pris
adjectif · /pʁi/
Usage : fréquent (16 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Qui est saisi, retenu, attrapé : pris au piège.
Le papillon est resté pris dans la toile.
« Ah la pauvre petite ! comme elle tremble en chantant ! elle est prise, monseigneur »Beaumarchais (1732-1799)
« On trouva son corps [de Charles le Téméraire] couvert de boue et pris dans la glace »Charles Pinot Duclos (1704-1772)
Qui n'est pas disponible, déjà occupé par quelqu'un d'autre : cette place est prise.
Désolé, cette table est déjà prise.
Synonyme : occupé.
« Au repas qu'on leur sert, là-bas, ma place est prise »Casimir Delavigne (1793-1843)
Fig. Saisi soudainement par un sentiment, un état : pris de panique.
Il est pris de vertige au sommet de la tour.
« Venez et ouvrez les yeux, et voyez les liens cachés dans lesquels votre cœur est pris »Bossuet (1627-1704)
« Lorsque le cœur est pris, on n'écoute plus rien »Hauteroche (1617-1707)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : être pris de court · être pris la main dans le sac · tel est pris qui croyait prendre
Grammaire et formes (3)
- pris : masculin · /pʁi/
- prises : pluriel féminin · /pʁizə/
- prise : singulier féminin · /pʁizə/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 15 sens
part. passé
Saisi, retenu. Fig. Pris dans le licou, se dit d'un cheval enchevêtré dans le licou de manière à se blesser. Terme de marine. Un bâtiment qui vire de bord est dit pris lorsque ses voiles sont masquées et qu'il continue à lofer. Pris de calme, de mauvais temps, par les glaces, se dit d'un navire qui se trouve en mer, sous l'influence du calme, d'un mauvais temps, ou qui est enfermé par les glaces.
Dans les lacs de la chèvre un cerf se trouva prisLa Fontaine (1621-1695)
Venez et ouvrez les yeux, et voyez les liens cachés dans lesquels votre cœur est prisBossuet (1627-1704)
Qu'on tient, qu'on occupe.
Mais je trouve à mon tour la place déjà priseThomas Corneille (1625-1709)
Au repas qu'on leur sert, là-bas, ma place est priseCasimir Delavigne (1793-1843)
Il se dit des aliments, des boissons. Un repas pris à la hâte.
Un peu de vin pris modérément est un remède pour l'âme et pour le corpsVoltaire (1694-1778)
Considéré. Pris ensemble, se dit d'objets que l'on considère simultanément.
Prise dans toute son étendue, cette région est bornée, à l'occident, par la mer Caspienne et la PerseRaynal (1713-1796)
[Chez un singe] la queue aussi longue que la tête et le corps pris ensembleBuffon (1707-1788)
Surpris.
Plusieurs brigades, prises de la nuit, couchèrent en colonne comme elles se trouvaientSaint-Simon (1675-1755)
Emprunté, tiré de.
La double reconnaissance qui finit le cinquième acte est prise du roman de D. Pélage ; elle eut d'abord grand éclat sur le théâtrePierre Corneille (1606-1684)
Quoique la maxime soit admirable et prise même du Seigneur, de dire qu'à chaque jour suffit son malMme de Sévigné (1626-1696)
Fixé, arrêté, déterminé. Parti pris, voy. PARTI 3, n° 7.
Et l'heure est prise enfin pour nous donner les mainsRotrou (1609-1650)
Le dessein en est pris ; je le veux acheverJean Racine (1639-1699)
Affecté de, en parlant de quelque maladie. Pris de la fièvre. Pris de vin, ivre. Terme d'hippiatrique. Pris de chaleur, se dit d'un cheval auquel survient une congestion pulmonaire. Pris de la fumée, se dit d'un cheval qui éprouve un commencement d'asphyxie.
Des Allemands déboutonnés, plus en désordre, plus pris de vin et plus barbouillés de tabac que des petits-maîtres françaisLesage (1668-1747)
Séduit. Qui éprouve le sentiment de l'amour. Préoccupé.
[Judith] ayant paru devant Holoferne, il fut aussitôt pris par les yeuxLemaistre de Sacy (1613-1684)
Julien fut pris par ces apparencesBossuet (1627-1704)
Trompé.
Mais vous seriez bien pris, si quelque événement Allait mettre à l'épreuve un si doux complimentMolière (1622-1673)
Enfin jamais portrait ne ressemblera mieux ; Tout autre y serait prisThomas Corneille (1625-1709)
Interprété. Bien pris, mal pris, dont on se fait une bonne, une mauvaise opinion. Pascal a employé pris au sens de conçu.
Ces propositions pouvaient être prises au sens de la grâce efficacePascal (1623-1662)
Voilà, monseigneur, de ces avis que je vous donnerai, afin que vous sachiez comment les choses sont prises iciMme de Maintenon (1635-1719)
Une personne bien prise dans sa taille, une personne bien faite, bien proportionnée. On dit dans le même sens : avoir la taille bien prise, être de taille bien prise. Ce cheval est bien pris, il a le corsage bien fait. Pris des épaules, se dit d'un cheval dont les mouvements des membres antérieurs sont peu libres.
La comtesse partout emportera le prix ; Dans sa petite taille elle a l'air si bien prisThomas Corneille (1625-1709)
J'étais bien pris dans ma petite tailleJean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Gelé. Il se dit des objets saisis par les glaces. Un navire pris dans les glaces.
Toutes nos rivières sont prises : le Rhône, ce Rhône si furieux n'y résiste pasMme de Sévigné (1626-1696)
Dans le fond des grandes rivières, qui sont celles qui charrient le plus de glaçons (car les petites sont assez promptement prises en entier), on ne trouve jamais de glaçonsMathurin-Jacques Brisson (1723-1806)
Coagulé.
Dès que le lait est suffisamment prisMme de Genlis (1746-1830)
Au jeu de lansquenet, il est pris, sa carte est prise. Premier pris, le coupeur, lorsque sa carte est amenée la première par celui qui tient la main ; ce qui est un coup très malheureux. Un premier pris, un homme qui a éprouvé au lansquenet ce coup malheureux. Fig. Un premier pris, un homme de contenance triste et embarrassée (locution qui vieillit).
Le voici ! ses malheurs sur son front sont écrits : Il a tout le visage et l'air d'un premier prisRegnard (1655-1709)
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée pris#49177.