prison
nom, féminin, /pʁizɔ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. f.
Logis où l'on enferme ceux qu'on veut détenir. Fig. Fig. Cette maison est une vraie prison, elle est sombre et triste. Aimable, gracieux comme une porte de prison, se dit de quelqu'un dur et brutal. Fig. La prison de Saint-Crépin, soulier étroit qui blesse le pied (saint Crépin est le patron des cordonniers).
Quel charme, quel désordre, ou quelle raillerie Des prisons de Lyon fait votre hôtellerie ? — Pierre Corneille (1606-1684)
Vos pères [jésuites] le firent mettre en prison [un domestique] — Pascal (1623-1662)
Emprisonnement. Il a été condamné à deux ans de prison.
De là vient [du besoin de distraction] que la prison est un supplice si horrible — Pascal (1623-1662)
Il disait, en parlant de cette prison malheureuse, qu'il y était entré le plus innocent de tous les hommes, et qu'il en était sorti le plus coupable — Bossuet (1627-1704)
Captivité.
Ce fut dans ce voyage et durant sa prison Qu'il étreignit le nœud de cette trahison — Jean Mairet (1604-1686)
Contraint de racheter sa liberté après une longue prison, durant les guerres d'Allemagne — Fléchier (1632-1710)
Fig. Ce qui renferme, enclôt. Borne, limite.
Vastes cieux, prisons éclatantes, Qui renfermez les airs, et la terre et les eaux — Pierre Corneille (1606-1684)
Dans sa verte prison la figue recueillie — CHÉNEDOLLÉ
Dans le langage de la galanterie, service amoureux auprès d'une dame.
Je voulus être sien ; j'entrai dans sa prison, Et de tout mon pouvoir essayai de lui plaire, Tant que ma servitude espéra du salaire — Malherbe (1555-1628)
Ils ne savent jamais que se charger de chaînes, Que bénir leur martyre, adorer leur prison — Boileau (1636-1711)
Terme d'alchimie. Prison des sages, fourneau philosophique.
Étymologie : Wallon, prihon ; prov. preisô ; espagn. prision ; ital. prigione ; du lat. prehensionem, prise, de prehendere (voy. PRENDRE). À côté de prison, féminin, il y avait aussi prison, masculin, signifiant prisonnier.
Historique : XIe s. E Bramidone qu'il mene en sa prisun XIIe s. Debonaire prison Avez doné [à] mon fin cuer qui vous prie Et jà de sa prison [de ma dame] [je] Ne quier issir, se mors ou amés non Al jugement en vunt la maisnie Nerun, Lur pere esperital jugent comme bricun, Que li reis le presist e mesist en prisun XIIIe s. En tele maniere que dedens les quinze jors il paiast ou il revenist en le [la] prison, sor paine de prison brisie XVe s. Et enconvenança [promit] sur sa loyauté de venir dedans trois jours tenir prison à Valenciennes Si fut enclos de ses ennemis par trop demeurer derriere, et fiança priso…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Lieu où l’on enferme les condamnés et certains accusés. Mettre en prison. Tirer de prison. Sortir de prison. S’échapper de prison. Prison d’état. Fig., Le corps est la prison de l’âme.
Fig., Cette maison est une prison, Elle est sombre et triste.
Fig. et fam., être gracieux comme la porte d’une prison, se dit de Quelqu’un qui a l’abord revêche et les manières rudes.
PRISON signifie aussi Emprisonnement. Il a été condamné à deux jours, à deux ans de prison, a la prison perpétuelle. La peine de ce délit est la prison. Faire de la prison. Il a fait son temps de prison.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- prisons — pluriel — /pʁizɔ̃/
- prison — singulier — /pʁizɔ̃/
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