protée
nom, masculin, /pʁɔte/ ou /pʁote/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (1 sens)
Littré (1873)
s. m.
Terme du polythéisme. Divinité de la mer qui, lorsqu'on la saisissait endormie pour lui faire prédire l'avenir, se changeait en toute sorte de formes effrayantes ; c'était le pasteur des animaux marins (Protée avec une majuscule).
Tel que le vieux pasteur des troupeaux de Neptune, Protée, à qui le ciel, père de la fortune, Ne cache aucuns secrets, Sous diverse figure, arbre, flamme, fontaine, S'efforce d'échapper à la vue incertaine Des mortels indiscrets — Jean-Baptiste Rousseau (1671-1741)
Ce Protée dont la fable raconte tant de merveilles n'était qu'un de leurs danseurs qui, par la rapidité de ses pas et la force de son expression, semblait à chaque instant changer de forme — CAHUSAC
Fig. Homme qui joue toutes sortes de personnages (protée avec une minuscule).
Vous [Alcibiade] êtes un protée qui prenez indifféremment toutes les formes les plus contraires, parce que vous ne tenez à aucune — Fénelon (1651-1715)
Le ministre ou le plénipotentiaire est un caméléon, est un protée — La Bruyère (1645-1696)
Fig. Il se dit des choses qui se présentent sous des formes diverses. Terme d'alchimie. Protée des philosophes, le mercure, ainsi dit à cause de sa fluidité merveilleuse et de ses différentes préparations.
Je conviens qu'il y a dans la substance une première détermination essentielle ; mais c'est là un protée qui prend plaisir à se présenter à moi sous mille formes différentes, et qui me défie de le saisir sous aucune — CONDIL.
Terme de zoologie. Genre de reptiles batraciens. Genre d'animalcules infusoires, dit aujourd'hui genre amibe.
S. f. Terme de botanique. Genre de plantes, type de la famille des protéacées, et dans lequel on distingue la protée argentée, dite arbre d'argent, bois d'argent, parce que ses jeunes pousses ont des feuilles blanches et comme argentées.
Étymologie : Πρωτεὺς, de πρῶτος, proprement le premier-né, le vieux de la mer ; comparez Πρωτὼ, nom d'une néréide.
Historique : XVIe s. La marine est plus arrestée [qu'une dame infidèle], Et du ciel les hauts mouvements ; Bref, tout ce qu'on lit de Protée Ne s'egale à ses changemens
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Nom d’un Personnage mythologique, qui, dans le langage courant, désigne un Homme qui change continuellement de manières, d’opinions, qui joue toutes sortes de rôles. Cet homme est un vrai protée.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- protées — pluriel — /pʁɔte/ ou /pʁote/
- protée — singulier — /pʁɔte/ ou /pʁote/
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