profession

profession

nom, féminin, /pʁɔfesjɔ̃/ ou /pʁofɛsjɔ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (9 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Déclaration publique d'un sentiment habituel, d'une manière d'être habituelle. Faire profession d'une religion, l'exercer ouvertement. On dit de même : faire profession d'une doctrine. Familièrement. Faire profession d'une chose, s'en piquer particulièrement. Profession de foi, formule qui contient les principes de religion auxquels on est attaché. Profession de foi du vicaire savoyard, profession de déisme que fait Rousseau dans son Emile, et qu'il met dans la bouche d'un vicaire savoyard. Par extension, profession de foi, écrit qui renferme les opinions politiques et sociales d'un candidat à la députation ou de tout autre. Profession de foi, ou, simplement, profession monarchique, républicaine, etc.

    Ils reconnurent le Dieu véritable qu'ils faisaient profession de ne pas connaître — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

    Eux qui faisaient profession d'une sagesse si austère — Molière (1622-1673)

  2. État, emploi, condition. La profession d'avocat, de médecin. De profession, par la profession qu'on exerce. Tailleur de profession. Érudit de profession. Fig. De profession, qui a l'habitude invétérée de.

    Un père et un frère qui ont fait profession des mathématiques — Descartes (1596-1650)

    Le voilà reçu dans la profession qu'il doit faire — Mme de Sévigné (1626-1696)

  3. Acte qui consiste à faire solennellement les trois vœux de religion, qui sont pauvreté, obéissance et chasteté ; il suit le noviciat, et alors on est profès.

    Marie-Angélique Arnauld, par un usage qui n'était que trop commun en ces temps-là, en fut faite abbesse, n'ayant pas encore onze ans accomplis ; elle n'en avait que huit lorsqu'elle prit l'habit, et elle fit profession à neuf ans — Jean Racine (1639-1699)

  4. Anciennement. Action de professer, professorat.

    M. Grevius a reçu ses patentes d'historiographe du roi d'Angleterre, et, ayant demandé une diminution de travail académique.... on lui a donné un adjoint dans la profession des belles-lettres, qui fera la moitié des leçons de M. Grevius — Pierre Bayle (1647-1706)

Étymologie : Prov. professio ; espag. profession ; ital. professione ; du lat. professionem, qui vient de professus, qui a exposé, déclaré (voy. PROFÈS).

Historique : XIIe s. Sovenir vos devreit de la professiun Qu'offristes sur l'autel à vostre enunctiun XIIIe s. Une dame prist robe de religion, ne n'i entra pas, ne ne fist profession, et puis geta l'abist et se maria XVIe s. Il renonce en ses œuvres le Seigneur, lequel il confesse de bouche, et par ainsi n'est chrestien que de titre et profession Un homme de ma profession [condition] Cesar parle des offices de sa pr ofession, de la vaillance et conduicte de sa milice La religion de quoy vous faictes profession

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Déclaration publique d’un sentiment habituel. Je fais profession d’être votre obligé, j’en fais une profession publique, une profession solennelle. Les sentiments dont il fait profession. Il fait profession de principes fort sévères, fort relâchés. Il fait profession publique d’athéisme. Il fait hautement profession de vous être attaché.

  2. Faire profession d’une chose, Y mettre de la prétention, s’en piquer particulièrement. Il fait profession d’être sincère, de tenir sa parole. Il fait profession de haine et de mépris pour le genre humain. Il fait profession de bel esprit.

  3. Faire profession d’une religion, L’exercer, la pratiquer ouvertement. On dit aussi Faire profession d’une doctrine.

  4. Profession de foi, Formule qui contient les principes de religion auxquels on déclare publiquement adhérer. Par extension, il se dit d’un écrit où un candidat à la députation ou à quelque siège électif expose ses opinions politiques et sociales. Il signifie encore, d’une façon générale, Déclaration de principes philosophiques, sociaux, littéraires, artistiques.

  5. PROFESSION désigne encore, en termes ecclésiastiques, l’Acte par lequel un religieux ou une religieuse fait les voeux de religion, après que le temps de son noviciat est expiré. Assister à la profession d’un religieux, d’une religieuse. Il a fait profession dans tel ordre. Un religieux, une religieuse ne peuvent faire profession qu’à un certain âge. Depuis sa profession. Il a trente années de profession.

  6. PROFESSION se dit aussi des Différents états et emplois de la vie civile ou militaire. De quelle profession est-il? Quelle est sa profession? Embrasser une profession. Choisir une profession. Vivre selon sa profession. La profession d’avocat, de médecin. La profession des armes. Exercer une profession. Il a une profession fort honorable. Il est habile dans sa profession. Il s’y trouva des gens de toutes sortes de professions. Il est ingénieur de profession.

  7. Un savant de profession, un érudit de profession, Un homme qui se consacre à l’étude des sciences, à l’érudition.

  8. Un dévot de profession, Un homme qui affecte de passer pour dévot. Un athée de profession, Un homme qui affiche l’athéisme.

  9. Un joueur, un ivrogne, un libertin de profession, Un homme qui est dans l’habitude de se livrer au jeu, à l’ivrognerie, au libertinage.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • professions — pluriel — /pʁɔfesjɔ̃/ ou /pʁofɛsjɔ̃/
  • profession — singulier — /pʁɔfesjɔ̃/ ou /pʁofɛsjɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée profession#49310.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.