pris
adjectif, /pʁi/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (15 sens)
Littré (1873)
part. passé
Saisi, retenu. Fig. Pris dans le licou, se dit d'un cheval enchevêtré dans le licou de manière à se blesser. Terme de marine. Un bâtiment qui vire de bord est dit pris lorsque ses voiles sont masquées et qu'il continue à lofer. Pris de calme, de mauvais temps, par les glaces, se dit d'un navire qui se trouve en mer, sous l'influence du calme, d'un mauvais temps, ou qui est enfermé par les glaces.
Dans les lacs de la chèvre un cerf se trouva pris — La Fontaine (1621-1695)
Venez et ouvrez les yeux, et voyez les liens cachés dans lesquels votre cœur est pris — Bossuet (1627-1704)
Qu'on tient, qu'on occupe.
Mais je trouve à mon tour la place déjà prise — Thomas Corneille (1625-1709)
Au repas qu'on leur sert, là-bas, ma place est prise — Casimir Delavigne (1793-1843)
Il se dit des aliments, des boissons. Un repas pris à la hâte.
Un peu de vin pris modérément est un remède pour l'âme et pour le corps — Voltaire (1694-1778)
Considéré. Pris ensemble, se dit d'objets que l'on considère simultanément.
Prise dans toute son étendue, cette région est bornée, à l'occident, par la mer Caspienne et la Perse — Raynal (1713-1796)
[Chez un singe] la queue aussi longue que la tête et le corps pris ensemble — Buffon (1707-1788)
Surpris.
Plusieurs brigades, prises de la nuit, couchèrent en colonne comme elles se trouvaient — Saint-Simon (1675-1755)
Emprunté, tiré de.
La double reconnaissance qui finit le cinquième acte est prise du roman de D. Pélage ; elle eut d'abord grand éclat sur le théâtre — Pierre Corneille (1606-1684)
Quoique la maxime soit admirable et prise même du Seigneur, de dire qu'à chaque jour suffit son mal — Mme de Sévigné (1626-1696)
Fixé, arrêté, déterminé. Parti pris, voy. PARTI 3, n° 7.
Et l'heure est prise enfin pour nous donner les mains — Rotrou (1609-1650)
Le dessein en est pris ; je le veux achever — Jean Racine (1639-1699)
Affecté de, en parlant de quelque maladie. Pris de la fièvre. Pris de vin, ivre. Terme d'hippiatrique. Pris de chaleur, se dit d'un cheval auquel survient une congestion pulmonaire. Pris de la fumée, se dit d'un cheval qui éprouve un commencement d'asphyxie.
Des Allemands déboutonnés, plus en désordre, plus pris de vin et plus barbouillés de tabac que des petits-maîtres français — Lesage (1668-1747)
Séduit. Qui éprouve le sentiment de l'amour. Préoccupé.
[Judith] ayant paru devant Holoferne, il fut aussitôt pris par les yeux — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
Julien fut pris par ces apparences — Bossuet (1627-1704)
Trompé.
Mais vous seriez bien pris, si quelque événement Allait mettre à l'épreuve un si doux compliment — Molière (1622-1673)
Enfin jamais portrait ne ressemblera mieux ; Tout autre y serait pris — Thomas Corneille (1625-1709)
Interprété. Bien pris, mal pris, dont on se fait une bonne, une mauvaise opinion. Pascal a employé pris au sens de conçu.
Ces propositions pouvaient être prises au sens de la grâce efficace — Pascal (1623-1662)
Voilà, monseigneur, de ces avis que je vous donnerai, afin que vous sachiez comment les choses sont prises ici — Mme de Maintenon (1635-1719)
Une personne bien prise dans sa taille, une personne bien faite, bien proportionnée. On dit dans le même sens : avoir la taille bien prise, être de taille bien prise. Ce cheval est bien pris, il a le corsage bien fait. Pris des épaules, se dit d'un cheval dont les mouvements des membres antérieurs sont peu libres.
La comtesse partout emportera le prix ; Dans sa petite taille elle a l'air si bien pris — Thomas Corneille (1625-1709)
J'étais bien pris dans ma petite taille — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Gelé. Il se dit des objets saisis par les glaces. Un navire pris dans les glaces.
Toutes nos rivières sont prises : le Rhône, ce Rhône si furieux n'y résiste pas — Mme de Sévigné (1626-1696)
Dans le fond des grandes rivières, qui sont celles qui charrient le plus de glaçons (car les petites sont assez promptement prises en entier), on ne trouve jamais de glaçons — Mathurin-Jacques Brisson (1723-1806)
Coagulé.
Dès que le lait est suffisamment pris — Mme de Genlis (1746-1830)
Au jeu de lansquenet, il est pris, sa carte est prise. Premier pris, le coupeur, lorsque sa carte est amenée la première par celui qui tient la main ; ce qui est un coup très malheureux. Un premier pris, un homme qui a éprouvé au lansquenet ce coup malheureux. Fig. Un premier pris, un homme de contenance triste et embarrassée (locution qui vieillit).
Le voici ! ses malheurs sur son front sont écrits : Il a tout le visage et l'air d'un premier pris — Regnard (1655-1709)
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Grammaire et formes (3)
- pris — masculin — /pʁi/
- prises — pluriel féminin — /pʁizə/
- prise — singulier féminin — /pʁizə/
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