pressé · presse

pressé

adjectif, /pʁɛse/ ou /pʁese/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens)

Littré (1873)

part. passé

  1. Serré avec plus ou moins de force. Une éponge pressée entre les doigts. Fig. Fig. Serré par la douleur.

    Philippe Auguste était pressé entre l'empereur et le roi d'Angleterre — Voltaire (1694-1778)

    Les hommes, qui ont si peu de temps à vivre et qui se voient pressés entre deux éternités — Voltaire (1694-1778)

  2. Se dit de personnes ou de choses approchées l'une contre l'autre. Fig. Qui se suit de près.

    N'ayant pu soutenir nos bataillons pressés — Jean Mairet (1604-1686)

    M. de Chaulnes a ôté le parlement de Rennes pour punir la ville ; ces messieurs sont allés à Vannes, qui est une petite ville où ils seront fort pressés — Mme de Sévigné (1626-1696)

  3. Poursuivi, attaqué sans relâche. Par extension. Fig.

    L'infortuné monarque [de Naples], trahi par son parent, pressé par les armes françaises [Louis XII], dénué de toute ressource — Voltaire (1694-1778)

    [Frédéric II] pressé de tous côtés par les Russes, par les Autrichiens et par la France, lui-même se crut perdu — Voltaire (1694-1778)

  4. Qui éprouve quelque grand besoin. Qui éprouve quelque grand besoin moral.

    J'étais pressé de la soif, et vous ne m'avez pas donné à boire — Bourdaloue (1632-1704)

    C'est une destinée singulière que les Hébreux n'aient jamais été en Égypte que pressés par la faim ; car Jacob y envoya depuis ses enfants pour la même cause — Voltaire (1694-1778)

  5. Empressé, désireux. impatient de. Je suis pressé d'en finir. Être pressé d'argent, en manquer, en avoir besoin.

    J'écrivis en Argos, ....Que ce guerrier, pressé de partir avec nous, Voulait revoir ma fille, et partir son époux — Jean Racine (1639-1699)

  6. Diligenté, hâté. Les chevaux pressés par l'éperon. Pressé par le temps.

    Chacun le suit d'un pas ou plus ou moins pressé, Selon qu'il se rencontre ou plus ou moins blessé — Pierre Corneille (1606-1684)

    Cours, Narsès ; courez tous du pas le plus pressé — Rotrou (1609-1650)

  7. Qui a hâte. Vous êtes bien pressé. Cette lettre est pressée, il faut qu'elle soit rendue promptement. Cette affaire est pressée, il est urgent de s'en occuper.

    Je ne suis point pressé que l'on vous canonise — Voltaire (1694-1778)

    Il m'est dans la pensée Venu tout maintenant une affaire pressée — Molière (1622-1673)

  8. Dont le style est serré.

    Soyez vif et pressé dans vos narrations — Boileau (1636-1711)

    [Tacite] plus pressé, plus concis, plus vigoureux que Tite Live du côté de l'expression — Marmontel (1723-1799)

  9. Substantivement. Le plus pressé, ce qu'il y a le plus de hâte de faire.

    Je n'ai pas suivi le vœu, parce que j'ai été au plus pressé — Bossuet (1627-1704)

    Ceux qui n'aiment qu'eux travaillent au jour le jour, vont au plus pressé, à ce qui ost le plus apparent — VOYER MARQUIS D'ARGENSON

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • pressées — pluriel féminin — /pʁese/ ou /pʁɛse/
  • pressés — pluriel masculin — /pʁese/ ou /pʁɛse/
  • pressée — singulier féminin — /pʁese/ ou /pʁɛse/
  • pressé — singulier masculin — /pʁese/ ou /pʁɛse/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée pressé#49080.

presse

nom, féminin, /pʁɛsə/

Définitions

  1. Ensemble des journaux, des magazines et des médias d'information, ainsi que leurs professionnels.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  2. Machine permettant de reproduire un texte ou une image en exerçant une forte pression.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  3. Machine ou dispositif exerçant une pression pour comprimer, façonner ou extraire une matière.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (11 sens) · 1873 (1 sens) — Académie 1935 (9 sens)

Littré (1873) — entrée 1

s. f.

