prisé · prise

prisé

adjectif

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens)

Littré (1873)

part. passé

  1. Dont on a fait l'estimation.

    Car mieux vaut, tout prisé, Cornes gagner que perdre ses oreilles — La Fontaine (1621-1695)

  2. Dont on fait cas.

    Comme la marchandise n'était pas fort prisée dans son pays, il le quitta — Montesquieu (1689-1755)

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • prisées — pluriel féminin
  • prisés — pluriel masculin
  • prisée — singulier féminin
  • prisé — singulier masculin

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée prisé#102772.

prise

nom, féminin, /pʁizə/

Définitions

  1. Action de saisir ou de s'emparer de quelque chose ; ce qui est ainsi capturé.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  2. Endroit ou aspérité permettant de saisir ou de s'agripper.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  3. Dispositif permettant de brancher un appareil sur un réseau électrique.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  4. Influence ou pouvoir que l'on peut exercer sur quelqu'un ou quelque chose.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (19 sens) — Académie 1935 (29 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Action de prendre, de s'emparer. Lâcher prise, lâcher, abandonner ce qu'on tenait. Fig. Lâcher prise, cesser une poursuite, une dispute, un combat, etc. Lâcher prise, signifie aussi rendre malgré soi ce qu'on a pris. Il s'était emparé du bien d'autrui ; mais on lui a fait lâcher prise. On dit de même : quitter prise.

    On poursuit maintenant l'auteur de l'entreprise, Et nous serons tous deux satisfaits par sa prise — Pierre Du Ryer (1605-1658)

    La prise des deux rois de Perse et de Médie De cette guerre enfin ferme la tragédie — Rotrou (1609-1650)

  2. Action de prendre un navire ; navire capturé. Amener une prise dans le port. Le code des prises. De bonne prise, se dit des navires appartenant à l'ennemi ou chargés de contre-bande. Par extension, dans le langage général. Une chose de bonne prise, chose qui peut être ou qui est prise avec justice. Fig. Il peut se dire d'heureux emprunts que fait un écrivain. Part de prise, la somme d'argent qui revient à chaque marin d'un navire qui en a pris un autre, après la vente du navire et de la cargaison, et après le procès qui a décidé de la validité de la prise. Conseil des prises, commission extraordinaire établie autrefois en temps de guerre, pour juger les prises de navires capturés sur l'ennemi.

    Je fus obligé de faire brûler toutes mes prises marchandes

    Le roi, voyant que, dans toutes les prises qui ont été faites par les capitaines de ses vaisseaux pendant le cours de l'année dernière, il y a eu tant de malversations de leur part....

  3. Se dit à l'hombre, du fonds que chaque joueur est obligé de faire ou d'avoir devant lui, avant de commencer le jeu.

  4. Facilité de prendre de saisir. Avoir, trouver prise. Il n'y a point de prise pour saisir ce ballot. Fig. Cette chose est en prise, elle est exposée à être prise. Cette chose est hors de prise, on ne peut la dérober, on ne saurait y toucher, y atteindre. Fig. Au jeu d'échecs, il se dit d'une pièce qu'une autre pièce peut prendre. Mettre une pièce en prise. Votre dame est en prise. Au billard, il se dit d'une bille exposée à être blousée. S'ôter de prise, se mettre à l'abri d'être pris.

    Le moins qu'on peut laisser de prise aux dents d'autrui, C'est le mieux.... — La Fontaine (1621-1695)

    Sa queue [d'un singe] est toujours accrochée, et il ne reste que malgré lui dans une place où elle ne peut avoir de prise — Buffon (1707-1788)

  5. Fig. Capacité à saisir, à comprendre. Possibilité d'exercer une action intellectuelle ou morale. Possibilité d'attaquer, de nuire. Avoir de la prise sur, modifier les sentiments. Avoir prise, trouver prise sur quelqu'un, avoir sujet de le reprendre, etc. Avoir prise sur quelqu'un, pouvoir l'arrêter, lui faire sentir de la peine ou du plaisir. Donner prise sur soi, ou, simplement, donner prise, s'exposer à être repris. Donner prise à la critique, s'exposer à être critiqué. Donner prise, permettre de saisir afin de profiter contre....

