prêt

prêt

adjectif, /pʁɛ/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873) — entrée 1

adj.

  1. Qui est disposé à, préparé à. Tenez-vous prêt pour partir. Il se dit aussi des choses.

    La mort ne surprend point le sage, Il est toujours prêt à partir — La Fontaine (1621-1695)

    Je définis la cour un pays où les gens, Tristes, gais, prêts à tout, à tout indifférents, Sont ce qu'il plaît au prince — La Fontaine (1621-1695)

  2. Absolument, en parlant des personnes, tout disposé, tout préparé. Il n'est jamais prêt, il n'a jamais fait ses préparatifs à temps. Il se dit aussi des choses. Le dîner est prêt. Il faut partir, la voiture est prête. Fig. Ce n'est pas viande prête, se dit d'une chose qui ne se fait pas toute seule, qui tirera en longueur.

    On est toujours trop prêt quand on a du courage — Pierre Corneille (1606-1684)

    Quoique, sans menacer et sans avertir, la mort se fasse sentir tout entière dès les premiers coups, elle trouve la princesse prête — Bossuet (1627-1704)

  3. Prêt sur, qui a par devant soi une préparation, une étude.

    Mon second était prêt sur tout — Pascal (1623-1662)

  4. Destiné.

    Il est injuste qu'on s'attache à moi.... je ne suis la fin de personne.... ne suis je pas prêt à mourir ? — Pascal (1623-1662)

  5. Prêt à, sur le point de. Il se dit aussi des choses. Un grand destin commence.

    L'oiseau, prêt à mourir, se plaint en son ramage — La Fontaine (1621-1695)

    Je vous vois prêt, monsieur, à tomber en faiblesse — Molière (1622-1673)

  6. Prêt de, disposé à, préparé à. Il se dit aussi des choses. Aujourd'hui les grammairiens ont décidé qu'il fallait dire en ce sens prêt à ; cette décision est arbitraire, car l'usage admettait, comme on voit, la préposition de ; et il n'y a rien dans prêt qui exclue cette préposition.

    Psyché était honteuse de son peu d'amour, toute prête de réparer cette faute, si son mari le souhaitait, et quand même il ne le souhaiterait pas — La Fontaine (1621-1695)

    Que si cette feinte, madame, a quelque chose qui vous offense, je suis tout prêt de mourir pour vous en venger — Molière (1622-1673)

  7. Prêt de, sur le point de. Il se dit aussi des choses. Aujourd'hui, en ce sens, on dit près de.

    Il tenait un moineau, dit-on, Prêt d'étouffer la pauvre bête, Ou de la lâcher aussitôt Pour mettre Apollon en défaut — La Fontaine (1621-1695)

    En rêvant à la visite qu'elle était prête de recevoir — La Fontaine (1621-1695)

Étymologie : Bourg. proo, au féminin prote ; prov. prest, pret ; cat. prest ; espagn. port. et ital. presto ; du lat. præstus, qui se trouve dans des inscriptions et dans la loi salique, et qui est dans la langue classique sous la forme invariable et adverbiale, præsto esse ; il est formé de præ et stare.

Historique : XIe s. Se li reis velt, prez sui pour vous le face XIIe s. D'hui cest jour en un an soiez prest d'ostoier [d'entrer en campagne] XIIIe s. Ele [Liesse] ot la bouche petitete, Et por baisier son ami preste À ceste amor sunt près et prestes Ausinc li home cum les bestes Je sui pretz à feire le [cela] volantiers XIVe s. En la cité n'en avoit nul plus prest de langue ne de main XVIe s. Ponocrates courut dire les novelles à Gargantua, affin qu'il fust prest de la response Et voy me là prest à boyre Quand doncques je les voirray tumber en la riviere et prestz d'estre noyez En ung moment elles estoyen…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

adj.

  1. Qui est en état de faire, de dire, de recevoir, d’entendre quelque chose; qui est disposé, préparé à quelque chose. Je suis prêt à faire tout ce qu’il vous plaira. Il est prêt à partir. Tenez-vous prêt pour partir dans deux heures. C’est un homme qui est toujours prêt à bien faire, qui est prêt à tout faire. Le dîner est prêt à servir. Les armées étaient prêtes à en venir aux mains. Je suis prêt à vous entendre. Absolument, Le dîner est prêt. La voiture est prête.

  2. C’est un homme qui n’est jamais prêt, C’est un homme qui est toujours en retard, qui n’a jamais fait à temps ses préparatifs.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (4)
  • prêtes — pluriel féminin — /pʁɛtə/
  • prêts — pluriel masculin — /pʁɛ/
  • prête — singulier féminin — /pʁɛtə/
  • prêt — singulier masculin — /pʁɛ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée prêt#50186.

prêt

nom, masculin, /pʁɛ/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens) · 1873 (4 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873) — entrée 3

s. m.