  1. Machine qui sert à serrer, à presser, à tenir extrêmement serré. Presse à coins. Mettre des étoffes en presse. Presse hydraulique, machine due à Pascal, et qui, au moyen d'une petite quantité d'eau refoulée par une pompe, sert à opérer des pressions considérables, proportionnées à la surface pressante. Par analogie, mettre en presse, comprimer fortement. Fig. Mettre en presse, mettre à la presse, mettre en gage.

    On se hâte de les déformer [les enfants nouveau-nés] en les mettant en presse — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

    Ces ligatures qui tiennent nos membres en presse — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  2. Dans les machines à faire les tissus de tricot, barre horizontale à bascule, manoeuvrée par une pédale et servant à fermer temporairement les crochets, pour faire passer le rang postérieur des plis de suspension du tricot par-dessus leurs branches supérieures, recouvrant la nouvelle rangée des boucles ou des plis.

  3. Machine au moyen de laquelle on imprime, soit les feuilles d'un livre, soit les estampes. Presse de bois, de fonte. Presse mécanique. Presse d'imprimerie en taille-douce. Presse lithographique. Faire rouler la presse. L'ouvrage est sous presse, il s'imprime actuellement. On dit de même : mettre un ouvrage sous presse, le livrer à l'impression, le faire imprimer. Autrefois on disait : sous la presse. Fig. Faire gémir la presse, se dit, presque toujours avec un sens défavorable, d'un auteur qui fait imprimer un ouvrage, ou qui fait beaucoup imprimer (métaphore provenant du bruit de l'ancienne presse à bras, quand on tirait le barreau).

    Ce qui nous intéresse dans cette longue enquête [au sujet de l'invention de l'imprimerie], c'est qu'il y est question d'un art secret dont Gutenberg avait promis de donner connaissance à ses associés, d'une presse à deux vis, qu'il ordonna surtout de tenir cachée — DAUNOU

    Cet autre met ses ouvrages sous la presse — Molière (1622-1673)

  4. Il se dit aussi des ouvriers qui font mouvoir la presse. Embaucher une presse.

  5. L'imprimerie en général, ses produits. Les délits de presse. La presse est libre en ce pays. Presse périodique, les journaux. Liberté de la presse, le droit qu'on a de publier sa pensée par l'imprimerie, sans être soumis à une censure préalable.

    Ce fut ce libelle qui rendit les dernières années de J. B. Rousseau bien malheureuses ; la presse, il le faut avouer, est devenue un des fléaux de la société et un brigandage intolérable — Voltaire (1694-1778)

    L'État ayant plus d'un membre Que la presse eût fait trembler — Béranger (1780-1857)

  6. Multitude de personnes qui se pressent. Je n'y ferai pas grande presse, je n'y ferai pas la presse, je ne suis pas disposé à y aller. Il n'y aura pas grande presse ou grand'presse à faire telle chose, se dit d'une chose qu'on ne veut pas faire et dont on pense que peu de personnes voudront se charger. Il n'y a pas de presse, il n'y a pas de quoi s'empresser. En un sens contraire, il y a presse, on s'empresse à. La presse y est, se dit de tout ce qui est à la mode, et goûté, recherché du public. Fig. Tirer de la presse, tirer de la foule, du commun.

    On n'a rien qu'à me suivre au milieu de la presse — Tristan L'Hermite (1601-1655)

    Ils se cachent dans la presse et appellent le nombre à leur secours — Pascal (1623-1662)

  7. Presse, jeu d'écoliers qui, pendant l'hiver, se serrent les uns contre les autres dans un angle d'un bâtiment, si bien que les plus rapprochés du mur sont obligés de monter par-dessus leurs camarades pour s'échapper.

  8. En Angleterre, enrôlement forcé des matelots.

    La plus grande différence que j'observais entre la presse et les classes [établies pour les matelots en France], c'est que l'une est une servitude passagère, et que l'esclavage des autres n'a point de terme — Raynal (1713-1796)

  9. Fig. Douleur, inquiétude, embarras. Familièrement. Il est en presse, il est dans un état fâcheux, dans l'inquiétude, dans le chagrin. Il s'est tiré de la presse, de presse, il s'est retiré prudemment de quelque mauvaise société, de quelque parti dangereux où il était engagé.

