploie que comme régime ; il est des deux genres, et des deux nombres ; l'e s'élide devant une voyelle ou une h muette. Ces hommes que vous avez vus. Cette femme que vous connaissez. Les livres que vous lisez. Les choses qu'on vous a dites. Que construit avec un verbe suivi d'un verbe à l'infinitif dépendant lui-même de ce que.

    Des disputes théologiques que l'on a toujours remarquées devenir frivoles à mesure qu'elles sont plus vives — Montesquieu (1689-1755)

  2. Que, d'après la construction ordinaire, ne doit pas être séparé de son antécédent ; cependant il est quelques cas où cela peut se faire : c'est le goût et l'oreille qui en décident ; mais il ne faut pas que la clarté en souffre.

    Et j'ai des gens en main que j'emploierai pour vous — Molière (1622-1673)

    N'allez point présenter un espoir à mon cœur, Qu'il recevrait peut-être avec trop de douceur — Molière (1622-1673)

  3. Que se dit archaïquement pour ce que, représentant le latin neutre quod. En cet emploi il se dit surtout avec les verbes avoir, savoir, pouvoir (joints à ne). Je n'ai que faire, je n'ai rien à faire. Je n'ai que faire de, je n'ai aucun besoin de. Je n'ai que faire de vous dire.... il n'est pas nécessaire de vous dire.... Je n'ai que faire à cela, je n'ai aucun intérêt à cela. Je n'ai que faire là, je ne suis pas nécessaire là. Je ne puis que faire à cela, je n'y puis, je n'y sais que faire, je ne peux qu'y faire, il ne dépend pas de moi d'y rien faire, d'y remédier.

    Le roi [Henri IV manqué par Chatel] vit, et ce misérable.... Qui n'avait jamais éprouvé Que peut un visage d'Alcide — Malherbe (1555-1628)

    Mon esprit satisfait n'aura que désirer — Racan (1589-1670)

  4. Faire que fou, que sage, agir en fou, en sage ; en remplissant l'ellipse on a : faire [ce] que [ferait un] sage.

    Disant qu'il ferait que sage De garder le coin du feu — La Fontaine (1621-1695)

  5. Que, construit avec un adjectif et le verbe être, fait une sorte de locution qui signifie étant (que est ici adjectif conjonctif ; voyez les exemples : la cruelle laquelle elle est ; innocent lequel il était). Il s'emploie en ce sens avec un autre verbe que être, pourvu que ce verbe suppose le verbe être. Habile qu'il se jugeait, il accepta la mission. Innocent qu'il se savait, il avait la tête haute. Avec un participe il signifie après que. Arrivé qu'il fut, il se mit à la besogne. Établi qu'il eut son monde en un bon endroit, il songea à lui. Après un adjectif et avec le subjonctif, dans le sens de quelque.... que. Aujourd'hui on dirait : si doux que soit, ou tout doux qu'est.

    La cruelle qu'elle est [la mort] se bouche les oreilles, Et nous laisse crier — Malherbe (1555-1628)

    Innocent qu'il était, il [Jésus] voulut endurer — Pierre Corneille (1606-1684)

  6. Que je crois, locution familière et elliptique pour : à ce que je crois. On dit de même : que je sache, à ce que je sache.

    Vous n'êtes pas d'ici, que je crois — Molière (1622-1673)

    [Il] Verra, que vous croyez, la promesse accomplie.... — Molière (1622-1673)

  7. Ce que c'est, quelle chose c'est. Familièrement. Ce que c'est que de nous ! voyez quelle est la condition des humains. Archaïquement on supprimait ce.

    Il ne sait que par ouï dire Ce que c'est que la cour, la mer, et ton empire, Fortune.... — La Fontaine (1621-1695)

    Je ne sais point, seigneur, ce que c'est que d'aimer — Regnard (1655-1709)

  8. Ancienne construction de que, très usitée au XVIIe et au XVIIIe siècles, dans laquelle le membre où est que est rattaché par qui à un membre suivant et dépendant. Cette construction a été employée, comme on voit, par les meilleurs écrivains ; elle est vive et très commode ; il serait fort utile de la remettre en honneur.

