prose
nom, féminin, /pʁozə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
s. f.
Discours non assujetti à une certaine mesure, à un certain nombre de pieds et de syllabes. Prose poétique, prose qui a les caractères de la poésie, sauf la mesure. Fig. Faire de la prose sans le savoir, réussir par hasard et sans dessein (locution tirée de la phrase du Bourgeois gentilhomme de Molière, qui elle-même provient de l'aventure du comte de Soissons, ci-dessous rapportée). Fig. En vers et en prose, de toute façon. Familièrement. De la prose de quelqu'un, un écrit, une lettre de lui.
Il y en a qui tiennent que ce n'est point un vice qu'un vers dans la prose, encore qu'il fasse un sens complet et qu'il finisse en cadence, pourvu qu'il ne soit pas composé de mots spécieux et magnifiques, et qui sentent la poésie ; mais je ne suis pas de leur avis — Vaugelas (1585-1650)
Ronsard, qui était un grand poëte, disait fort bien dans la connaissance qu'il avait de la différence qu'il y avait entre la poésie et la prose, qu'elles étaient mortelles ennemies — Vaugelas (1585-1650)
Terme d'Église. Hymne latine rimée que l'on chante à la messe immédiatement avant l'Évangile dans les grandes solennités, ainsi dite parce qu'on y observe seulement le nombre des syllabes, sans avoir égard à la quantité prosodique. La prose des morts. Fig. et familièrement.
La plus belle prose de l'Église, le Dies irae, qui devrait être l'objet de l'émulation de tous les grands musiciens — Marmontel (1723-1799)
Racine, en imitant ces proses, a pensé qu'elles étaient dignes de sa muse — Chateaubriand (1768-1848)
Étymologie : Provenç. espagn. et ital. prosa ; du lat. prosa et aussi prorsa, de prorsus, direct, droit : le grec nommait aussi la prose ἡ εὐθεία, la droite, parce que la prose a moins de transpositions que les vers.
Historique : XIIIe s. La grans partisons [division] de tous parleors est en deus manieres, une qui est en prose, et une autre qui est en rime ; mais li enseignement de rhetorique sont commun andui [tous les deux], sauf ce que la voie de prose est large et pleniere, si comme est ore la commune parleure des gens ; mais li sentiers de rime est plus estroiz et plus fors XIVe s. Or vus vueil dire.... Les paroles.... Car retenues les ay bien, ce me semble ; Si les diray en prose ; car il semble Auculnes fois qu'on adjoute ou assemble Trop de langage à la matiere de quoy on fait ouvrage Ung commandement de l'empe…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Langage, manière d’écrire qui n’est point assujettie à une certaine mesure, à un certain nombre de pieds et de syllabes, etc.; il se dit par opposition à Vers, à poésie. Prose française. écrire en prose. Il a traité le même sujet en vers et en prose. Mélanges de vers et de prose. épître en prose mêlée de vers. Comédie en cinq actes et en prose. Ce n’est pas de la poésie, ce n’est que de la prose rimée.
Prose poétique, Prose qui affecte le ton et le style figuré de la poésie.
Fig. et fam., Faire de la prose sans le savoir, Réussir par hasard et sans dessein.
PROSE se dit familièrement d’un Simple écrit. J’ai reçu de sa prose.
Il se dit aussi d’une Sorte d’hymnes latines, où la rime et le nombre des syllabes remplacent la quantité, et que l’on chante à la messe immédiatement avant l’évangile, dans les grandes solennités. La prose du Saint Sacrement. La prose des morts. Le Dies irae, le Stabat Mater sont des proses.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- proses — pluriel — /pʁozə/
- prose — singulier — /pʁozə/
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