prestige · Prestige

prestige

nom, masculin, /pʁɛstiʒə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Illusion attribuée aux sortiléges. Fig.

    D'un devin suborné les infâmes prestiges — Pierre Corneille (1606-1684)

    De là vient qu'on dit que le paganisme roulait non pas sur les prodiges, mais sur les prestiges des démons — Fontenelle (1657-1757)

  2. Illusions produites par des moyens naturels. Les prestiges de la fantasmagorie.

    C'est lui qui, dans ces lieux où l'on voit des prestiges, s'ingère de recueillir l'argent de chacun des spectateurs — La Bruyère (1645-1696)

    Qui annoncera un concert, un beau salut, un prestige de la foire ? — La Bruyère (1645-1696)

  3. Fig. Illusion produite sur l'esprit par les productions des lettres et des arts. Les prestiges du théâtre. Dans un sens analogue.

    Voilà le prestige du rhythme et de l'harmonie — Diderot (1713-1784)

    Cet homme a du prestige, il exerce une influence qui ressemble à un prestige. Il y avait une bien autre force dans la personne du souverain [dans Napoléon que dans Louis XVI] ; mais il n'y en avait pas davantage [pendant les Cent-Jours] dans le prestige du trône — Villemain (1790-1870)

Étymologie : Lat. præstigium, de præ, avant, et stinguere, piquer : ce qui pique, frappe d'avance ; de même radical que στίζειν (voy. STIGMATE).

Historique : XVIe s. Il fit tant à force de conjurations, prestiges, exorcismes et invocations, qu'il....

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Illusion attribuée à la magie, à quelque sortilège. Tous les prétendus miracles que semblent opérer les fakirs des Indes ne sont que des prestiges.

  2. Il se dit, par extension, des Illusions qu’on sait être produites par des moyens naturels. Les prestiges de l’optique..

  3. Il se dit figurément de l’impression faite sur l’âme, sur l’esprit, sur l’imagination par les productions de la littérature et des arts. Les prestiges de l’éloquence. Les prestiges du théâtre. Les prestiges de l’art.

  4. Il se dit, au singulier, de l’Autorité morale d’une personne, de la séduction qu’elle exerce sur l’imagination des hommes. Le prestige de ce conquérant survécut à ses revers. Le prestige de la France à l’étranger. Une question de prestige.

  5. Il se dit également des Choses. Le prestige de la beauté. Le prestige de l’esprit.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • prestiges — pluriel — /pʁɛstiʒə/
  • prestige — singulier — /pʁɛstiʒə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée prestige#49091.

Prestige

nom, féminin

Grammaire et formes (1)
  • Prestige — forme de base

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée Prestige#118583.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.