    Et que pourra faire un époux Que vous voulez qui soit jour et nuit avec vous ? — La Fontaine (1621-1695)

    Sur les éloges que l'envie Doit avouer qui vous sont dus, Vous ne voulez pas qu'on appuie — La Fontaine (1621-1695)

  9. Que, interrogativement, quelle chose ? Il se construit avec l'infinitif. Familièrement. Que diable ? quelle chose, avec diable pris d'une façon exclamative. Que interrogatif employé par redondance avec le verbe savoir.

    Qu'est-ce-ci, mes enfants ? écoutez-vous vos flammes ? — Pierre Corneille (1606-1684)

    Qu'est ceci ? dit-il à son monde ; Je trouve bien peu d'herbe en tous ces râteliers — La Fontaine (1621-1695)

  10. Qu'est-ce ? quelle chose est-ce ? Qu'est-ce que... ? même sens.

    Qu'est-ce de moi ? faible est ma main.... — Mathurin Régnier (1573-1613)

    Qu'est-ce là ? lui dit-il - Rien. - Quoi ! rien ! - Peu de chose — La Fontaine (1621-1695)

  11. Que dans les phrases interrogatives, suivi de que, et signifiant quelle chose.... si ce n'est....

    Et que puis-je espérer qu'un tourment éternel, Si je poursuis un crime, aimant le criminel ? — Pierre Corneille (1606-1684)

    Que fais-tu, Jupiter, que du haut de la nue Tu n'en perdes la race [des puces], afin de me venger ? — La Fontaine (1621-1695)

  12. Que, pourquoi, à quoi ? Que sert de se flatter, de dissimuler, etc. ? à quoi sert-il de se flatter, de dissimuler, etc. En ce sens il se construit souvent avec ne. Que, en quoi ?

    Que parlez-vous ici d'Albe et de sa victoire ? — Pierre Corneille (1606-1684)

    Que tardez-vous, seigneur, à la répudier ? — Jean Racine (1639-1699)

  13. Que exclamatif et dans le sens de combien (en cet emploi, que est équivalent au relatif latin quand il est exclamatif : O qui tuarum pennarum est nitor ! Phèdre.)

    Mon Dieu, mon créateur, Que ta magnificence étonne tout le monde ! — Malherbe (1555-1628)

    Que bien plus aisément j'en saurais triompher ! — Pierre Corneille (1606-1684)

  14. Que, avec un nom de temps, signifie durant lequel, laquelle, lesquels, lesquelles. Par assimilation on a fait maintenant que, à présent que, sorte de conjonctions composées qui signifient en ce temps où, et qui sont formées comme pendant que, alors que.

    Le jour suivant, que les vapeurs de Bacchus furent dissipées, Xanthus fut extrêmement surpris de ne plus trouver son anneau — La Fontaine (1621-1695)

    Il perdit la voix Du moment qu'il gagna ce qui cause nos peines [l'argent] — La Fontaine (1621-1695)

  15. De la même façon on a fait, avec toutes sortes de substantifs et que, des composés où que signifie selon lequel, laquelle, lesquels, lesquelles.

    De la façon enfin qu'avec toi j'ai vécu, Les vainqueurs sont jaloux du bonheur du vaincu — Pierre Corneille (1606-1684)

    On se défend d'abord, mais de l'air qu'on s'y prend On fait entendre assez que notre cœur se rend — Molière (1622-1673)

  16. En dépit qu'il en ait, voy. DÉPIT 1, n° 2, et la remarque 2.

Étymologie : Lat. quod, neutre de qui (voy. QUI). On peut penser que que représente quem, quam, quae aussi bien que quod ; mais la forme qued nous ramène à quod. Dans quelques cas qui n'ont pas prévalu, on a dit que pour qui, comme l'italien che.

