proposition

proposition

nom, féminin, /pʁɔpɔzisjɔ̃/ ou /pʁopozisjɔ̃/

Définitions

  1. Action de proposer quelque chose à l'examen ou à la décision d'autrui.

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  2. Chose proposée, offre faite en vue d'un accord.

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  3. Énoncé qui affirme ou nie quelque chose, en logique ou en grammaire.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (11 sens) — Académie 1935 (7 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Action de proposer, de soumettre à un examen, à une délibération. Proposition de loi. La proposition a été prise en considération.

    En cet état-là [de lâches conseillers], on n'est pas seulement capable de la proposition du bien difficile — Guez de Balzac (1597-1654)

    La moins forte proposition de M. d'Elbeuf fut de mettre tout le parlement en corps à la Bastille — Cardinal de Retz (1613-1679)

  2. Chose proposée en vue d'arriver à une conclusion, à un arrangement, à une entente.

    La cruelle proposition qu'elle va faire à ses fils — Pierre Corneille (1606-1684)

    Si vous voulez faire vos propositions plus modestement, on les écoutera — Pascal (1623-1662)

  3. Offre. Absolument. Faire des propositions, proposer à un homme quelque affaire secrète ou peu honorable, à une femme de céder aux désirs d'un homme.

    Il [le plénipotentiaire] laisse voir en lui quelque peu de sensibilité pour sa fortune ; il s'attire par là des propositions qui lui découvrent les vues des autres les plus secrètes — La Bruyère (1645-1696)

    Je me souviendrai toute ma vie [c'est une femme qui parle] que, quand mes plaies furent bien fermées, il me fit des propositions — Voltaire (1694-1778)

  4. Discours qui affirme ou nie.

    Les principes se sentent, les propositions se concluent ; et le tout avec certitude, quoique par différentes voies — Pascal (1623-1662)

    Il ne faudrait pas d'autre raison pour justifier ma première proposition — Massillon (1663-1742)

  5. Terme de théologie. Proposition mal sonnante, proposition qui paraît contraire à la bonne doctrine. Les cinq propositions, nom par lequel on désigne des passages que l'on prétendit trouver dans le livre de Jansénius intitulé Augustinus, et dans lesquels le pape reconnut certaines hérésies. Les quatre propositions, les propositions établies du temps de Louis XIV par l'assemblée du clergé de France, et qui avaient pour objet la suprématie des conciles oecuméniques.

    Le fond des cinq propositions condamnées est évidemment dans Jansénius ; il n'y a qu'à ouvrir le troisième tome, à la page 138, édition de Paris — Voltaire (1694-1778)

    Le cardinal de Fleury.... empêcha bénignement pendant tout son ministère qu'on ne soutînt les quatre fameuses propositions sur lesquelles est fondée la liberté française dans les choses ecclésiastiques — Voltaire (1694-1778)

  6. Terme de grammaire et de logique. L'expression d'un jugement. Une proposition se compose essentiellement d'un sujet, d'un verbe et d'un attribut. Proposition principale, incidente, subordonnée. Le sujet de la proposition, le sujet (personne ou chose) dont je veux parler. Attribut de la proposition, ce que je pense du sujet de la proposition. Proposition simple, se dit de celle qui ne renferme point d'autre proposition, et dans laquelle le sujet et l'attribut sont simples et exprimés par un seul mot. Proposition composée, celle dans laquelle le sujet ou l'attribut sont composés et qui, par conséquent, renferme autant de propositions qu'il y a de manières diverses de combiner les sujets et les attributs. Terme de logique. Proposition universelle, celle où le sujet est précédé du mot tout. Tout homme est mortel. Proposition particulière, celle où le sujet est précédé de quelques ou plusieurs. Quelques hommes sont savants. Proposition singulière ou individuelle, celle dont le sujet indique un seul individu. Pierre est malade. Cet homme est tombé. Proposition analytique, se dit, dans la logique de Kant, de celle dont la certitude repose sur l'identité des concepts, par opposition à la proposition synthétique, qui augmente réellement la masse des connaissances.