  1. Terme du service de la maison du roi. Essai que le gentilhomme servant de jour faisait faire au chef du gobelet, de tout ce qui devait servir au roi pour la table, comme pain, sel, serviettes, cuiller, fourchette, couteau et cure-dents. La table de prêt, table où se faisait cet essai et qui était gardée par le gentilhomme servant.

    Il y eut grand couvert chez Mme la Dauphine ; la nef était sur la table du prêt — Dangeau (1638-1720)

Étymologie : Prêt 1.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 2

s. m.

  1. Action de prêter de l'argent ou quelque autre objet. Prêt gratuit, se dit par opposition à prêt à intérêt, lorsque le prêteur se contente de la restitution de la chose prêtée. Prêt à intérêt, prêt à condition que le débiteur en servira les intérêts. Prêt usuraire, prêt où l'intérêt stipulé a le caractère de l'usure. Prêt à la petite semaine, prêt usuraire où les intérêts se comptent et sont dus par semaines.

    Il y a deux sortes de prêt : celui des choses dont on peut user sans les détruire, et celui des choses qui se consomment par l'usage qu'on en fait ; la première s'appelle prêt à usage ou commodat ; la deuxième s'appelle prêt de consommation ou simplement prêt

    Nos législateurs, s'il est possible, raisonnent encore plus ma que les casuistes ; ils condamnent le prêt à intérêt, et ils le tolèrent ; ils le condamnent sans savoir pourquoi, et ils le tolèrent parce qu'ils y sont forcés — Condillac (1714-1780)

  2. Somme d'argent prêtée. Un prêt considérable. Prêt sur gage. Maison de prêt, établissement autorisé dans lequel on prête de l'argent sur nantissement

    Les prêts que les marchands se faisaient les uns aux autres — Fénelon (1651-1715)

  3. Le prêt se dit dans les bibliothèques de l'action de prêter un livre que l'emprunteur emporte chez lui. Registre, livre de prêt, registre, livre sur lequel on inscrit, dans les bibliothèques publiques, les livres prêtés.

  4. Anciennement, payement de solde que le roi faisait faire par avance aux soldats de dix en dix jours, plus ou moins, pour suppléer aux montres et pour les attendre. Fig. et populairement. Recevoir son prêt, recevoir un mauvais coup, ou une semonce.

    Aujourd'hui somme payée d'avance par l'État ; la partie de ces fonds qu'on doit remettre à chaque sous-officier ou soldat reste pendant cinq jours dans la caisse du corps, et dès lors elle leur est due quand ils la reçoivent ; jusque-là on a pris toutefois sur le prêt les sommes nécessaires à l'achat des vivres, etc. — Benjamin Legoarant (1792-1863)

Étymologie : Prêter ; provenç. prest ; ital. presto.

Historique : XIIe s. Et je cuit que cist dui [deux] destrier Sont vostre ; or si vous prieroie ....Que vos, ou à prest ou à don, Le quel que soit, me baillassiez XIIIe s. Donques me convient il tenir au quel je quiderai que bon soit, ou à le [la] vente ou au prest XIVe s. Comme n'a gueres nostre bien amé Berthelemy Spiffame nous eust promis à faire certain prest du sien, à nostre grant besoing, et pour le fait de nos guerres Quatre cent com paingnons la semaine assembla, Et à cascun de prest [solde] quinze florins bailla XVIe s. Cela fut retardé par les desbauches des esquipages, qu'en vain on pensa oblige…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Action par laquelle on prête. Il est usité surtout en parlant de l’Argent. Ce n’est pas une vente, une aliénation, ce n’est qu’un prêt. Prêt à intérêt. Prêt qui ne porte pas intérêt. Prêt d’honneur. Prêt usuraire. Prêt sur gages, sur nantissement. Prêt sur dépôt d’effets publics, sur consignation de marchandises. Il leur demanda une hypothèque pour sûreté du prêt qu’il leur consentait.

  2. Il se dit aussi de la Somme prêtée. Prêt considérable.

  3. Il se dit en parlant d’Autres choses que de l’argent. Je ne vous donne pas ce livre, ce n’est qu’un prêt.

  4. En termes d’Administration militaire, il désigne la Somme allouée aux sous-officiers et aux soldats pour leurs menus besoins. On paie le prêt tous les dix jours. Toucher, recevoir le prêt.

  5. Prêt franc, Somme allouée aux sous-officiers et aux hommes dispensés de vivre à l’ordinaire, et qui leur sert non seulement comme argent de poche, mais aussi pour leur nourriture.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • prêts — pluriel — /pʁɛ/
  • prêt — singulier — /pʁɛ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée prêt#50185.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.