Historique : IXe s. Si Lodwighs sagrament quae son fradre Karle jurat, conservat... In o quid il mi altresi fazet Xe s. E de cel peril que super els metreiet Cel edre [ce lierre] sost que [sous lequel] cil sedebat XIe s. Ce dist Rolans : compainz, que faites-vous ? Qu'est devenus li gascons Engelers Respont Rolanz : jà fereie que folz Deus, dit li quens [le comte], or ne sai je que face Eh ! reis amis, que [pourquoi] vous ici nen estes ? An la sameine [semaine] qued il s'en dut aler XIIe s. Mult fait l'amours que vilaine Qui comence por faillir Quant [je] voi venir le bel tanz et la flour, Que l'erbe vers …

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

Pronom relatif des deux genres et des deux nombres

  1. , servant de complément au verbe qui le suit. L’e s’élide devant une voyelle ou une h muette. Celui que vous avez vu. Les gens que vous avez obligés. La personne que vous connaissez. Les espérances que vous lui avez données. Pour le peu qu’il m’en coûte. Les guerriers grecs qu’Hector a tués.

  2. Il sert encore d’attribut dans la proposition qui le suit. Ne voyez-vous pas, aveugle que vous êtes, le piège qui vous est tendu? La cruelle qu’elle est... Voilà ce que je suis.

  3. Il remplace aussi, en parlant des Choses, Pendant lequel, dans lequel, etc. L’hiver qu’il fit si froid. Le jour que cela est arrivé. Au moment que je le reverrai.

  4. Précédé de c’est, il forme une locution toute faite, c’est... que, qui sert ordinairement à attirer l’attention sur le complément, l’attribut ou l’adverbe qui se trouve placé dans la première partie de la phrase. C’est de vous que je parle. C’est à cette personne que je m’intéresse. C’est lui que j’appelle. C’est pour elle qu’on a fait cela. C’est dans cette maison qu’il habite. C’est là qu’il demeure. Où est-ce qu’on trouvera ce livre? Est-ce demain qu’il viendra?

  5. QUE se dit aussi pour Quelle chose. Je ne sais qu’en penser. Il ne sait plus que faire ni que dire.

  6. Je n’ai que faire, Je n’ai aucune affaire. Je n’ai que faire de lui, Je n’ai aucun besoin de lui. Je n’ai que faire de ses dons, de ses conseils, Je n’ai nul besoin de ses dons, de ses conseils. Je n’ai que faire de vous dire... Il n’est pas nécessaire de vous dire... Je n’ai que faire à cela, Je n’ai aucun intérêt à cela. Je n’ai que faire là, Je ne suis pas nécessaire là. Je ne sais que faire à cela, Il ne dépend pas de moi d’y rien faire, d’y remédier.

  7. Advienne que pourra, Qu’il arrive ce qu’il pourra arriver.

  8. QUE est aussi pronom interrogatif et signifie Quelle chose. Que faites-vous? Que vous en semble? Que vous en reviendra-t-il? Qu’attendez- vous? Qu’est-ce que c’est? Que pensez-vous faire? Que faire? Que devenir? Fam., Que diable dites-vous là?

  9. Par extension, Que sert de se flatter? à quoi sert de se flatter? Que m’importe? En quoi cela m’importe-t-il?

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (3)
  • qu' — forme de base
  • qu — forme de base
  • que — forme de base

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée que#157667.

que

pronom

Grammaire et formes (2)
  • qu' — forme de base
  • que — forme de base

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée que#172226.

que

conjonction de subordination, /kə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (23 sens)

Littré (1873) — entrée 2

conj.

  1. Sert à unir deux membres de phrase ; ce qui distingue ce que du que relatif qui unit un nom et un membre de phrase, c'est que celui-ci peut se tourner par quoi ou par lequel, laquelle, accompagné du nom qu'il rappelle, tandis que que conjonction ne le peut pas. Vous dites qu'il viendra. Dans ces locutions : Je dis que oui, Il soutient que non, oui et non représentent des propositions. Après certains verbes qui veulent de avec un substantif, on peut aussi mettre que. je vous instruis, je vous informe que votre frère est arrivé. Je vous avertis qu'il est temps de partir. On a dit aussi que après supplier.

