profane
adjectif, /pʁofanə/ ou /pʁɔfanə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (7 sens)
Littré (1873)
adj.
Qui n'appartient pas à la religion. Les auteurs profanes. Les histoires profanes. Poétiquement et dans le sens ancien, qui n'est pas sanctifié. Substantivement. Le profane, les choses profanes. Mêler le sacré au profane.
J'entendis un homme chanter un de nos airs profanes — Mme de Sévigné (1626-1696)
Mais, dans une profane et riante peinture, De n'oser de la fable employer la figure.... — Boileau (1636-1711)
Qui est contre le respect qu'on doit aux choses sacrées. Une conduite, une vie profane.
Aux feux inanimés dont se parent les cieux Il rend de profanes hommages — Jean Racine (1639-1699)
Toute disposition qui nous conduit au péril est profane et criminelle — Massillon (1663-1742)
Substantivement. Celui qui n'appartient pas à l'ordre religieux. Chez les anciens, celui qui n'était pas initié à des mystères. Éloignez les profanes ! Fig. Celui qui n'est pas initié aux mystères de quelque science, des lettres, des arts. Il ne comprend rien en peinture, c'est un profane. Familièrement. Personne qu'on ne veut point admettre dans une société.
C'est des ministres saints la demeure sacrée ; Les lois à tout profane en défendent l'entrée — Jean Racine (1639-1699)
À mesure que j'entrais dans les pays de ces profanes [les chrétiens aux yeux d'un musulman], il me semblait que je devenais profane moi-même — Montesquieu (1689-1755)
Celui qui manque de respect pour les choses de la religion.
Quelques-uns vous diront au besoin Quels dieux du haut en bas renversent les profanes — Pierre Corneille (1606-1684)
Si vous entrez partout, ainsi font les profanes — La Fontaine (1621-1695)
Étymologie : Lat. profanus, de pro, en avant, et fanum, temple (voy. FANATIQUE) : quod pro fano est, ce qui est devant le temple, en dehors, livré au public, et de là profane.
Historique : XIVe s. La maison ainsi baillée par ledit religieux à nostre receveur sera et demourra prophane [séculière], et non admortie XVIe s. Je dedaigne et laisse icy tout ce qu'en peut dire le commun, comme prophane, et trop indigne pour estre ouy en telle chose
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj. des deux genres
Il se dit des Choses qui n’appartiennent pas à la religion, par opposition à Celles qui la concernent. Les auteurs profanes. Les histoires profanes. Faire servir les choses sacrées à des usages profanes.
Il signifie encore Qui va contre le respect qu’on doit aux choses sacrées. C’est une action profane et impie. Discours profane.
PROFANE s’emploie aussi comme nom et désigne Celui qui manque de respect pour les choses de la religion. Il n’y a qu’un profane qui puisse parler de la sorte.
Il se disait particulièrement, chez les Anciens, de Celui qui n’était pas initié à des mystères. éloigner les profanes.
Il se dit figurément de Celui qui n’est pas initié à une science, aux lettres, aux arts. Il n’appartient pas à un profane de parler sur ce sujet. Il n’admire pas ces monuments, c’est un profane. Le profane vulgaire. Dans ce dernier exemple, Profane est employé adjectivement.
Ce sont choses dont l’intelligence est interdite aux profanes, Que ne peuvent comprendre ceux qui n’y sont pas initiés.
PROFANE se dit encore, substantivement et absolument, des Choses profanes. Mêler le profane au sacré.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- profanes — pluriel — /pʁɔfanə/ ou /pʁofanə/
- profane — singulier — /pʁɔfanə/ ou /pʁofanə/
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