    Le jugement que nous faisons des choses, comme quand je dis : la terre est ronde, s'appelle proposition — Charles Pinot Duclos (1704-1772)

    Deux propositions ne se lient que par les rapports qu'elles ont l'une à l'autre, et le propre des conjonctions est de prononcer ces rapports — CONDIL.

  7. Terme de rhétorique. Se dit de la partie d'un discours où l'on propose ce que l'on veut prouver ou établir.

  8. Terme de géométrie. Vérité qu'on prouve par démonstration. Il y a deux sortes de propositions, les théorèmes et les problèmes.

    Le fameux M. Pascal, à l'âge de douze ans, sans avoir jamais lu aucun livre de géométrie.... arriva, par la seule force de son génie, jusqu'à la 32e proposition du 1er livre d'Euclide — Rollin (1661-1741)

  9. Terme de musique. Première phrase d'une fugue, contenant le sujet et tous les contresujets.

  10. Chez les protestants, explication que fait d'un texte de l'Écriture un jeune homme qui aspire à la fonction de ministre.

  11. Dans la Bible, pains de proposition, les douze pains qu'on mettait chaque semaine sur la table dans le sanctuaire.

Étymologie : Prov. propozicio ; espagn. proposicion ; ital. proposizione ; du lat. propositionem, de pro, en avant, et positio, position.

Historique : XIIe s. E un altel fist el temple de fin or e dis tables d'or, pur [pour] metre sure les pains que l'um apelad les pains de propositiun XIIIe s. Proposition universel, qui conclut saine conclusion XIVe s. Et pour ce, ceste proposition est vraie : Mulier est homo La quelle proposicion comme le senat eust regetée et tournée à nient XVIe s. L'accomplissement de nos œuvres ne gist pas tant en l'humaine propcsition qu'en la divine disposition Se rejectant à sa premiere proposition [résolution] J'honore bien ce glorieux nom [médecine], sa proposition [son but], sa promesse

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Action de proposer, de soumettre à un examen, à une délibération. Il fit la proposition d’attaquer l’ennemi sur-le-champ. Une proposition de loi.

  2. Il désigne aussi la Chose elle-même qui a été proposée. La proposition de ce député a été prise en considération. Il a retiré sa proposition.

  3. Absolument et familièrement, Faire des propositions à une personne, Lui faire des propositions déshonnêtes.

  4. Il se dit particulièrement d’une Chose proposée pour arriver à la conclusion d’une affaire, à un arrangement. Proposition raisonnable, satisfaisante. Proposition absurde, ridicule. Faire des propositions à quelqu’un. Propositions de paix, d’accommodement, de conciliation. Proposition de mariage. Accepter une proposition. Rejeter une proposition. écouter, accueillir une proposition. La proposition fut reçue comme elle le méritait.

  5. Il désigne aussi l’Expression d’une idée, l’affirmation ou la négation de quelque chose. Proposition universelle, générale, particulière. Proposition hasardée. Proposition insoutenable. Soutenir une proposition. Condamner une proposition. Censurer une proposition. Proposition en matière de foi.

  6. En termes de Grammaire, il désigne un Membre de phrase composé essentiellement d’un sujet et d’un verbe et accessoirement d’un complément ou d’un attribut. Dans la plupart des phrases, il y a une proposition principale, à laquelle se rattachent diverses propositions accessoires, subordonnées, incidentes.

  7. En termes de Mathématiques, il se dit de l’énoncé d’une vérité à démontrer ou d’une question à résoudre. Démontrer une proposition.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • propositions — pluriel — /pʁɔpɔzisjɔ̃/ ou /pʁopozisjɔ̃/
  • proposition — singulier — /pʁɔpɔzisjɔ̃/ ou /pʁopozisjɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée proposition#49519.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.