    Je crois qu'avec cela, mon cher marquis, je croi Qu'on peut par tout pays être content de soi — Molière (1622-1673)

    Si j'ai oublié dans ma première lettre de faire mention du prélat, je vous supplie que je répare ce défaut dans celle-ci — Mme de Sévigné (1626-1696)

  2. Après certains verbes et certaines constructions qui impliquent possibilité, doute, négation, interrogation, commandement, on met le subjonctif. Je ne crois pas qu'il vienne. Il suffit que vous le disiez. Il faut qu'il parte. C'est dommage qu'il ait ainsi parlé. Cependant on peut mettre aussi l'indicatif ; mais le sens est un peu différent.

    Est-il possible que vous partiez ? Voilà qui m'étonne, qu'en ce pays-ci les formes de la justice ne soient point observées — Molière (1622-1673)

    Et ne croyez pas que ce fût sur des matières.... — Massillon (1663-1742)

  3. Et que, continuant une pensée commencée par un infinitif. Que s'emploie semblablement, sous-entendu disant, exposant.

    Mais voyant à leurs pieds tomber tous leurs soldats, Et que seuls désormais en vain ils se défendent — Pierre Corneille (1606-1684)

    J'ai cru sa mort pour vous un malheur nécessaire, Et que sa haine injuste augmentant tous les jours.... — Pierre Corneille (1606-1684)

  4. Dans une phrase où se trouvent deux propositions en regard l'une de l'autre, l'une régissant, l'autre régie, quand la première est au passé, on doit mettre la seconde au présent, si elle exprime une chose vraie indépendamment de toute époque, une action qui se fait ou peut se faire en tout temps, ou bien encore lorsqu'il s'agit de quelque chose qui existe au moment où l'on parle. Cependant mettre l'imparfait n'est pas une faute ; seulement la pensée est un peu différente ; l'imparfait se dit quand on veut exprimer quelque chose de relatif. On met l'imparfait du subjonctif après un temps passé. Je craignais, j'ai craint, j'avais craint qu'il ne vînt. On le met aussi après le conditionnel passé. J'aurais voulu qu'il ne vînt pas. Après le conditionnel futur, on met le présent ou l'imparfait. Je voudrais qu'il vienne ou qu'il vînt ; voy. la remarque 2. On pourrait, après le présent, mettre l'imparfait du subjonctif dans une phrase de cette espèce : On craint que la guerre, si elle éclatait, n'entraînât des maux incalculables. C'est de la sorte que Racine a dit :

    Vous m'avez dit, tout franc, que je dois accepter Celui que pour époux on me veut présenter — Molière (1622-1673)

    Qu'est-ce que vous me voulez, mon papa ? ma belle maman m'a dit que vous me demandez — Molière (1622-1673)

  5. Que retranché, nom que l'on donne, dans certaines grammaires latines, à la tournure latine qui exprime par le verbe à l'infinitif et le nom à l'accusatif ce que nous exprimons par que entre deux verbes ; Burnouf l'appelle proposition infinitive.

    C'est donc par l'idiotisme de l'une et de l'autre langue qu'il faut expliquer ces façons de parler, et non par les règles ridicules du que retranché — Dumarsais (1676-1756)

  6. En tête d'un chapitre ou d'une section d'un livre, on met que pour indiquer de quelle matière il y est traité.

    Que Dieu s'est voulu cacher — Pascal (1623-1662)

  7. Par inversion, la proposition où est que peut se mettre avant l'autre. Que cela soit, j'y consens. Que l'on veuille agir ainsi, c'est ce que je ne crois pas. Que ainsi placé équivaut quelquefois à soit que. Ainsi placé, que équivaut encore à s'il arrive, s'il arrivait, s'il fût arrivé. Qu'il fasse le moindre excès, il est malade, s'il arrive qu'il fasse le moindre excès, il en est malade. Que s'emploie de même pour il faut que. Dans une phrase exclamative il équivaut à : faut-il ? Qu'il se soit oublié à ce point !

