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prodigue

Sur cette page : prodigue · prodigué

prodigue

adjectif · /pʁodiɡə/ ou /pʁɔdiɡə/

Usage : d'usage courant (2.77 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Qui dépense son argent ou ses biens sans compter, jusqu'à les dilapider

    « Lui-même [un homme économe] le sentit [qu'il dépensait trop], reconnut son péché, Se confessa prodigue, et, plein de repentance.... »Boileau (1636-1711)

    « Quand on y lit [dans l'Évangile] cet heureux retour du prodigue retrouvé, et ce transport d'un père attendri qui mit en joie toute sa famille »Bossuet (1627-1704)

  2. Qui donne quelque chose, en particulier des paroles ou des efforts, avec une générosité qui va jusqu'à l'excès

    « Elle devint avare pour elle-même, afin d'être prodigue pour Jésus-Christ »Fléchier (1632-1710)

    « Que, pour sauver l'État, il soit prodigue de soi-même, cet homme du roi »Guez de Balzac (1597-1654)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Grammaire et formes (2)
  • prodigues : pluriel · /pʁɔdiɡə/ ou /pʁodiɡə/
  • prodigue : singulier · /pʁɔdiɡə/ ou /pʁodiɡə/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 5 sens

adj.

  1. Qui fait plus de dépenses qu'il ne faudrait. Prodigue à. Il se dit des choses. Des mains prodigues.

    Les personnes prodigues vivent comme si elles avaient peu de temps à vivre, et les personnes avares comme si elles ne devaient pas mourirSARRASIN

    Elle devint avare pour elle-même, afin d'être prodigue pour Jésus-ChristFléchier (1632-1710)

  2. Enfant prodigue, personnage d'une parabole de l'Évangile, qui demande sa part, la dissipe, puis, misérable, revient dans la maison paternelle, où il est bien reçu. Fig. Enfant prodigue, jeune homme de famille qui, après des absences et de l'inconduite, regagne la maison paternelle. Substantivement. Le prodigue, l'enfant prodigue.

    L'enfant prodigue est enfin de retourCasimir Delavigne (1793-1843)

    Quand on y lit [dans l'Évangile] cet heureux retour du prodigue retrouvé, et ce transport d'un père attendri qui mit en joie toute sa familleBossuet (1627-1704)

  3. Fig. Prodigue de.... se dit des paroles et de ce qui consiste en paroles. Il est prodigue de louanges, de compliments.

    Un menteur est toujours prodigue de sermentsPierre Corneille (1606-1684)

  4. Fig. En bonne part, qui répand avec libéralité. Être prodigue de son sang, ne pas le ménager. En mauvaise part. Être prodigue de soi-même, faire de grands sacrifices pour...

    Vers ce temple fameux, si cher à tes désirs, Où le ciel fut pour toi si prodigue en miraclesBoileau (1636-1711)

    Prodigue de ses biens, un père plein d'amour....L. RAC.

  5. Substantivement. Un prodigue, une personne prodigue. Au sens juridique, le prodigue est celui qui dissipe son patrimoine en dépenses inutiles et folles.

    Il peut être défendu aux prodigues de plaider, de transiger, d'emprunter.... sans l'assistance d'un conseil qui leur est nommé par le tribunal

Étymologie : Lat. prodigus, de prodigere, mettre en avant, dépenser (voy. PRODIGE).

Historique : XIIe s. Prodigues est cil qui se desmesure en doner et faut en reçoivre XIVe s. Prodige, c'est fol large XVe s. Les convis et les banquetz plus grans et plus prodigues que en nul autre lieu XVIe s. Mesme un prodigue en plusieurs années ne pouvoit quasi despendre son bien Puis se combattoient à toute outrance de poignées de roses, dont se faisoit une espaisse et prodigue jonchée En tout ceci ay-je esté si prodigue de moy-mesme, de mon labeur et de mes facultés, que....

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 6 sens

adj. des deux genres

  1. Qui dissipe son bien en libéralités excessives, en dépenses déraisonnables. Il n’est pas libéral, il est prodigue. Prodigue de son bien et du bien des autres.

  2. Enfant prodigue, Personnage d’une parabole de l’évangile, qui réclame sa part d’héritage, la dissipe, puis, tombé dans la misère, revient dans la maison paternelle, où il est accueilli avec bonté.

  3. Figurément, il se dit d’un Jeune homme qui, après des absences et de l’inconduite, retourne dans la maison paternelle. Le retour de l’enfant prodigue.

  4. PRODIGUE se dit, en bonne part, de Celui qui fait de grands sacrifices pour l’utilité d’autrui. Cet homme est prodigue de son bien pour soulager les malheureux. Il s’est montré prodigue de son sang, de sa vie pour l’état.

  5. Il s’emploie aussi figurément. Cet homme est prodigue de paroles, de promesses, de serments. Il n’est pas prodigue de louanges.

  6. PRODIGUE est aussi employé comme nom. C’est un prodigue. Il peut être défendu aux prodigues de plaider, de transiger, d’emprunter, etc., sans l’assistance d’un conseil.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée prodigue#49279.

prodigue

nom, masculin

Usage : peu fréquent (0.21 occurrences par million, Lexique 3.83).

Grammaire et formes (2)
  • prodigues : pluriel
  • prodigue : singulier

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée prodigue#102219.

Entrées anciennes, hors de la nomenclature actuelle

Attestées par un témoin historique, absentes de la nomenclature contemporaine (Morphalou). Mots disparus.

prodigué

adjectif

Voir aussi : participe passé de prodiguer

Témoignages historiques

Littré (1873) · 1 sens

part. passé

  1. Donné en profusion. Des trésors prodigués pour le soulagement des malheureux. Fig.

    Ils m'ont fermé leur temple, et ces peuples barbares De mon sang prodigué sont devenus avaresJean Racine (1639-1699)

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0, entrée PRODIGUÉ, ÉE.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.