prononciation
nom, féminin, /pʁɔnɔ̃sjasjɔ̃/ ou /pʁonɔ̃sjasjɔ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. f.
Action de prononcer un jugement, un discours. La prononciation du jugement.
Ils [mes ennemis] partirent pour la cour le lendemain de la prononciation de ma harangue — La Bruyère (1645-1696)
Ceux qui, avant de m'entendre, avaient rendu périlleuse la prononciation même de mon discours.... — Mirabeau (1749-1791)
Manière de prononcer, de faire entendre les lettres, les syllabes, les mots.
L'écriture ne représente pas toujours parfaitement la prononciation ; car, comme la peinture, qui représente les corps, ne peut pas peindre les mouvements des corps, de même l'écriture, qui peint à sa manière le corps de la parole, ne saurait peindre entièrement la prononciation, qui est le mouvement de la parole
La déclamation demande dans la prose presque les mêmes prononciations que dans les vers
La manière de prononcer, par rapport à l'accentuation, à la prosodie. La prononciation des Normands, des gens du Midi. Une prononciation vicieuse. La bonne prononciation.
Claude Boyer et Michel le Clerc [membres de l'Académie] sont deux Albigeois qui, étant venus ici apprendre la langue, dont ils ne savent pas encore la prononciation, veulent l'enseigner aux autres — Furetière (1619-1688)
Manière de dire, de débiter.
Si l'écriture est le corps visible du langage, la prononciation en est l'âme, — CH. NODIER
Dans la rhétorique ancienne, la cinquième et dernière partie de cette science qui comprenait l'invention, la disposition, l'élocution, la mémoire et la prononciation. Ces deux dernières parties ne regardaient que l'orateur parlant et pouvaient se réunir sous le nom d'action.
Étymologie : Provenç. pronunciatio ; espagn. pronunciacion ; ital. pronunziazione : du lat. pronunciationem, de pronunciare, prononcer.
Historique : XVIe s. Et si y avoit oultre cela grand plaisir au son de sa voix seulement et à sa prononciation Puisque les letres ne sont qu'images de voix, l'escriture devra estre d'autant de lettres que la prononciation requiert de voix ; si elle se trouve autre, elle est faulse, abusive et damnable Je monstreray comme nostre langage, pour rendre sa prononciation plus douce, a trouvé moyen d'eviter la rencontre des voyelles en vocables contigus
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Articulation, action de proférer, d’exprimer des lettres, des syllabes, des mots. La prononciation des lettres. Prononciation nette, distincte. Vice, défaut de prononciation. Il a la prononciation embarrassée. La prononciation de cette lettre est difficile.
Il désigne aussi la Manière de prononcer, par rapport à l’orthographe, à l’accentuation. Prononciation vicieuse. Prononciation locale. La prononciation du français diffère d’une province à l’autre. La prononciation des gens du Midi est fortement accentuée.
Il désigne encore la Manière de réciter, de débiter. Il a une belle prononciation. La prononciation est une des principales parties de l’art oratoire.
Il désigne aussi l’Action de prononcer un jugement. Après la prononciation de la sentence, du jugement, etc.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- prononciations — pluriel — /pʁɔnɔ̃sjasjɔ̃/ ou /pʁonɔ̃sjasjɔ̃/
- prononciation — singulier — /pʁɔnɔ̃sjasjɔ̃/ ou /pʁonɔ̃sjasjɔ̃/
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