    Si vous voulez faire plaisir à cet évêque, perdez bien de l'argent ; mettez, mettez-vous dans une grande presse : c'est là qu'il vous attend — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Mon cœur est soulagé d'une presse et d'un saisissement qui en vérité ne me donnait aucun repos — Mme de Sévigné (1626-1696)

  10. Sollicitations vives, insistance.

    Sentence sur sentence, ajournement sur ajournement, pour vous appeler devant Dieu et devant sa chambre de justice ; écoutez avec quelle presse il vous parle par son prophète.... — Bossuet (1627-1704)

    M. de Luxembourg alla, à maintes reprises, à M. le prince de Conti, pour le savoir [ce qui avait causé le duel de Rantzau et du comte d'Albret] avec des presses et des instances à le mettre au désespoir — Saint-Simon (1675-1755)

  11. Impatience. Hâte. Il se dit de travaux qu'il faut faire promptement et sans relâche. Nous avons eu une grande presse. À la presse vont les fous, c'est-à-dire la foule attire les sots curieux.

    Et vous voilà, tant vous avez de presse, Découragé sans attendre un moment — La Fontaine (1621-1695)

    Je suis aise de l'établissement de cette pauvre et bonne enfant qui avait goût et presse du sacrement — Mirabeau (1749-1791)

Étymologie : Presser ; prov. pressa, preissa ; espagn. priesa ; ital. pressa.

Historique : XIe s. Devant Marsile [il] s'escria en la presse XIIe s. Li cuens [le comte] Rolant est en la presse entrez XIIIe s. Quant il vint à l'entrée de la porte, il y ot si grant priesse.... Sus ce que les diz frepiers fesoient chauces de velles robes, et les mestoient en presse À poi que li cuers ne li faut ; Moult l'avoit mis en male presse Renart, qui jà n'en ait confesse S'il ne vuet, jà ne s'en confesse, Ge ne li en ferai jà presse XIVe s. Les autres [tenailles] oevrent [ouvrent] et cloent [ferment] o [avec] presses et o vis XVe s. Rompre la presse Et se vouloient bouter hors de presse [tirer le…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 2

s. f.

  1. Pêche dont la chair adhère au noyau.

Étymologie : Lat. persicum (voy. PÊCHE, dont presse n'est qu'une autre forme.)

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Action de presser.

  2. Il désigne particulièrement un Mécanisme qui, à l’aide d’un effort minime, permet exercer une pression considérable. Presse à vis. Presse à copier. Les relieurs se servent de plusieurs sortes de presses. Mettre du linge, des étoffes à la presse.

  3. Presse hydraulique, Machine qui, au moyen d’une petite quantité d’eau refoulée par une pompe, sert à opérer des pressions considérables.

  4. PRESSE se dit spécialement de la Machine au moyen de laquelle on imprime soit les feuilles d’un livre, soit des gravures, etc. Presse d’imprimerie. Presse à bras. Presse mécanique. Presse d’imprimerie en taille-douce. Presse lithographique.

  5. L’ouvrage est sous presse, Il s’imprime actuellement. Mettre un ouvrage sous presse, se dit de l’Imprimeur qui procède au tirage.

  6. Fig., Faire gémir la presse, Faire imprimer un ouvrage. Il s’emploie ironiquement à propos d’un Auteur qui publie trop.

  7. PRESSE se dit figurément de l’Ensemble des journaux. Toute la presse a donné cette nouvelle.

  8. Liberté de la presse, Liberté de produire, dans les écrits, livres, brochures, journaux, ses idées, ses opinions sur toute matière, sans subir aucune censure préalable. Réclamer la liberté de la presse. Restreindre la liberté de la presse. On dit de même : La presse est libre dans ce pays. Les délits de presse. La législation de la presse.

  9. Avoir une bonne, une mauvaise presse, se dit de Quelqu’un sur qui les journaux s’expriment favorablement, défavorablement. Il se dit aussi, figurément et familièrement, de Quelqu’un à qui l’opinion est favorable, défavorable. Son désintéressement lui vaut une bonne presse. Cet avocat a une mauvaise presse parmi ses confrères.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • presses — pluriel — /pʁɛsə/
  • presse — singulier — /pʁɛsə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée presse#49065.

pressé

nom, masculin

Grammaire et formes (2)
  • pressés — pluriel
  • pressé — singulier

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée pressé#155771.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.