propre

propre

adjectif, /pʁɔpʁə/

Définitions

  1. Qui appartient exclusivement à la personne ou à la chose dont on parle.

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  2. Qui convient particulièrement à un usage ou est apte à produire un effet.

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  3. Se dit du sens premier d'un mot, par opposition au sens figuré.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (20 sens) — Académie 1935 (23 sens)

Littré (1873)

adj.

  1. Qui appartient exclusivement à une personne, à une chose (en ce sens il se met d'ordinaire avant son substantif). Il se met aussi quelquefois après son substantif. Soyez tranquille sur le succès de votre demande, j'en fais mon affaire propre. On dit aussi : le caractère propre, la valeur propre, les qualités propres, le mérite propre, etc. d'une chose. Se rendre propre, s'approprier une chose. Amour-propre, voy. AMOUR.

    Et de quel front, seigneur, prend-il une couronne, S'il ne peut disposer de sa propre personne ? — Pierre Corneille (1606-1684)

    Sganarelle : Je veux savoir de vous si je ferai bien de me marier. - Géronimo : Qui, vous ? - Sganarelle : Oui, moi-même en propre personne — Molière (1622-1673)

  2. Nom propre, voy. NOM, n° 16.

  3. Le sens, la signification propre d'un mot, le sens naturel et primitif d'un mot, par opposition à sens figuré.

  4. Terme d'astronomie. Le mouvement propre d'un astre, le mouvement réel d'un astre, par opposition à son mouvement apparent. Terme de géographie ancienne. La Grèce propre, la partie de la Grèce, dite par les Romains Achaïe, et qui comprenait l'Attique, la Béotie, la Phocide, la Locride, l'Étolie et l'Acarnanie. La Grèce propre signifie aussi la Grèce proprement dite, par opposition à la Grande Grèce et aux autres colonies grecques situées hors de la mère patrie.

  5. Exactement semblable, même ; en ce sens, il s'emploie par énergie, et se met avant le substantif. Vous demeurez dans la propre maison où il logeait.

    Avant ce jour fini, ces mains, ces propres mains Laveront dans mon sang la honte des Romains — Pierre Corneille (1606-1684)

    Ce sont ses propres mots — Molière (1622-1673)

  6. Particulier. La poésie et la prose ont chacune une harmonie qui leur est propre. Sucs propres, sucs colorés qui appartiennent à certains végétaux seulement, et vaisseaux propres, les espaces qui les renferment. Pédoncules, pétioles propres, dernières divisions d'un pédoncule et d'un pétiole communs, formant le support immédiat de la fleur et de la feuille.

    Nous y trouvons des choses que l'esprit propre qui nous fait agir n'y a pas formées — Pascal (1623-1662)

    Autant admirateur du mérite, que s'il lui eût été moins propre et moins familier — La Bruyère (1645-1696)

  7. Convenable à quelqu'un ou à quelque chose. Les qualités propres au commandement. Cela est propre à toutes sortes de gens. Seul convenable à, réservé à. Le midi est l'exposition propre de cet arbuste. Le sable est le terrain propre de cette plante.

    Quand on songe que c'est une affaire qui dépend de M. Colbert, on tremble, en sorte que, si je trouvais un autre hasard qui nous fût propre, je le prendrais — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Aimez-moi tous deux, car votre amitié est pour moi une chose admirable ; je vous renvoie vos mêmes paroles, je les ai trouvées très propres pour ce que je pense — Mme de Sévigné (1626-1696)

  8. En parlant des personnes, qui a l'aptitude, les qualités nécessaires pour quelque chose. Qui est propre à tout n'est propre à rien, ou, simplement, propre à tout, propre à rien. S. m. Populairement. Un propre à rien, un homme qui n'a d'aptitude ni de goût pour aucune sorte de travail.

