progrès
nom, masculin, /pʁɔɡʁɛ/ ou /pʁoɡʁɛ/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. m.
Mouvement en avant. Le progrès du soleil dans l'écliptique. Les progrès d'un incendie.
Le Rhin, tranquille et fier du progrès de ses eaux — Boileau (1636-1711)
Il se dit de ce qui avance dans le temps, de ce qui se développe.
Tout ce qui se perfectionne par progrès périt aussi par progrès — Pascal (1623-1662)
Il [l'homme], est dans l'ignorance au premier âge de sa vie ; mais il s'instruit sans cesse dans son progrès — Pascal (1623-1662)
Terme de philosophie. Progrès à l'infini, opinion de ceux qui considèrent les causes comme formant une série indéfinie, sans arriver à une cause dernière et suprême.
Et il est très manifeste qu'en cela [la cause qui a produit l'homme être pensant] il ne peut y avoir de progrès à l'infini, vu qu'il ne s'agit pas tant ici de la cause qui m'a produit autrefois comme de celle qui me conserve présentement — Descartes (1596-1650)
Supposer un progrès de causes à l'infini, c'est n'en point supposer du tout — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Suite de succès militaires et autres.
Sans faire passer les choses pour autres qu'elles ne sont, les seuls progrès que nous avons faits cette année, nous sont venus par votre moyen — Voiture (1597-1648)
Il ne faut point douter que des commencements si merveilleux ne soient soutenus par des progrès encore plus étonnants — Pierre Corneille (1606-1684)
Toute sorte d'augmentation, d'avancement en bien. Il fait des progrès dans ses études.
Ce parfait et divin amour Les avançait de jour en jour en ces progrès d'esprit où la vertu s'excite — Pierre Corneille (1606-1684)
Le grand progrès spirituel N'est pas un goût continuel Des sensibles attraits dont elle [la grâce] te console — Pierre Corneille (1606-1684)
Il se dit en mauvaise part, de ce qui s'aggrave, de ce qui empire. Les progrès continuels de la maladie.
Un si grand mal faisait des progrès étranges — Bossuet (1627-1704)
Il [Dieu] détermine dans sa sagesse profonde les limites qu'il veut donner aux malheureux progrès de l'erreur et aux souffrances de son Église — Bossuet (1627-1704)
Absolument. Se dit du mouvement progressif de la civilisation, des institutions politiques. Nier le progrès. Être partisan du progrès.
Avancement dans la faveur, dans l'affection. Les progrès d'un favori dans les bonnes grâces du prince.
Vous avez dans son cœur fait de si grands progrès.... — Pierre Corneille (1606-1684)
Est-ce donc là, madame, Tout le progrès qu'Achille avait fait dans votre âme ? — Jean Racine (1639-1699)
Terme de musique. Progrès de la fugue, la suite de la fugue, à partir du point où toutes les parties ont fait chacune leur entrée, et où tous les fils du discours musical sont liés ensemble.
Étymologie : Lat. progressus, marche, de progredi, marcher en avant, de pro, en avant, et gradi, marcher (voy. GRADE).
Historique : XVIe s. Quoyque je ne me contente gueres du progrez que j'y ay faict [dans l'étude de moi-même] Nous appellons sauvages les fruicts que nature de soy et de son progrez ordinaire a produicts Et ainsi des autres, comme nous dirons au progrès [par la suite] de ce traité
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Avancement, mouvement en avant. Le progrès du soleil dans l’écliptique. Le progrès journalier du soleil. Arrêter le progrès, les progrès du feu, de l’incendie. L’inondation fait à chaque instant de nouveaux progrès.
Il se dit, particulièrement, d’une Suite d’avantages remportés à la guerre. Arrêter les progrès des ennemis.
PROGRÈS se dit figurément de Toute sorte d’avancement, d’augmentation en bien ou en mal. Empêcher les progrès d’une maladie. Il a fait de grands progrès dans ses études. Faire du progrès, des progrès dans les bonnes grâces de quelqu’un, dans la vertu, dans la piété. Il fit de grands progrès auprès du prince. La religion catholique fit de grands progrès dans ces contrées. Les sciences ont fait de grands progrès dans ce siècle. Cette circonstance a suspendu, ralenti, arrêté le progrès de la civilisation, le progrès des lumières. Je remarque un grand progrès dans l’intelligence, dans l’instruction de cet enfant. Je m’intéresse aux progrès de cet écolier.
Il se dit absolument du Mouvement en avant de la civilisation. L’idée de progrès chère au dix-huitième siècle. Nier le progrès. Ce philosophe admet une loi du progrès.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (1)
- progrès — forme de base — /pʁɔɡʁɛ/ ou /pʁoɡʁɛ/
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