protection

protection

nom, féminin, /pʁɔtɛksjɔ̃/ ou /pʁotɛksjɔ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Action de protéger, de préserver de mal. Prendre en sa protection, protéger. On dit aussi : prendre sous sa protection. Prendre la protection de quelqu'un, prendre sa défense.

    La demoiselle que vous connaissez, laquelle, ayant juré ma ruine, est fâchée de voir que je suis en la protection d'un des plus braves hommes du monde — Voiture (1597-1648)

    Sa mort me laissera, pour ma protection, La splendeur de son ombre et l'éclat de son nom — Pierre Corneille (1606-1684)

  2. Action de prendre soin de la fortune, des intérêts, de l'avancement de quelqu'un. Un air, un ton de protection, l'air, le ton qu'a celui qui protége à l'égard de celui qui est protégé.

    Mon protégé n'honora pas ma protection ; il fit tout du pis qu'il put... — Mme de Staal-Delaunay (1684-1750)

    Je pourrais offrir ma protection en Sibérie et au Kamshatka ; mais, en France, j'ai besoin de la protection de bien des gens, et même de celle du roi — Voltaire (1694-1778)

  3. Action de favoriser le maintien, l'avancement de quelque chose. Ce prince prit sous sa protection les lettres. Terme d'économie politique. Système de protection, système relatif à l'admission des marchandises étrangères dans un pays, d'après lequel on impose plus ou moins les marchandises à l'entrée, pour protéger le commerce intérieur contre une concurrence qu'il ne pourrait soutenir sans cela.

    Une protection mal entendue est une véritable guerre qu'on fait aux talents — D'Alembert (1717-1783)

  4. Il se dit des personnes qui servent de protecteur, d'appui à quelqu'un. Cet homme a de puissantes protections.

  5. Emploi de protecteur à Rome. Le roi donna la protection de France à tel cardinal.

Étymologie : Prov. protectio ; espagn. proteccion ; ital. protezione ; du lat. protectionem, de protegere, protéger.

Historique : XIIIe s. Et pour ce, chier fils en notre Seigneur, nous, par gracieux assentement, vous et vo lieu rechevons en le [la] protection St-Pierre et le [la] nostre En plorant, douce dame, Par vraie entencion, Met je mon cors et m'ame En ta protection

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Action de protéger, de défendre quelqu’un, de veiller à ce qu’il ne lui arrive point de mal. La protection de Dieu. La protection du ciel. C’est une puissante protection que la sienne. Assurer la protection des opprimés, de l’innocence. Prendre quelqu’un sous sa protection, en sa protection. Avoir recours à la protection d’un homme puissant. étendre sa protection sur tous les malheureux. Je mets cet enfant sous votre protection.

  2. Il signifie aussi Action de prendre soin de la fortune, des intérêts de quelqu’un, de favoriser l’accroissement, le progrès de quelque chose. Rechercher la protection d’un homme politique influent. Sa protection ne vous manquera pas. Accordez-lui protection. C’est un homme qui mérite protection. La protection accordée par des lois à l’industrie nationale s’oppose au système du libre-échange.

  3. Il se dit aussi des Personnes qui en protègent, qui en favorisent d’autres. Cet homme a de puissantes protections. Il compte sur ses protections. Il n’a aucune protection.

  4. Il se dit encore de l’Emploi de protecteur à Rome. Le roi donna la protection de France à tel cardinal. Le pape donna la protection des jacobins à tel cardinal.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • protections — pluriel — /pʁɔtɛksjɔ̃/ ou /pʁotɛksjɔ̃/
  • protection — singulier — /pʁɔtɛksjɔ̃/ ou /pʁotɛksjɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée protection#49624.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.