    Un homme de votre âge, de votre humeur, si propre à la société et à rendre une femme heureuse — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Je ne songe point encore au voyage de Nantes ; j'y fais exécuter des gens qui me doivent : je serais peu propre à ces sortes de choses — Mme de Sévigné (1626-1696)

  9. Qui peut servir à. Ce bois est propre à bâtir. Ce remède est propre à telle maladie. Propre à, suivi d'un verbe actif avec le sens passif. Il se dit aussi, en mauvaise part, de ce qui peut produire un effet fâcheux. La conduite de son fils est propre à lui causer un violent chagrin. Ce remède est propre à augmenter la maladie.

    C'est [Port Royal des Champs] un vallon affreux, tout propre à faire son salut — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Les Rochers sont tranquilles et tout propres à vous conserver votre chère mère pour vous revoir — Mme de Sévigné (1626-1696)

  10. Mal propre, qui n'est pas propre à, qui ne convient pas (locution tombée en désuétude à cause de la confusion de sens, mal propre signifiant sale aussi).

    Et nous parlons peut-être avec trop d'imprudence Dans un lieu si mal propre à notre confidence — Pierre Corneille (1606-1684)

    Monsieur, je suis mal propre à décider la chose — Molière (1622-1673)

  11. Le mot propre, l'expression propre, le mot, l'expression qui seule convient et rend précisément la pensée. Cette langue n'a point de mot propre, de terme propre, pour désigner telle chose, elle n'a point de mot, de terme qui soit particulièrement destiné à désigner telle chose.

    L'on doit avoir une diction pure, et user de termes qui soient propres, il est vrai ; mais il faut que ces termes si propres expriment des pensées nobles, vives, solides — La Bruyère (1645-1696)

    Le grand malheur de tant d'auteurs est de n'employer presque jamais le mot propre ; ils sont contents pourvu qu'ils riment ; mais les connaisseurs ne sont pas contents — Voltaire (1694-1778)

  12. Bien soigné, bienséant, bien arrangé (par une extension facile à concevoir du sens de convenable). Populairement. Il est propre, il est dans de mauvaises affaires. Il se dit aussi des choses. Ses habits sont toujours fort propres. On dit de même : Son écriture est propre et bien rangée. Par dénigrement. C'est quelque chose de propre que vous m'offrez là. Substantivement et dans le même sens de dénigrement, le peuple dit : C'est du propre ! En voilà du propre !

    Comment, monsieur Jourdain, vous voilà le plus propre du monde ! — Molière (1622-1673)

    Je fis mon lundi gras avec la princesse : un petit dîner aussi bon, aussi délicat, aussi propre qu'il est possible — Mme de Sévigné (1626-1696)

  13. Net, par une extension facile du sens de bien rangé, de soigné ; il est opposé à sale. Cet escalier n'est pas propre. Propre sur soi, dont la personne est très nette ainsi que le vêtement.

    Quoique très pauvre, il [Socrate] se piquait d'être propre sur soi et dans sa maison — Rollin (1661-1741)

  14. S. m. Qualité distinctive. Ce qui appartient particulièrement à.... Le propre des jeunes gens est d'être légers.

    Le propre des os est de tenir le corps en état, et de lui servir d'appui — Bossuet (1627-1704)

    Le propre de ce spectacle [l'opéra] est de tenir les esprits, les yeux et les oreilles dans un égal enchantement — La Bruyère (1645-1696)

  15. Le propre, le sens primitif, naturel d'un mot. Prendre un mot au propre. Le propre et le figuré.

    Il parle ordinairement au propre et seulement pour être entendu — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  16. Terme de jurisprudence. Immeuble qui appartient à une personne par succession. Ce bien était un propre. Fig. Propre ancien, bien immeuble qui vient de l'aïeul ou au-dessus. Propre naissant, bien immeuble qui faisait partie des acquêts de celui dont on hérite. Il se dit aussi des biens du mari ou de la femme qui n'entrent pas en communauté. Propres par stipulation, se dit, par exemple, d'une dot qui consiste en argent, ce qui se nomme aussi propre fictif.

