prime · primé

prime

adjectif, /pʁimə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (6 sens)

Littré (1873) — entrée 1

adj.

  1. De prime abord, en premier lieu.

    De prime abord sont par la bonne dame Expédiés tous les péchés menus — La Fontaine (1621-1695)

    Vous figurez-vous que, de prime abord, j'aille lui reprocher, comme un gouverneur, ses fredaines ? — Mme D'ÉPINAY

  2. De prime face, à la première vue.

    Les peuples croyaient de prime face que.... — G. NAUDÉ

    Restait sans plus d'y disposer la femme : De prime face elle crut qu'on riait — La Fontaine (1621-1695)

  3. De prime saut, loc. adv. Subitement, tout d'un coup.

  4. En algèbre, petit signe qui désigne le premier degré d'une lettre prise à plusieurs degrés : a', a", a"', se lisent : a prime, a seconde, a tierce.

  5. Terme de pêche. Sardines de prime, sardines prises au coucher du soleil. On dit par opposition : sardines d'aube. Morues de prime, celles qui arrivent les premières en Europe après la pêche annuelle. Voyage de prime, le premier voyage de l'année, fait par les pêcheurs au banc de Terre-Neuve, et qui fournit une pêche plus abondante que le second.

  6. Orge de prime, escourgeon.

Étymologie : Provenç. prim ; espagn. et ital. primo ; du lat. primus, qui paraît être un superlatif comparable au grec πρῶτος, et au sanscr. pratama. L'ancienne langue avait aussi un adverbe primes, fait comme certes, et signifiant d'abord.

Historique : XIVe s. Si come il semble de prime face XVe s. De prime face fut advisé que tout se mettroit à pied.... De prime saut XVIe s. Du prinsault [du saut de terre], il a laissé en memoire de petits miracles [à propos de l'agilité de son père] Estre le premier de la Grece, c'est facilement estre le prime du monde Les passions ne nous saultent pas tousjours au collet de prinsault Lorsque le cors dort, l'ame receoypt participation insigne de sa prime et divine origine De la prime cuvée De prime arrivée ilz nous feirent quasy paour Aristoteles, prime homme et paragon de toute philosophye On les eust pri…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

adj. des deux genres

  1. Ancien mot qui signifiait Premier et qui n’est plus employé que dans les locutions suivantes :

  2. De prime abord, Du premier abord, au premier abord. De prime abord, je le pris pour un autre.

  3. De prime saut, Subitement, tout d’un coup.

  4. Primesautier. Voyez ce mot à son rang alphabétique.

  5. Orge de prime, Variété d’orge hâtive.

  6. En termes d’Algèbre, Prime se dit d’un Petit signe qui désigne le premier degré d’une quantité, d’une grandeur, etc., représentée par une lettre : a prime (a’).

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • primes — pluriel — /pʁimə/
  • prime — singulier — /pʁimə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée prime#49128.

primé

adjectif, /pʁime/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens) · 1873 (1 sens)

Littré (1873) — entrée 2

part. passé

  1. Qui a reçu une prime. Un cheval primé par le comice.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 1

part. passé

  1. Sur qui on a l'avantage.

    Ainsi de tous côtés primé par un rival — Pierre Corneille (1606-1684)

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • primées — pluriel féminin
  • primés — pluriel masculin
  • primée — singulier féminin
  • primé — singulier masculin

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée primé#85992.

prime

nom, féminin, /pʁimə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens) · 1873 (1 sens) · 1873 (1 sens) · 1873 (1 sens) · 1873 (3 sens) · 1873 (1 sens) · 1873 (5 sens)

Littré (1873) — entrée 3

s. f.

  1. Terme d'escrime. La première garde ou position, qui est celle où le corps se rencontre en achevant de tirer l'épée.

Étymologie : Ainsi dite parce que c'est la prime (voy. PRIME 1) position.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 5

s. f.

  1. Dans la division du marc d'argent, la vingt-quatrième partie d'un grain.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 7

s. f.

  1. Jeu où l'on ne donne que quatre cartes, ainsi dit de ce que celui dont les quatre cartes sont des quatre couleurs gagne la prime. Avoir prime, avoir ses quatre cartes de couleur différente. Il y avait deux sortes de jeu de prime, la grande et la petite, qui différaient l'une de l'autre par le nombre de points dont elles se composaient.

    Je plains la pauvre Mongobert ; mandez m'en toujours des nouvelles et de votre jeu : il me semble que je vous vois, avec vos petits doigts, tirer des primes ; tous ces temps sont derrière nous — Mme de Sévigné (1626-1696)

    C'est brûler à petit feu que de savourer ainsi dix ou douze jours une violente inquiétude ; c'est tirer son jeu à petite prime — Mme de Sévigné (1626-1696)

Étymologie : D'après la définition du jeu, il semble que prime est équivalent à prime 6.

Historique : XVIe s. Le roy, le pape et le prince germain Jouent un jeu de prime assez jolie : D'arme est leur vade, et l'envy l'Italie ; Et le roy tient le grand poinct en sa main J'ay ouy dire que le plus grand sujet que le roy [d'Espagne] prit de l'aimer [Ruy Gomez] fut qu en jouant un jour en Flandres à la prime avec deux autres, un grand reste y allant du tout, qui montoit à vingt mille escus ; ce roy d'Espagne, allant d'affection à la prime, la vint à rencontrer, dont il fut très aise ; car qui que ce soit, et mesme un grand seigneur et liberal, est avare au jeu ; soudain s'escriant qu'il avoit prime…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 4

s. f.

