pudeur

pudeur

nom, féminin, /pydœʁ/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Honte honnête causée par l'appréhension de ce qui peut blesser la décence. Fig.

    Pudeur, dont on ne s'est servi que depuis M. Desportes, qui en a usé le premier, à ce que j'ai entendu dire — Vaugelas (1585-1650)

    Elle tombe, et, tombant, range ses vêtements ; Dernier trait de pudeur même aux derniers moments — La Fontaine (1621-1695)

  2. Honte honnête causée par l'appréhension de ce qui peut blesser la modestie, l'honnêteté. Homme sans pudeur, homme qui ne rougit de rien.

    La femme sainte et pleine de pudeur est une grâce qui passe toute grâce — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

    La vraie chasteté de l'âme, la vraie pudeur chrétienne est de rougir du péché — Bossuet (1627-1704)

  3. Chasteté, en parlant d'une femme.

    Mais la pudeur peut tout sur l'esprit d'une fille — Pierre Corneille (1606-1684)

    Vous qu'il prit à témoins d'une immortelle ardeur, Quand, par un faux serment, il vainquit ma pudeur — Pierre Corneille (1606-1684)

  4. Sorte de discrétion, de retenue, de modestie qui empêche de dire, d'entendre ou de faire certaines choses sans embarras. La pudeur des lois, le respect que les lois inspirent.

    Il [l'ami] cherche vos besoins au fond de votre cœur ; Il vous épargne la pudeur De les lui découvrir vous-même — La Fontaine (1621-1695)

    Vous.... Qui ne pûtes jamais écouter sans pudeur La louange la plus permise — La Fontaine (1621-1695)

Étymologie : Lat. pudorem. Pudeur, d'après Vaugelas (voy. ci-dessus au n° 1) a été employé pour la première fois par Desportes.

Historique : XVIe s. Utile decence de nostre virginale pudeur, si elle pouvoit interdire ceste descouverte

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Honte honnête, mouvement excité par l’appréhension de ce qui blesse ou peut blesser la décence, la modestie, l’honnêteté. Pudeur virginale. C’est un reste de pudeur qui l’a retenu. C’est avoir perdu toute pudeur que d’oser agir ainsi. Il n’a aucune pudeur. épargnez, ménagez, respectez la pudeur de cette jeune fille. Rougir de pudeur. La pudeur paraît sur son visage. Des discours qui offensent, qui blessent la pudeur.

  2. Il se dit encore d’une Sorte de discrétion, de retenue ou de délicatesse qui empêche de dire, d’entendre ou de faire certaines choses sans embarras. Rougir de pudeur. Il a eu la pudeur de ne point me parler de son aventure. Il a eu assez peu de pudeur pour s’adjuger lui- même la meilleure part. C’est un homme qui loue tout le monde sans pudeur. Ne lui donnez pas tant de louanges en face, ménagez, épargnez sa pudeur.

  3. C’est un homme sans pudeur, C’est un homme qui ne rougit de rien.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • pudeurs — pluriel — /pydœʁ/
  • pudeur — singulier — /pydœʁ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée pudeur#50402.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.