    Clagny, bâti par Mme de Montespan en son propre, passa à M. le duc du Maine — Saint-Simon (1675-1755)

    Ainsi s'établit, malgré la disposition du droit romain et de la loi salique, cette règle du droit français : propres ne remontent point — Montesquieu (1689-1755)

  17. Dans le langage général, ce qui appartient à quelqu'un. Fig. Fig. De son propre, de son propre fond, de sa propre intelligence, connaissance, etc.

    Qu'ils ont comme leur propre en leur grange entassé ! — Mathurin Régnier (1573-1613)

    Ils ne possèdent point de biens en propre — Bossuet (1627-1704)

  18. Terme de liturgie catholique. Le propre du temps et le propre des saints forment la division des fêtes de l'année liturgique de l'Église romaine. Le propre du temps est l'ensemble des offices qui se font conformément à l'esprit du temps où l'on se trouve. Le propre du temps se divise en cinq grandes époques appelées : le temps de l'Avent, le temps de Noël et de l'Épiphanie, le temps de la Septuagésime et du Carême, le temps pascal et les dimanches après la Pentecôte. Le propre des saints est l'ensemble des offices qui se font conformément à l'esprit des fêtes que l'Église a instituées en l'honneur des mystères de la sainte Vierge et des saints ; on le divise en trois classes de fêtes : les fêtes de la sainte Vierge ; les fêtes des anges ; les fêtes des saints. Propre de certaines églises, ce qui ne se dit qu'en certains lieux.

  19. Dans la scolastique, le propre ou la propriété était un des cinq universaux.

  20. Propres s'est dit au pluriel, au sens de proches, de parents.

    M. Vautier qui n'a jamais fait de bien à personne, pas même à ses propres — Gui Patin (1601-1672)

Étymologie : Bourg. prôpe ; provenç. propri ; espagn. propio ; ital. proprio ; du lat. proprius, qui se rattache à prope : ce qui approche, ce qui touche. Propre a passé de son sens primitif à celui de con venable, puis, devenant tout à fait spécial. À celui de net ; cette dernière acception ne paraît pas ancienne ; on en trouvera un exemple du XVIe siècle à l'historique de proprement.

Historique : XIe s. Li burgeis qui ad en soun propre chatel [un bien, un avoir] demi marc vailant XIIIe s. Et sor tout ce doit li parleres [l'orateur] user moz propres biaus et acostumez Trestuit pareil [égaux] estre soloient, Ne riens propre avoir ne voloient C'est la coutume au roi de France que, s'il va en ost sour aucun baron, çou qu'il conquest par force li demeure propre à tous jors XIVe s. Il dit en aucuns textes que le jeune de aage ou de meurs n'est pas propre auditeur de polithiques XVe s. Malgré le proprel roi et tous ses aidans Les fruits et feuilles et fleurs furent si proprement faitz, qu'ils…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

adj. des deux genres

  1. Qui appartient exclusivement à une personne ou à une chose. C’est son propre fils. Il y a mis son propre bien. Ses propres amis étaient contre lui. Il n’entend pas ses propres affaires, ses propres intérêts. Je l’ai vu de mes propres yeux. Je l’ai entendu de mes propres oreilles. Je le sais par ma propre expérience. écrire de sa propre main. Remettre quelque chose à quelqu’un en mains propres. Il a fait cela de son propre mouvement. On ne peut être juge dans sa propre cause. La poésie a son charme propre. La prose a une cadence qui lui est propre. J’en fais mon affaire propre. Dans cette dernière phrase, il est employé par une sorte de redondance pour donner plus d’énergie à la phrase.

  2. En termes de Grammaire, Nom propre, Nom qui ne convient qu’à une seule personne ou à une seule chose; il est opposé à Nom commun. Les noms de famille, de pays, de fleuves, de montagnes, etc., comme Buffon, Paris, la Seine, les Alpes, etc., sont des noms propres.