    Quelque terme où nous pensions nous attacher et nous affermir, il branle et nous quitte ; et, si nous le suivons, il échappe à nos prises, nous glisse et fuit d'une fuite éternelle — Pascal (1623-1662)

    Voyons si elle [l'intelligence] a quelques forces et quelques prises capables de saisir la vérité — Pascal (1623-1662)

  6. Dispute, querelle. Familièrement. Prise de bec, querelle en paroles. En venir, en être aux prises, se saisir, se combattre. Les deux armées, les deux combattants en sont aux prises. Deux chiens qui sont aux prises. Par plaisanterie, en venir aux prises, attaquer un bon diner. Fig. Être aux prises, en être aux prises, se dit de personnes qui disputent les unes contre les autres. On dit de même : je les ai mis aux prises, je les ai laissés aux prises. Être aux prises, en être aux prises, se dit aussi de personnes qui jouent les unes contre les autres. Nos joueurs en sont aux prises, sont aux prises. Fig. Être aux prises avec soi-même, être dans un déchirement intérieur. Fig. Être aux prises avec la mort, être en grand danger de mourir, être a l'agonie. Fig. Être aux prises avec la mauvaise fortune, être dans l'adversité.

    N'avez-vous pas eu prise avecque votre frère ? — Rotrou (1609-1650)

    Vauban et du Metz ont eu aujourd'hui quelque prise ensemble devant le roi — Pellisson (1624-1693)

  7. Terme de musique. Prise du sujet, l'instant où une partie s'empare du sujet de la fugue pour faire son entrée.

  8. Terme de vétérinaire. Prise de longe, voy. LONGE.

  9. Prise d'essai, morceau de monnaie pour essayer.

  10. Ancien terme de jurisprudence criminelle. Prise de corps, action d'arrêter un homme en vertu d'un acte du juge. La sentence elle-même qui ordonne la prise de corps.

    Ne décernez point de prise de corps contre ce coupable qui a une armée pour se défendre de vos sergents — Guez de Balzac (1597-1654)

    Voici bien d'autres nouvelles, dit-il : des huissiers déménagent la maison de Monsieur et de Madame ; tout est saisi par des créanciers ; on parle de prise de corps — Voltaire (1694-1778)

  11. Terme de procédure. Prise à partie, le recours qu'exercent les plaideurs contre leurs juges, dans les cas prévus par la loi. (La locution signifie : prise du juge comme partie, comme adversaire du plaideur.)

  12. Terme de droit. Prise de possession, acte solennel par lequel on se met en possession d'une charge, d'un emploi, d'une contrée.

    La première découverte bien constatée fut une prise de possession légitime — Raynal (1713-1796)

  13. Prise d'habit, cérémonie, dite aussi vêture, qui se pratique quand on entre dans un ordre religieux.

    Je veux bien que vous veniez à cette prise d'habit — Bossuet (1627-1704)

  14. Prise d'eau, action de détourner d'une rivière, d'un étang, une certaine quantité d'eau pour un certain usage. Concession qui donne ce droit. L'eau elle-même qui est détournée. Prise d'air, action de percer une ouverture pour faire entrer l'air dans un endroit clos, et, particulièrement, dans un calorifère. Prise de vapeur, appareil servant à conduire la vapeur de la chaudière d'une machine dans le cylindre.

    À mesure qu'on peut alimenter un canal dans ses parties inférieures par de nouvelles prises d'eau — GIRARD

  15. Prise d'armes, action de prendre les armes, et de se réunir pour un service. Fig. Soulèvement, insurrection.

    Il ne lui reste [à Jurieu], pour soutenir la prise d'armes de ses pères, ni autorité ni exemple — Bossuet (1627-1704)

  16. Dose d'un médicament pour prendre en une fois. Une dose de quinquina en poudre divisée en six prises. Une demi-prise.

    J'ai pris hier de la poudre du bonhomme ....je crois que cette dernière prise achèvera de me guérir — Mme de Sévigné (1626-1696)

  17. Prise de tabac, pincée de tabac. Absolument. Prise de tabac. Donnez-moi une prise.

  18. Dans les fabriques de soieries, nombre de cordes réunies qui composent une partie de fleurs ou de feuilles du dessin.

  19. Action d'une substance qui se solidifie, qui se coagule. Faire prise, se dit d'une substance coagulable qui commence à se coaguler. Quand le collodion fait prise. On dit aussi en ce sens : prise de consistance.

    La prise des ciments — FREMY

    Des pouzzolanes à prises lentes ou à prises rapides — ID.

