probabilité

probabilité

nom, féminin, /pʁɔbabilite/ ou /pʁobabilite/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Apparence de vérité.

    Il faut qu'ils [les faits d'une accusation] soient aussi certains que le sera le supplice auquel vous condamnerez le coupable ; car, si vous n'avez, par exemple, que vingt probabilités, ces vingt probabilités ne peuvent équivaloir à la certitude de sa mort — Voltaire (1694-1778)

    Presque toute la vie humaine roule sur des probabilités — Voltaire (1694-1778)

  2. Terme de mathématique. Doctrine, théorie, analyse, calcul des probabilités, l'ensemble des règles par lesquelles on peut calculer le nombre de chances qu'a un événement de se produire. Probabilité simple, celle d'un événement qui ne peut dépendre que de l'action simple d'un certain nombre de causes du même ordre. Probabilité composée, celle dans laquelle on doit considérer simultanément plusieurs probabilités simples ou l'action de différents genres de causes. Probabilités de la vie, durée probable de la vie qu'a un individu à chaque âge.

    La suite de ces idées a conduit M. Bernoulli à cette question : si, le nombre des cas inconnus diminuant toujours, la probabilité du parti qu'on doit prendre en augmente nécessairement, de sorte qu'elle vienne à la fin à tel degré de certitude qu'on voudra — Fontenelle (1657-1757)

    Le calcul des probabilités est appuyé sur cette supposition, que toutes les combinaisons différentes d'un même effet sont également possibles — D'Alembert (1717-1783)

  3. Terme de casuistique. La doctrine des opinions probables.

    ôtez la probabilité, on ne peut plus plaire au monde ; mettez la probabilité, on ne peut lui déplaire — Pascal (1623-1662)

    Les trois marques de la religion : la perpétuité, la bonne vie, les miracles ; ils [les jésuites] détruisent la perpétuité par la probabilité, la bonne vie par leur morale, les miracles en détruisant ou leur vérité ou leur conséquence — Pascal (1623-1662)

Étymologie : Lat. probabilitatem, de probabilis, probable.

Historique : XIVe s. Bien est voir [vrai] que cest dit a aucune probabilité XVIe s. Nonobstant que telle raison ait quelque apparence de probabilité

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Vraisemblance, apparence de vérité. Il n’y a pas de probabilité à ce que vous dites. Je n’y vois pas de probabilité. Ce que vous avancez n’a pas de probabilité, manque de probabilité, est sans probabilité. La fuite de l’accusé donne un nouveau degré de probabilité à l’accusation. Examiner, évaluer, estimer, peser, calculer des probabilités. Je vois, dans cette affaire, des probabilités pour et contre. Il est de la plus grande probabilité que cette allégation est fausse.

  2. En termes de Théologie, La doctrine de la probabilité, Celle qui enseigne qu’en matière de morale on peut, en sûreté de conscience, suivre une opinion, pourvu qu’elle soit probable. Il y a quelques docteurs qui suivent la doctrine de la probabilité.

  3. PROBABILITÉ signifie aussi Chance. Examiner, évaluer, peser, calculer des probabilités.

  4. En termes de Mathématiques, Doctrine, théorie, analyse, calcul des probabilités, L’ensemble des règles d’après lesquelles on peut calculer les chances relatives des événements futurs; par exemple, les chances de gain ou de perte dans les jeux de hasard, dans les loteries, dans la constitution des rentes viagères, dans les assurances sur la vie, etc.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • probabilités — pluriel — /pʁɔbabilite/ ou /pʁobabilite/
  • probabilité — singulier — /pʁɔbabilite/ ou /pʁobabilite/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée probabilité#49212.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.