  1. La laine la plus fine. Prime de Ségovie.

Étymologie : Ainsi dite parce que c'est la prime (voy. PRIME 1) laine.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 2

s. f.

  1. Terme de liturgie catholique. La première des heures canoniales ; elle commence à six heures du matin. Chanter prime. Dire prime. Assister à prime.

  2. Terme de vénerie. De haute prime, sur-le-champ.

  3. Terme d'astronomie ancienne. La première apparition d'un astre. La lune est en prime, son croissant commence à se montrer.

Étymologie : Lat. prima, sous-entendu hora, la première heure (voy. PRIME 1).

Historique : XIIIe s. As uns taut [ôte] et as autres done ; Sept fois mue entre prime et none XIVe s. Helas ! que tu dis de paroles à prime, dont il ne te souvient à tierce XVe s. Et le roi d'Angleterre s'en estoit parti à petite prime XVIe s. Beaulx jambons, et force souppes de prime

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 8

s. f.

  1. Terme de lapidaire. Cristal de roche coloré qui prend le nom de la pierre fine dont il se rapproche le plus par sa nuance.

    Les grands vases ou morceaux d'émeraude que l'on montre encore aujourd'hui dans quelques endroits, tels que la grande jatte du trésor de Gênes, la pierre verte pesant vingt-neuf livres, donnée par Charlemagne au couvent de Reichenau, ne sont que des primes ou des prases ou même des verres factices — Buffon (1707-1788)

    La pierre que je viens de décrire a reçu différents noms ; quelques auteurs l'ont nommée prime d'émeraude ; M. de Born l'a appelée schorl feuilleté verdâtre en grandes lames ; M. Blumenbach, smaragdspath — Horace-Bénédict de Saussure (1740-1799)

Étymologie : Le même que prisme.

Historique : XIVe s. Uns tableaux de presme d'esmeraude XVe s. Une grant prasme d'esmeraude

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 6

s. f.

  1. Somme donnée pour prix d'une assurance.

    La prime, ou coût de l'assurance, sera payée en son entier lors de la signature de la police

  2. Somme accordée à titre d'encouragement à l'agriculture et à l'industrie ; par exemple aux propriétaires ou fermiers qui ont produit les plus beaux chevaux, les laines les plus fines, engraissé avec le plus de succès des bœufs, des moutons, perfectionné la culture, etc. On donne également des primes aux possesseurs d'étalons ou de juments approuvés, autorisés. Les primes sont distribuées par le gouvernement, les sociétés savantes, les comices agricoles, les associations spéciales, etc. Il est également accordé des primes pour la destruction des animaux malfaisants. Se dit des encouragements que le gouvernement accorde pour différentes pêches, telles que celles de la baleine, du cachalot, de la morue.

    En 1641, on équipa des busses dont le port fut limité à 60 tonneaux ; on leur accorda des primes d'encouragements — NOËL

  3. Ouvrages ou objets que les journaux donnent pour encourager aux abonnements.

  4. Terme de bourse. à la bourse de Paris, on cote les actions et les obligations d'après le pair ; quand le prix est supérieur au pair, l'excédant prend le nom de prime. L'indemnité donnée au vendeur par l'acheteur quand ce dernier annule le marché. Ainsi, le 2 janvier, X.... achète à Z.... 3000 fr. de rente 3 p. 100 à 71, dont un franc de prime fin janvier. Si, à l'échéance, X.... résilie le marché, droit qu'il a grâce à la prime et que n'a pas le vendeur, il paye à Z.... 1000 fr. pour la prime sur 3000 fr. de rente. Réponse des primes, résolution que prend l'acheteur à l'échéance. Elle se fait sur les cours de la dernière bourse du mois au coup de cloche de une heure et demie pour les liquidations mensuelles, et le 15 pour les liquidations de quinzaine. Prime à recevoir, marché libre ou à prime de Londres, dans lequel c'est le vendeur et non l'acheteur qui a droit d'annuler l'affaire, moyennant l'abandon, au profit de l'acheteur, de la prime convenue. Prime contre ferme, vente à prime et achat ferme. Prime contre prime, achat et vente à prime, mais avec des différences dans le taux de la prime.

    L'or était à prime, et la banque de France n'avait que de l'argent — D'EICHTHAL

  5. Prime se dit, au théâtre, d'une somme d'argent qu'un directeur qui demande une pièce à un auteur en renom, donne à cet auteur indépendamment des droits d'auteur.

Étymologie : Angl. premium (prononcé primium), prime d'encouragement, prime de bourse ; c'est le latin praemium, récompense. Ajoutez : M. Vigié, professeur à la Faculté de droit de Grenoble, communique une note, où il conteste que l'anglais premium soit l'origine de prime ; il dit qu'il faut la chercher dans prima pars, première partie, c'est-à-dire prélèvement que, au début, les commerçants armateurs s'engageaient à faire sur les bénéfices de la traversée, pour constituer l'assurance et sa prime. Le doute ainsi soulevé a obligé à un nouvel examen. Et tout d'abord, voyant prime employé dans une ordonnance

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (2)
  • primes — pluriel — /pʁimə/
  • prime — singulier — /pʁimə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée prime#49127.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.