proie
nom, féminin, /pʁwa/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (7 sens)
Littré (1873)
s. f.
Ce que les animaux carnassiers ravissent pour leur nourriture. Oiseau de proie, oiseau qui donne la chasse au gibier et qui s'en nourrit. Fig. Un oiseau de proie, un homme qui vit, qui s'enrichit de rapines et de fraudes. Terme de fauconnerie. Être âpre à la proie, se dit en parlant d'un oiseau qui se sert courageusement de son bec et de ses ongles. Fig.
L'âne sauvage est la proie du lion dans le désert ; ainsi les pauvres sont la proie des riches — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
Nous sommes quatre à partager la proie — La Fontaine (1621-1695)
Butin fait à la guerre. Par extension, tout ce qu'on prend par la guerre. En proie à, devenu la conquête. Fig. En proie à, exposé à, tourmenté par. Absolument. En proie, exposé, livré comme une proie.
Lorsqu'aux pieds des murs fumants de Troie Les vainqueurs tout sanglants partagèrent leur proie — Jean Racine (1639-1699)
Tu céderas, ou tu tomberas sous ce vainqueur, Alger, riche des dépouilles de la chrétienté ; tu disais en ton cœur avare : Je tiens la mer sous mes lois, et les nations sont ma proie — Bossuet (1627-1704)
Toute chose dont on s'empare avec violence, avec une sorte de rapacité. Sa fortune devint la proie d'avides héritiers.
Le chien mit bas la proie Pour la défendre mieux, n'en étant plus chargé — La Fontaine (1621-1695)
À ce nouveau venu la voilà [une femme] donc en proie — La Fontaine (1621-1695)
Fig. Il se dit des personnes dont on s'empare.
Je pourrai bien tantôt lui souffler cette proie — Molière (1622-1673)
Quelle joie D'enlever à l'Epire une si belle proie [Hermione] ! — Jean Racine (1639-1699)
Celui qui est persécuté par un autre, qui en devient la victime. Être la proie de, être exposé à.
Je ne sais si ce tigre a reconnu sa proie — Jean Racine (1639-1699)
La fin de tant d'ennuis dont nous fûmes la proie — Malherbe (1555-1628)
Il se dit des choses qui ravagent, détruisent. Cette maison a été la proie des flammes. Le pays était en proie à la disette.
Il s'est dit pour bétail.
Défenses sont faites à toutes personnes habitant la censive de Testmilon, de faire aucunes proies ou troupeaux à part, ni de les mener pâturer à garde séparée, même le long des chemins,
Étymologie : Provenç. et ital. preda ; du latin præda que les étymologistes regardent comme étant pour præ-hida (comparez præbeo pour prœhibeo), représentant la forme non nasalisée de prehendere, prendre ; pour l'absence de nasalisation comparez ἔχαδον aor. 2 de χανδάνω, hendere.
Historique : XIIIe s. En son païs porte li cuens [le comte] sa proie [la dame enlevée] Or sont à sejor [en repos] Dame et seignor, Et larron vont en proie Chascuns devient oisel de proie ; Nus [nul] ne vit més se il ne proie [praedatur] XVe s. La garnison trop se defendroit ; mais j'ai vu, dit l'espie, issir la proie [le bétail] hors de la ville, et y a bien sept ou huit cents grosses bestes, et sont par dessous la ville ès prés XVIe s. Ils ont appelé les armes estrangeres ; qui est à dire en bon langage mettre en proye ce royaume Aujourd'hui ce royaume de France est en proye Ils ne font pas moins de ravag…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Ce que les animaux carnassiers ravissent pour le manger. Le lion se jeta sur sa proie. Le loup emporta sa proie dans le bois. Deux animaux qui se disputent une proie. La plupart des animaux sont la proie les uns des autres. Se jeter sur une proie. S’acharner sur sa proie. Lâcher sa proie.
Oiseau de proie, Oiseau qui donne la chasse aux autres animaux et qui s’en nourrit.
Fig., Lâcher la proie pour l’ombre. Voyez
OMBRE.
PROIE se dit aussi d’un Butin fait à la guerre, et en général de Toute chose dont on s’empare avec violence, avec une sorte de rapacité. Toutes ces richesses furent la proie du vainqueur. Sa fortune devint la proie d’avides héritiers. Se disputer, se partager la proie.
Il se dit aussi figurément des Personnes qui ont beaucoup à souffrir des passions des autres ou de leurs propres passions. être en proie à l’avidité, à la cupidité des usuriers. Il est en proie à la rapacité de son entourage. Cet honnête homme a été la proie des aigrefins. Des intrigants ont fait leur proie de cet enfant. Il est en proie à la calomnie, à la médisance. Dénué de tous ses appuis, il demeura, il resta en proie à la vengeance. Il est en proie à ses passions, à sa douleur, à la tristesse. Se livrer en proie à ses passions, à sa douleur. être la proie de ses passions.
Il se dit aussi des Choses qui sont soumises au ravage ou à la destruction. Plus de vingt maisons ont été la proie des flammes. Ce pays est en proie à toutes les calamités, aux plus horribles fléaux. La ville était en proie aux horreurs de la famine.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- proies — pluriel — /pʁwa/
- proie — singulier — /pʁwa/
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