prudence

prudence

nom, féminin, /pʁydɑ̃sə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Vertu qui fait connaître et pratiquer ce qui convient dans la conduite de la vie. Terme de jurisprudence. S'en rapporter à la prudence, abandonner une décision à une autorité sans rien lui demander expressément. Dans le style de l'Écriture, prudence mondaine, prudence de la chair, prudence du siècle, l'habileté dans les affaires du monde. Prudence chrétienne, celle qui apprend à discerner ce qui conduit à Dieu. Avoir la prudence du serpent, être très prudent (locution qui ne se dit que dans le style familier, et qui provient de la subtilité attribuée par la Bible au serpent). Prudence est mère de sûreté.

    Et c'est toujours prudence en un péril funeste D'offrir une moitié pour conserver le reste — Pierre Corneille (1606-1684)

    La sagesse est dans les vieillards, et la prudence est le fruit de la longue vie — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

Étymologie : Provenç. et ital. prudenza ; du lat. prudentia, de prudens, prudent.

Historique : XIIIe s. Prudence est cil habiz par cui l'on puet conseiller à veraie raison entor les bones et les mauvaises choses de l'ome Vertus moral est devisée en quatre membres, ce sont prudence, atemprance, force et justise XVIe s. Les sciences ne peuvent que nous enseigner la prudence, la preud'hommie et la resolution Je n'ay gueres d'art.... pour dresser et conduire par prudence les choses à mon poinct La memoire des choses passées est la prudence de ce qui est à advenir On donne les offices et promotions, et non prudence et discretion

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Qualité qui permet d’apercevoir et d’éviter les dangers et les fautes, qui fait connaître et pratiquer ce qui est convenable dans la conduite de la vie. Agir, se conduire avec prudence. La prudence doit être la règle de toutes nos actions. Il n’y a pas de prudence à en user de la sorte. Il a bien manqué de prudence dans cette occasion. Une prudence consommée. Ce magistrat s’est conduit avec beaucoup de prudence. Ce général a donné des marques d’une grande prudence dans toutes ses campagnes. Je m’en remets, je m’en rapporte à votre prudence. Je me repose sur votre prudence. Sa prudence s’est trouvée en défaut. J’admire la prudence de votre conduite, de vos discours. La prudence est une des quatre vertus cardinales.

  2. Prov., Prudence est mère de sûreté. Dans le style de l’écriture sainte, Prudence mondaine, prudence de la chair, prudence du siècle, Habileté dans la conduite, lorsqu’elle ne regarde que les choses du monde et qu’elle n’a point de rapport à celles du ciel; par opposition à Prudence chrétienne, Celle qui apprend à discerner ce qui conduit à Dieu de ce qui en éloigne, et qui fait préférer l’un à l’autre.

  3. Fig. et fam., Avoir la prudence du serpent, être très prudent.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • prudences — pluriel — /pʁydɑ̃sə/
  • prudence — singulier — /pʁydɑ̃sə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée prudence#49764.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.