privation
nom, féminin, /pʁivasjɔ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
s. f.
Action de priver d'un avantage, d'un bien qu'on avait ou qu'on devait avoir. La privation de la vue. La privation des droits civils.
À combien de choses n'est-on pas obligé de renoncer ? l'âge amène chaque jour une privation — Voltaire (1694-1778)
Action de se priver volontairement de quelque chose dont on pourrait jouir. Privation volontaire. Au pluriel, il se dit de la privation soit volontaire, soit infligée par les circonstances. Vivre de privations, manquer des choses nécessaires.
Les petites privations s'endurent sans peine, quand le cœur est mieux traité que le corps — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Assez de fortunes ont été amoncelées par l'avarice, en échangeant des privations pour des richesses — Mirabeau (1749-1791)
Absence de quelque chose qui manque. Ancien terme de philosophie aristotélique. Aristote remarque qu'un être, avant d'avoir ses qualités actuelles, en avait d'autres qui constituaient un état privatif de l'état présent ; ainsi du plomb fondu se refroidit et passe à l'état solide ; il ne peut le faire sans perdre l'état liquide qu'il avait d'abord ; c'est-à-dire que la privation de la liquidité est la condition absolue de la solidité.
La privation des rudesses me tiendrait bien lieu d'amitié en un besoin — Mme de Sévigné (1626-1696)
Il faut remarquer que la douleur est un mal réel et véritable, et qu'elle n'est pas plus la privation du plaisir que le plaisir n'est la privation de la douleur — Malebranche (1638-1715)
Étymologie : Provenç. privacio ; espagn. privacion ; ital. privazione ; du lat. privationem, de privare (voy. PRIVER 1).
Historique : XIVe s. Celle privation [il s'agit de tribuns militaires qu'on priva d'une partie de leur temps de magistrature] ne leur fut pas faite par maniere de punission Ainsi donc privation, forme, Et matiere dont je m'informe, Sont mes principes ordonnez Qui d'en hault me furent donnez XVIe s. Nostre bien estre, ce n'est que la privation d'estre mal
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Perte, absence, manque d’un bien, d’un avantage qu’on avait, ou qu’on devait, qu’on pouvait avoir. La privation de la vue. La privation de l’ouïe. C’est un homme qui est dans la privation de toutes choses. On châtia cette ville par la privation de ses privilèges. La privation des droits civils.
Il signifie aussi Action de se priver volontairement, de s’abstenir de quelque chose dont on pourrait jouir. Privation volontaire. S’exercer, s’habituer aux privations. S’imposer des privations. à force de privations, il a amassé un petit pécule.
Vivre de privations, Manquer de beaucoup de choses nécessaires.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- privations — pluriel — /pʁivasjɔ̃/
- privation — singulier — /pʁivasjɔ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée privation#49192.