provision
nom, féminin, /pʁɔvizjɔ̃/ ou /pʁovizjɔ̃/
Définitions
Ensemble de choses, en particulier de denrées, rassemblées par prévoyance pour un usage futur.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.
Somme d'argent versée par avance ou déposée pour garantir un paiement ultérieur.
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En justice, somme allouée à titre provisoire à une partie avant le jugement définitif.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (11 sens)
Littré (1873)
s. f.
Terme de palais. Ce qui est adjugé préalablement à une partie en attendant le jugement définitif. Sentence de provision. On lui a adjugé une provision de deux mille francs. Provision alimentaire, somme allouée par la justice aux veuves ou aux femmes séparées sur les biens de leurs époux, aux pères ou aux mères sur les revenus de leurs enfants, etc. Fig.
Appius déclara qu'il n'y avait que le père seul qui pût réclamer la possession de celle qu'il prétendait être sa fille, et que, s'il était présent, il lui adjugerait la provision — Vertot (1655-1735)
Les misères de ma vie n'étaient que des provisions de dédommagements et de jouissances pour un meilleur état — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Terme de commerce et de banque. Fonds destinés par celui sur qui une lettre de change est tirée, à payer cette traite. Faire la provision d'une lettre de change. Terme de commerce. Rétribution due à un courtier, à un facteur ou à un commissionnaire du commerce, qui a été chargé d'une vente ou d'un achat.
Terme ecclésiastique. Droit de pourvoir à un bénéfice. L'acte du supérieur qui a donné le titre. Un faux exposé rend la provision nulle.
Au plur. Lettres par lesquelles un bénéfice ou un office est conféré à quelqu'un.
Jamais Lauzun n'avait daigné me remercier du gouvernement de Berry ; il n'en avait pas pris les provisions
Les amis de mon père le pressaient d'envoyer chercher ses provisions de grand écuyer — Saint-Simon (1675-1755)
Amas, fait avec prévoyance, de différentes choses nécessaires. Provision de farine, de vin, de poudre. Provisions de guerre et de bouche. Aller à la provision. Faire provision de livres pour la campagne. Avoir en provision, se dit de certaines denrées, beurre, café, etc. quand on ne les achète pas au fur et à mesure du besoin. Par plaisanterie. Il a eu bonne provision de bois pour son hiver, se dit d'un homme qui a reçu des coups de bâton. Au plur. Provisions se dit surtout d'objets de consommation pour le ménage. Faire ses provisions, se pourvoir des choses nécessaires. Provisions de carême, le beurre, l'huile, le poisson salé, les légumes, les fruits secs et tout ce que les catholiques mangent d'ordinaire dans le carême. Terme de marine. Les provisions, les vivres consommés par le commandant et les officiers.
Comme ce n'est pas assez, avant de commencer à rebâtir le logis où on demeure, que de l'abattre et de faire provision de matériaux et d'architectes — Descartes (1596-1650)
Ayant trouvé quelques provisions de bouche en se glissant à travers des décombres [dans Lisbonne renversée], ils réparèrent un peu leurs forces — Voltaire (1694-1778)
Fig. Nombre, quantité amassée avec prévoyance ou considérée comme une réserve. En avoir sa provision, avoir de quelque chose tout ce qu'il en faut, tout ce qu'on en peut avoir. En avoir assez pour sa provision, être suffisamment pourvu, muni de quelque chose. Faire des provisions, amasser les connaissances qui serviront un jour. Il n'a pas fait de provisions pour, il ne s'est pas préparé à.
Puis donc qu'amour te fait d'amants provision — Mathurin Régnier (1573-1613)
Vous savez que, pour l'esprit, il n'en a pas, grâce à Dieu, grande provision — Molière (1622-1673)
Par provision, loc. adv. Provisoirement, préalablement. Terme de jurisprudence. Jugement par provision, jugement exécutoire provisoirement, nonobstant le recours dirigé contre lui. Dans le langage général, en attendant et par précaution. On a dit, dans un sens analogue, de provision. Provision, destruction, ou provision, profusion, c'est-à-dire quand on a dans un ménage une provision, on consomme plus que si on achetait à mesure
Hé ! par provision, mon père, couchez-vous — Jean Racine (1639-1699)
Le parlement rendit un arrêt par lequel, en remettant à délibérer plus amplement sur leur institut [des jésuites], il leur permettait d'enseigner par provision la jeunesse — Voltaire (1694-1778)
Étymologie : Génev. porvision ; provenç. provisio ; espagn. provision ; ital. provisione ; du lat. provisionem, de provisum, supin de providere (voy. POURVOIR).
Historique : XIVe s. Pierre fery [frappa] Guillaume sur son chief en telle maniere que, se n'eust esté la grace de Dieu, avec la provision [prévoyance] dudit Guillaume, il eust esté mort et occis Les gens dient aucunes bestes estre prudentes, pour ce que il ont une industrie naturele de faire leur provision XVe s. Voulentiers ceulx qui font les choses en craincte y donnent les bonnes provisions XVIe s. Ayant un peu d'eau et de pain à costé de son livre, [ce] qui estoit toute la provision de son repas La premiere provision de quoy ils [les Romains] se servoient à brider la rebellion des peuples de nouvelle …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Réunion, faite par prévoyance, de choses nécessaires ou utiles, soit pour la subsistance d’une maison, d’une ville, d’une province, soit pour la défense d’une place de guerre. Provision de vin, de blé, sel. Il n’a besoin ni de vin ni de bois pour cette année, il en a sa provision. La place est munie de toutes sortes de provisions de guerre et de bouche. Par extension, Faire provision de livres, faire bonne provision de livres pour la campagne.
Aller aux provisions, faire ses provisions, Se pourvoir des choses nécessaires.
Prov., Provision fait profusion, Quand on a dans un ménage une provision abondante de choses nécessaires à la vie, on en consomme plus que s’il fallait se les procurer à mesure.
PROVISION se dit figurément en parlant des Choses morales, et il signifie Réserve, quantité, dose. Ne cherchez pas à lui donner des ridicules, il en a déjà sa provision, bonne provision, une bonne provision. Cet homme, au cours de ses lectures, a fait provision de lieux communs sur tous les sujets. Il faut avoir une grande provision de patience.
En termes de Palais, il désigne Ce qui est adjugé préalablement à une partie, en attendant le jugement définitif, et sans préjudice des droits réciproques au principal. On lui a adjugé une provision de six mille francs. Provision alimentaire. Sentence de provision. Cet homme ayant été lésé a obtenu une provision de trois mille francs. Gagner la provision.
Il se dit aussi d’une Somme remise en acompte à un mandataire pour couvrir les premiers frais d’une opération, d’un procès, etc.
En termes de Commerce et de Banque, il se dit de la Somme déposée entre les mains de celui sur qui une lettre de change ou un chèque est tiré et qui doit suffire à en opérer le paiement. Faire la provision d’une lettre de change. Un chèque sans provision.
PAR PROVISION
loc. adv.
Provisoirement, en attendant et préalablement. Il a été ordonné par provision qu’il jouirait de la terre, qu’il toucherait la somme en donnant caution.
Il s’emploie aussi dans le langage familier et par plaisanterie. Comme nous ne dînerons qu’à neuf heures, je vais par provision faire un second déjeuner.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- provisions — pluriel — /pʁɔvizjɔ̃/ ou /pʁovizjɔ̃/
- provision — singulier — /pʁɔvizjɔ̃/ ou /pʁovizjɔ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée provision#49732.