prêtre

prêtre

nom, masculin, /pʁɛtʁə/

Voir aussi : forme féminine prêtresse

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (8 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Celui qui préside aux cérémonies d'un culte religieux quel qu'il soit. Les prêtres du paganisme. Fig.

    Et il [Jéroboam] prit des prêtres dans les derniers du peuple, qui n'étaient pas des enfants de Lévi,

    Où suis-je ? de Baal ne vois-je pas le prêtre ? — Jean Racine (1639-1699)

  2. Particulièrement. Celui qui, dans l'ancienne loi, était consacré au service du tabernacle et du temple.

    Éléazar fils d'Aaron, grand prêtre et prince des lévites, sera au-dessus de ceux qui veilleront à la garde du sanctuaire — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

    Les prêtres ne pouvaient suffire aux sacrifices — Jean Racine (1639-1699)

  3. Dans l'Église catholique, celui qui, en vertu de l'ordre du sacerdoce, a le pouvoir de dire la messe et d'administrer les sacrements. Prêtre habitué, prêtre non rétribué par l'État, attaché au service d'une paroisse. Prêtre habitué à Saint-Sulpice. Il s'est fait prêtre, il a reçu l'ordre du sacerdoce. Cardinal prêtre, cardinal qui a reçu l'ordre de la prêtrise. Le prêtre éternel, Jésus-Christ. Populairement. Il va tomber des prêtres, se dit quand arrive un gros nuage très noir et qui menace d'une abondante averse.

    Madame appelle les prêtres plutôt que les médecins ; elle demande d'elle-même les sacrements de l'Église.... — Bossuet (1627-1704)

    Carlostad avait introduit une nouveauté étrangement scandaleuse ; car il fut le premier prêtre de quelque réputation qui se maria, et cet exemple fit des effets surprenants dans l'ordre sacerdotal et dans les cloîtres — Bossuet (1627-1704)

  4. En parlant du culte réformé, on dit ordinairement ministre ou pasteur.

  5. Familièrement. Prêtre Martin, se dit d'un chantre qui dit le verset et le répons, et fig. de celui qui fait la demande et la réponse.

  6. Bonnet de prêtre, nom donné au fusain, à cause de la forme de son fruit. Bonnet de prêtre, pièce de fortification dont la tête est formée de trois angles saillants.

  7. Nom vulgaire des libellules ou demoiselles.

Étymologie : Bourg. préte ; wallon, pryess ; provenç. preire, preveire, prestre ; cat. preste, prebere ; espagn. preste ; ital. prete ; du lat. presbyter, prêtre, qui vient πρεσϐύτερος, plus vieux, comparatif de πρέσϐυς. Selon Curtius, n° 645, πρέσϐυς, qui a pour forme dialectale πρέσγυς, serait analogue au lat. priscus. Dans l'ancienne langue, prestre est le nominatif singulier, de presbyter, qui a l'accent sur pres ; provoire ou preveire le régime singulier, de presbyterum, avec l'accent sur by ; le nominatif pluriel est provoire, et le régime pluriel provoires.

Historique : XIe s. Moines, canoines, proveires corunez XIIe s. Qui ki unkes volsissent estre [quels que soient ceux qui voudraient être] pruveires as ydles [idoles].... E dist à Abiathar le pruveire : Faites venir avant la saintefiée vesture de pruveire XIIIe s. Fox [fou] est li prestres qui blasme ses reliques Por ce qu'il vestent chapes noires, Si les apele l'en provoires Il estoit prestre et tenoit la paroisse de la ville XVe s. Se n'avez medicin bon maistre, Si tost que vous serez navrez, à Dieu soyez recommandez ; Mort vous tiens, demandez le prestre Il fait defendre expressement sur peine de la hart…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Celui qui exerce un ministère sacré et qui préside aux cérémonies d’un culte religieux. Les prêtres du paganisme. Les prêtres de Cybèle, d’Apollon, de Baal. Un prêtre catholique. Un prêtre grec. Un prêtre arménien. En parlant du Culte réformé, on dit ordinairement Ministre ou Pasteur.

  2. Il se dit particulièrement, dans l’église catholique, de Celui qui a reçu l’ordre du sacerdoce, en vertu duquel il a le pouvoir de dire la messe et d’administrer les sacrements. Il n’y a que les évêques qui aient le pouvoir d’ordonner, de consacrer les prêtres.

  3. Il s’est fait prêtre, Il a reçu l’ordre du sacerdoce.

  4. Prêtre habitué se disait d’un Prêtre n’ayant pas de charge ni de dignité dans une église, mais cependant employé au service de la paroisse. On dit aujourd’hui Vicaire auxiliaire.

  5. Prêtre libre, Celui qui n’est pas attaché à un service régulier.

  6. Cardinal-prêtre, Cardinal de l’ordre des prêtres.

  7. Prov. et fig., Il faut que le prêtre vive de l’autel, Il faut que chacun puisse trouver sa subsistance dans l’exercice de sa profession.

  8. PRÊTRE se dit aussi particulièrement des Ministres qui étaient consacrés au service du tabernacle et du temple, dans l’ancienne loi. Le grand prêtre de la loi.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • prêtres — pluriel — /pʁɛtʁə/
  • prêtre — singulier — /pʁɛtʁə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée prêtre#50194.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.