  3. Le sens, la signification propre d’un mot, Le sens réel d’un mot, à la différence du Sens figuré, Celui qu’un mot ne reçoit que par métaphore. Dans le sens propre, ce mot signifie telle chose et dans le sens figuré telle autre. On dit aussi absolument et substantivement : Le propre. Le propre et le figuré. Prendre un mot au propre.

  4. Le mot, l’expression, le terme propre, Le mot, l’expression, le terme qui seul rend exactement l’idée. Il s’est servi du mot propre. Trouver l’expression propre, le mot propre.

  5. Cette langue n’a pas de mot propre, de terme propre pour désigner telle chose, Elle n’a pas de mot qui soit particulièrement destiné à désigner telle chose.

  6. En termes d’Astronomie, Le mouvement propre d’un astre, Le mouvement réel d’un astre, par opposition au Mouvement apparent.

  7. Amour-propre. Voyez ce mot à son rang alphabétique.

  8. PROPRE signifie encore Même, exactement semblable. Il a dit cela en ces propres termes. C’est, en propres termes, ce qu’il a répondu. Je vous rapporte ses propres paroles.

  9. PROPRE se dit des Personnes et signifie Qui a l’aptitude, les qualités, les talents nécessaires pour réussir en quelque chose. Propre à la guerre. Substantivement et familièrement, Un propre à rien.

  10. Prov., Quand on est propre à tout, on n’est propre à rien ou, simplement, Propre à tout, propre à rien.

  11. PROPRE se dit aussi des Choses et signifie Qui est convenable à quelqu’un ou à quelque chose. Rien n’est plus propre à les réunir que votre présence. Il n’a aucune des qualités propres au commandement.

  12. Il signifie spécialement Qui peut servir, qui est d’usage à certaines choses. Ce bois est propre à la construction. Cette herbe est propre aux usages médicinaux. Le calme de la campagne est propre à calmer les nerveux.

  13. Il s’emploie encore en parlant de Ce qui peut produire un effet fâcheux, nuisible. Ce remède n’est propre qu’à le rendre encore plus malade.

  14. Il signifie quelquefois non seulement Convenable, mais encore Seul convenable. Le sable est le terrain propre de cette plante.

  15. PROPRE signifie aussi Qui est bien nettoyé, bien lavé, bien tenu. Cet enfant est très propre, n’est pas propre. Avoir les mains propres. Mettre une chemise propre. être propre sur soi. Cette chambre, cet escalier n’est pas propre. Fig., Cette affaire n’est pas propre.

  16. PROPRE s’emploie encore comme nom masculin et se dit de la Qualité particulière qui désigne un sujet et qui le distingue de tous les autres. C’est le propre de notre espèce de penser et de parler. Rire est le propre de l’homme.

  17. Il se dit aussi de Ce qui convient particulièrement à chaque profession, à chaque caractère, à chaque âge, etc. Le propre de l’esprit scientifique est la curiosité et l’amour du vrai. C’est le propre des jeunes gens d’être entiers dans leurs jugements.

  18. Il se dit encore de Ce qui appartient en particulier à quelqu’un. Posséder un bien en propre. Les religieux n’ont rien en propre.

  19. Il se dit, en termes de Jurisprudence, des Biens qu’une personne tient de ses parents. Les propres paternels et maternels. Les propres du côté du père, du côté de la mère.

  20. Propres anciens, Les biens immeubles qui étaient déjà des propres dans la main de celui à qui on succède. Propre naissant, Bien qui faisait partie des acquêts de celui dont on hérite.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • propres — pluriel — /pʁɔpʁə/
  • propre — singulier — /pʁɔpʁə/

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propre

nom, masculin, /pʁɔpʁə/

Grammaire et formes (2)
  • propres — pluriel — /pʁɔpʁə/
  • propre — singulier — /pʁɔpʁə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée propre#49521.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.