    Mais que tous, tant que nous sommes, Nous mentions, grand et petit, Si quelque autre l'avait dit, Je soutiendrais le contraire — La Fontaine (1621-1695)

    Que le bon soit toujours camarade du beau, Dès demain je chercherai femme — La Fontaine (1621-1695)

  8. Il exprime le souhait, l'imprécation, le commandement, le français ne possédant l'impératif qu'aux secondes personnes et à la première du pluriel, et y suppléant avec que et le subjonctif ; dans ces locutions, que, bien que en tête de la phrase, n'en est pas moins entre deux propositions dont la première est sous-entendue : je prie que, j'ordonne que, etc. Que je meure si.... Qu'il parte aussitôt.

    Que la foudre à vos yeux m'écrase si je mens ! — Pierre Corneille (1606-1684)

    Que puissiez-vous avoir toutes choses prospères ! — Molière (1622-1673)

  9. Que s'emploie seul et représente différentes locutions conjonctives. Il représente : afin que. Dans une phrase interrogative, il représente : qui fait que, pour que. Accompagné de ne, il représente : de peur que. Il représente : avant que. Il représente : et néanmoins. L'ennemi semblerait dispersé, que l'on devrait veiller encore. De telles nouvelles seraient indubitables, que je ne les tairais pas moins. Il représente : pendant que. Il représente : si bien, de telle façon que. On dit de même : Que c'est une bénédiction. Que signifiant de ce que. Que signifiant à ce que. Que signifiant lorsque. Que signifiant puisque. Sans doute vous avez été malade, qu'on ne vous a vu depuis six mois. Il représente : depuis que. Il y a dix ans qu'il est parti. Il représente : autant que. Que.... ne signifiant sans que.

    Que se met pour afin que, M. d'Ablancourt disant dans son Lucien : Monte vite, que je t'attache — Vaugelas (1585-1650)

    Faites, faites entrer ce héros d'importance, Que je fasse un essai de mon obéissance — Pierre Corneille (1606-1684)

  10. Il est corrélatif de tel, quel, même, autre. On trouve quelquefois, dans ces phrases, après que l'ellipse de celui, celle, ceux, celles. Il est corrélatif aussi des adverbes de comparaison et des comparatifs. Il est plus heureux que sage. Rien ne l'a tant réjoui que d'apprendre.... Si peu que rien. Que bien que mal, en partie bien, en partie mal. On dit aujourd'hui plutôt : tant bien que mal. Si.... que, dans le sens de assez... pour.

    Tout autre que mon père L'éprouverait sur l'heure — Pierre Corneille (1606-1684)

    Montre-toi digne fils d'un père tel que moi — Pierre Corneille (1606-1684)

  11. Que signifiant si ce n'est, autre que, autrement que.

    Par qui sont aujourd'hui tant de villes désertes ?... Que par ces enragés ? — Malherbe (1555-1628)

    Combien de divers automates ou machines mouvantes l'industrie des hommes peut faire, sans y employer que fort peu de pièces ! — Descartes (1596-1650)

  12. Que précédé de pas ou de point, et signifiant si ce n'est. Cette locution a vieilli, et c'est dommage. En tout cas, il faut se garder de la confondre avec la locution vicieuse où ne.... que est joint à pas ou à point : Je n'ai pas que cela à faire (voyez ci-dessous la remarque 1).

    Ils ont vu Rome libre autant qu'ils ont vécu, Et ne l'auront point vue obéir qu'à son prince — Pierre Corneille (1606-1684)

    Je jure les rayons du jour qui nous éclaire Que tu ne mourras point que de la main d'un père — Pierre Corneille (1606-1684)

  13. Ne pouvoir pas.... que.... ne, c'est-à-dire il est impossible que.... ne. On dit de même : il n'est pas que.... ne....