Étymologie : Prov. presa, prisa, prea ; espagn. et ital. presa ; du lat. prensus, pris, de prehendere (voy. PRENDRE).

Historique : XIIIe s. Tout autressi est d'une prise [proposition] qui peut estre ferme et estable sanz nul confermement, en ceste maniere : se li hom veult estre sages, il se doit estudier en philosophie Et de tout che dont il ne porront rendre bon conte, il doivent estre contraint à rendre sans delai, par le [la] prise de lor cors et de lor biens Et si en torne aucune fois li blasmes sor le bailli, tout soit ce que tix prises [telles prises] n'entrent pas en se [sa] bourse XIVe s. Je te veil [veux] prouver et conter Que ta prise [avoir été pris et emprisonné] est pour ton millour, Ton bien, ton pourfit et…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Faculté de prendre, de saisir. Avoir prise. Trouver prise. Les lutteurs se frottaient d’huile, afin de donner moins de prise sur eux.

  2. Il s’emploie aussi figurément. La pitié n’a aucune prise sur ce peuple cruel.

  3. Fig., Avoir prise, trouver prise sur quelqu’un, Avoir sujet, trouver occasion de le critiquer. On dit dans le même sens : Donner prise sur soi, donner prise à la critique, S’exposer à être repris, critiqué.

  4. Cette chose est hors de prise, On ne peut la dérober ou On ne saurait y atteindre.

  5. En termes de jeu d’échecs, Cette pièce est en prise, est hors de prise, Une autre pièce peut la prendre ou ne peut pas la prendre.

  6. Lâcher prise, Laisser aller ce qu’on tenait avec force. Se débattre pour faire lâcher prise à quelqu’un.

  7. Fig., Lâcher prise, Cesser une poursuite, une dispute; un combat, etc.; ou Rendre malgré soi ce qu’on a pris. Ils ont disputé longtemps sans vouloir lâcher prise.

  8. En termes d’Automobile, Prise directe, Disposition du mécanisme où l’arbre primaire transmet le mouvement à l’arbre secondaire sans l’intermédiaire d’engrenages.

  9. PRISE se dit aussi de l’Action de prendre quelqu’un ou quelque chose. La prise d’une place de guerre. Se trouver à la prise du cerf.

  10. Prise d’eau, Action de détourner d’une rivière, d’un étang, etc., une certaine quantité d’eau, soit pour faire tourner un moulin, soit pour quelque autre usage. Il se dit aussi de la Concession qui est faite pour détourner ainsi de l’eau, et quelquefois aussi de l’Eau même qui est détournée.

  11. Prise d’air, Action de percer une ouverture pour faire entrer l’air dans un endroit clos, dans un calorifère. dans une cheminée, etc.

  12. Prise de vapeur, Appareil servant à conduire la vapeur de la chaudière d’une machine dans le cylindre.

  13. Prise d’habit, Cérémonie au cours de laquelle un religieux, une religieuse prend l’habit religieux. On dit dans le même sens pour une religieuse : Prise de voile.

  14. Prise d’armes, Manoeuvre, revue, pour laquelle une troupe prend les armes. Il y aura aujourd’hui une prise d’armes aux Invalides.

  15. En termes de Médecine, Prise de sang, Opération qui consiste à prendre une petite dose de sang à une personne, pour l’analyser.

  16. En termes de Droit, Prise de possession, Acte par lequel une personne prend possession d’une charge, d’un emploi, d’un héritage, d’une terre.

  17. En termes de Jurisprudence, Prise de corps, Action par laquelle on se saisit d’un homme, en vertu d’un acte du juge. Un décret, une ordonnance de prise de corps. Il y a plusieurs décrets de prise de corps contre lui. Il se dit aussi de l’Arrêt ou de la sentence qui ordonne la prise de corps. Il y a prise de corps contre lui. On a décerné une prise de corps contre lui.

  18. En termes de Procédure, Prise à partie, Recours qu’exercent les parties contre leurs juges, dans les cas prévus par la loi.

  19. Prise de bec, Lutte entre deux oiseaux. Il se dit aussi, figurément et familièrement, d’une Querelle de paroles. Ces deux adversaires ont en une violente prise de bec.

  20. PRISE désigne spécialement, en termes de Marine, l’Action de s’emparer d’un navire, et aussi le Navire capturé. Amener une prise dans un port.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • prises — pluriel — /pʁizə/
  • prise — singulier — /pʁizə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée prise#49179.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.