prévôt

prévôt

nom, masculin, /pʁɛvo/ ou /pʁevo/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Nom qu'on donnait autrefois à certains magistrats ou officiers chargés d'une juridiction, ou préposés à une haute surveillance. Terme féodal. Officier qui jugeait les procès pendants entre les vassaux roturiers du seigneur, et qui les conduisait à la guerre. Prévôt royal, premier juge royal, dont les appels ressortissaient aux bailliages ou sénéchaussées. Prévôt de l'hôtel, dit aussi grand prévôt de France, ou, simplement, grand prévôt, officier de la maison du roi, lequel connaissait des cas criminels qui arrivaient à la suite de la cour. Prévôt de Paris, officier principal qui était chef de la juridiction du Châtelet. Prévôt, dans plusieurs petites villes, juge royal qui connaissait des causes entre les habitants non privilégiés. Prévôt des marchands, celui qui était le chef de l'hôtel de ville, avec une espèce d'autorité sur la bourgeoisie. Prévôts des chirurgiens, officiers qui avaient, dans le corps des chirurgiens, des fonctions analogues à celles des jurés dans les communautés d'arts et métiers. Prévôt de la connétablie, officier qui commandait les gardes de la connétablie. Prévôt de l'île, officier qui était préposé pour veiller dans Paris et aux environs à la sûreté des grands chemins. Prévôt des monnaies, officier préposé à la capture des faux monnayeurs. Prévôt des maréchaux, dit aussi prévôt de la maréchaussée, officier préposé pour veiller à la sûreté des grands chemins dans l'étendue d'une généralité. Prévôt de l'armée, du régiment, officier chargé de l'inspection sur les délits qui se commettaient dans l'armée, dans le régiment. Le premier s'appelait grand prévôt. Prévôt général de la marine, officier qui instruisait les procès criminels des gens de mer. Prévôt marinier, homme dans chaque vaisseau qui a les prisonniers en garde, et qui est chargé du soin de faire nettoyer le bâtiment. Prévôt, dans quelques églises, cathédrales et collégiales, le bénéficier qui était le chef du chapitre. Prévôt général, titre du supérieur général dans quelques ordres religieux, tels que les carmes déchaussés. Dans les ordres militaires, celui qui a la direction des cérémonies.

    Le lion dans sa tête avait une entreprise : Il tint conseil de guerre, envoya ses prevôts — La Fontaine (1621-1695)

    Le prince de Condé, qui attendait dans Amboise auprès du roi la victoire ou la défaite de ses partisans, fut arrêté dans le château d'Amboise par le grand prévôt de l'hôtel, Antoine du Plessis Richelieu — Voltaire (1694-1778)

  2. Juge d'une cour prévôtale.

    Français, à leur sainte alliance [des corsaires barbaresques] Envoyons, pour droit d'assurance, Nos censeurs anciens et nouveaux, Et nos juges et nos prévôts — Béranger (1780-1857)

  3. Prévôt de salle, sous-maître d'escrime, qui montre à faire des armes sous le principal maître. Dans le même sens. Le prévôt d'un maître de danse. Il s'est dit aussi d'un aide pour les démonstrations anatomiques.

    M. Paulo étant mort, je fis faire l'ouverture de son corps par M. Martin, mon prévôt d'anatomie — PORTAL

  4. Terme d'argot. Chef de chambrée dans les prisons.

Étymologie : Provenç. prebost ; espagn. preboste ; ital. prevosto ; du latin præpositus, préposé, de præ, avant, et positus, placé (voy. POSITION). Prevost, mot ancien, est de bonne fabrique, l'accent étant sur po dans præpositus.

Historique : XIe s. E se alquen [aucun], u quens [comte], u provost, mesfeïst.... Et en Bretaigne clamoit droit, Les prevoz occist et les contes, Et les baillis et les vicomtes XIIIe s. Et por ce dient li plusor que tuit li home ont angles [anges], et ont prevost por aus [eux] garder [Dieu] Qui de tous mesfais est sire, prevos et maire XVe s. Ce jour pareillement se trouverent à mettre iceluy siege messire Tristan l'Hermite, prevost des mareschaus de France, pour distribuer les vivres aux gens d'armes et tenir la Justice XVIe s. De laquelle artillerie estoit conduiseur un nommé Guillaume Legier, prevost d'…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Nom qu’on donnait autrefois à Certains officiers ou magistrats chargés d’une juridiction ou préposés à une haute surveillance. Le prévôt royal. Le grand prévôt. Le prévôt de Paris. Le prévôt des marchands. Le prévôt des monnaies. Le prévôt de la maréchaussée.

  2. Il se dit aujourd’hui, en termes militaires, du Commandant de la gendarmerie du quartier général d’un corps d’armée.

  3. Grand prévôt, Commandant de la gendarmerie d’un quartier général d’armée.

  4. Prévôt de salle, prévôt d’armes ou simplement Prévôt, Sous-maître d’escrime dans une salle d’armes. Prendre la leçon avec le prévôt.

  5. Il se dit aussi des Sous-maîtres de gymnastique, de culture physique et de boxe.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • prévôts — pluriel — /pʁevo/ ou /pʁɛvo/
  • prévôt — singulier — /pʁevo/ ou /pʁɛvo/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée prévôt#50172.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.