    Dans le fond, je suis de votre sentiment, et vous ne pouvez pas que vous n'ayez raison — Molière (1622-1673)

    Il n'est pas que vous ne sachiez quelques nouvelles de cette affaire — Molière (1622-1673)

  14. Non que..., c'est-à-dire il ne faut pas dire que...

    Non que pour cela j'osasse entreprendre d'abord d'examiner toutes celles difficultés] qui se présenteraient — Descartes (1596-1650)

  15. Ne.... que signifiant seulement. Je ne veux que le voir. Je n'ai de volonté que la tienne. Je ne possède de maison que celle que j'habite. Ne.... que, avec un comparatif ou avec trop, sert à affirmer plus fortement. Ils ne font que sortir, ils sortent à chaque instant. Ils ne font que de sortir, ils viennent de sortir. Ne.... que s'explique par une ellipse : Il n'y a que lui, il n'y a [autre] que lui ; il n'est que blessé, il n'est [autre chose] que blessé.

    On n'entend que des cris, on ne voit que des larmes — Pierre Corneille (1606-1684)

    Je ne vous reproche pas de craindre les juges, mais de ne craindre que les juges ; c'est cela que je blâme — Pascal (1623-1662)

  16. Il n'est que de, voy. ÊTRE 1, n° 14.

  17. Il sert à former un grand nombre de locutions conjonctives : avant que, après que, afin que, dès que, loin que, sans que, soit que, etc.

  18. Il remplace comme, quand, si, lorsqu'à des propositions qui commencent par ces mots, on en joint d'autres de même nature. Que, remplaçant comme et quand, veut l'indicatif. Remplaçant si, il veut le subjonctif ; cependant, par exception, on trouve aussi l'indicatif. Que remplaçant pourquoi. Que remplaçant jusques à quand.

    Comme nous avons déjà dit, et que nous le verrons plus clairement ailleurs — Bossuet (1627-1704)

    Si, selon la doctrine du grand apôtre, on trouve la sainteté dans les emplois les plus bas, et qu'un esclave s'élève à la perfection — Bossuet (1627-1704)

  19. Que précède élégamment la conjonction si au commencement d'une phrase.

    Détale vite et cours ; Que si ce loup t'atteint, casse-lui la mâchoire — La Fontaine (1621-1695)

    Que si le mort n'était convaincu d'aucune faute, on l'ensevelissait honorablement — Bossuet (1627-1704)

  20. Que corrélatif de ce. Si je ne vais plus chez vous, c'est que je crains d'y rencontrer votre cousin. En cette construction, que de se met souvent devant un infinitif. On supprime quelquefois le de. Souvent, dans ces tournures, que s'emploie pour donner plus de force à ce qu'on dit.

    C'est là que ceux qui étaient autrefois enchaînés ensemble ne souffrent plus aucun mal — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

    C'est de vous que mes vers attendent tout leur prix — La Fontaine (1621-1695)

Étymologie : Picard, eq, eque ; provenç. et espagn. que ; ital. che ; du lat. quod (voy. QUE 1).

Historique : Xe s. Elle n'out escoltet les mals conseilliers, Qu'elle Deo raneiet [renie] El li enorte, dont lei nonque chielt [dont elle ne se soucie], Qued elle fuie le nom christien Dunc si rogavit Deus ad un verme, que percussist cel edre [ce lierre] Preietz [priez] li que de cest periculo nos liberat XIe s. Par le sien Deu, qu'il ait mercit de mei Jà [il] ne verrat passer cest premer meis Que jel suivrai.... Sa coustume est qu'il parole à leisir Se Deus ce done que je de là repaire.... Pierre n'i a que toute ne seit neire Al champ estez, que ne seions vaincuz Sa hanste est fraite, [il] n'en a que un t…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (3)
  • qu — forme de base
  • qu' — forme de base — /k/
  • que — forme de base — /kə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée que#51268.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.