prendre
verbe, /pʁɑ̃dʁə/
Définitions
Saisir avec la main ou par un autre moyen ; se munir de.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — relu en interne · méthode.
Absorber, consommer : prendre un café.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — relu en interne · méthode.
Voir aussi : donne se prendre
Expressions : prendre son temps
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (79 sens) — Académie 1935 (231 sens)
Littré (1873)
v. a.
Saisir, mettre en sa main. Prendre les armes, s'armer, soit pour combattre, soit simplement pour rendre des honneurs. Prendre quelqu'un aux cheveux, le saisir par les cheveux. Fig. Prendre l'occasion aux cheveux, saisir l'occasion, en profiter. On ne sait par où le prendre pour ne pas le faire crier, se dit d'un malade dont le corps est si douloureux qu'on ne peut le remuer sans lui causer de vives souffrances. Fig. On ne sait par où le prendre, se dit d'un homme très susceptible ou insensible à tout. Au jeu de paume, prendre la balle de volée, à la volée, au bond, la jouer de volée, la jouer au bond. Fig. Prendre la balle au bond, saisir vivement et à propos une occasion. Fig. Prendre le tison par où il brûle, prendre une affaire par le côté le plus difficile. Fig. Prendre la mouche, prendre la chèvre, se fâcher tout à coup et pour un sujet qui n'en vaut pas la peine. Prendre la clef, mettre en sa poche la clef qui ouvre un appartement. Il a pris la clef, je ne puis rentrer. Fig. Prendre la clef des champs, s'évader, s'échapper. Prendre une chose à pleine main, en prendre à poignée autant que la main peut en tenir. Fig. Prendre une affaire en main, la diriger. Prendre en main les intérêts, le droit de quelqu'un, soutenir ses intérêts, ses droits. Dans le style soutenu, prendre en main le timon des affaires, les rênes de l'État, etc. gouverner les affaires publiques.
Prends ta foudre, Louis, et va.... — Malherbe (1555-1628)
Il vit son éléphant couché sur l'autre rive ; Il le prend, il l'emporte, au haut du mont arrive — La Fontaine (1621-1695)
Saisir une chose non avec la main, mais avec quelque instrument ou de toute autre manière. Prendre du feu sur une pelle. Prendre la lune avec les dents, voy. LUNE. Il est à prendre, ou il n'est pas à prendre avec des pincettes, se dit de quelqu'un, de quelque chose extrêmement sale.
Il se dit des animaux qui saisissent avec leur gueule, leurs pattes, leurs griffes, etc. Le perroquet prend avec sa patte ce qu'on lui donne. Prendre le mors aux dents, voy. MORS.
En parlant de vêtements, mettre sur soi. Vous avez pris aujourd'hui un habit bien léger. Prendre le deuil, s'habiller de noir à l'occasion de la mort d'une personne. Prendre l'habit de religieux, ou, simplement, prendre l'habit, entrer en religion. Prendre le voile, se faire religieuse. Familièrement. Prendre le froc, se faire moine. Prendre le petit collet, entrer dans l'ordre ecclésiastique. Prendre la cuirasse, embrasser la profession des armes. Prendre le bonnet, se faire recevoir docteur. Prendre la haire, embrasser une vie pénitente. Prendre la livrée, se faire laquais. Prendre la perruque, ou prendre perruque, commencer à porter perruque.
J'ai su sa mort à Rome, ou j'en ai pris le deuil — Pierre Corneille (1606-1684)
Elle dit que tout est son parent en France ; dès qu'il meurt quelque grand, elle prend le deuil — Mme de Sévigné (1626-1696)
Emporter avec soi certaines choses par besoin ou par précaution. Prendre un parapluie, une lanterne. Prendre sa canne. son mouchoir, sa tabatière.
Emporter en cachette ou de force, ôter à quelqu'un ce qu'il a. On lui a pris une vache dans son pré. Absolument. Absolument et en un sens particulier. Faire des profits illicites. Prendre un baiser, se dit d'un baiser ravi à une femme sans qu'elle le veuille. Prendre la maîtresse de quelqu'un, le supplanter près de sa maîtresse. Poétiquement, prendre les jours, la vie, disposer de la vie de quelqu'un, le faire mourir. Fig. Il en prendrait sur l'autel, sur le maître autel, c'est-à-dire il prend hardiment tout ce qu'il peut et partout où il peut. Prendre se dit aussi des animaux. Le chat a pris le fromage. Le renard m'a pris trois poules.
Prenez tout, s'il se peut ; ne soyez jamais prise — Mathurin Régnier (1573-1613)
On a traité mon maître avec moins de rigueur, On n'a pris que sa bourse, et tu prends jusqu'au cœur — Pierre Corneille (1606-1684)
Se saisir, s'emparer d'une personne. Il voulait résister, on l'a pris de force. Prendre au corps, arrêter prisonnier. Prendre de force ou par force une femme, attenter à son honneur. Il se dit aussi des choses que l'on saisit, dont on s'empare. Il a pris le sabre de son ennemi. Prendre son bien où on le trouve, mettre ia main sur ce qui est à soi, en quelque endroit qu'on le rencontre.
Nous n'avons pu prendre le jeune homme, parce qu'il était plus fort que nous, et qu'ayant ouvert la porte il s'est sauvé — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
De mon trône en son âme elle prend la moitié — Pierre Corneille (1606-1684)
Prendre se dit de levées d'hommes qui se font. L'empereur Napoléon prenait tous les jeunes gens de chaque conscription.
Il prendra vos enfants pour conduire ses chariots, il s'en fera des gens de cheval, et il les fera courir devant son char — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
Prendre se dit de Dieu qui fait disparaître un être humain par la mort.
Quoi ! c'est mon fils ! - Le vôtre : Dieu vous en a pris un, il vous en rend un autre — Casimir Delavigne (1793-1843)
Arrêter pour emprisonner. Il a été pris comme dans un blé, il a été attrapé de manière à ne pouvoir se sauver.
Aussitôt le roi ordonna en secret à Hégésippe de prendre Protésilas et Timocrate, de les conduire en sûreté dans l'île de Samos, et de les y laisser — Fénelon (1651-1715)
J'ouvre la bouche et dis : je voudrais, s'il vous plaisait, ne pas payer Chambord ; sur ce mot on me prend, on me met en prison — Paul-Louis Courier (1772-1825)
En guerre, s'emparer, se rendre maître de. Faire prisonnier.
Vauban dit que le canon prendra cette place — Pellisson (1624-1693)
On avait conté auparavant qu'un courtisan avait dit au roi : " Sire, vous prenez des loups comme Monseigneur, et il prend des villes comme vous, " — Mme de Sévigné (1626-1696)
Attraper à la chasse, à la pêche, dans un piége, etc. Fig. Se laisser prendre au piége, à l'hameçon, se laisser tromper. Dans un sens analogue. Ne vous laissez pas prendre à ses paroles, à sa feinte douceur. Fig. Cette femme l'a pris dans ses filets, cette femme l'a séduit. Fig. Prendre quelqu'un au trébuchet, obtenir par artifice quelque chose de quelqu'un. Fig. Prendre un rat, voy. RAT. Prendre se dit aussi des animaux qui chassent ou pêchent. Le chat a pris une souris. La mouette a pris un poisson. Fig. S'emparer de l'esprit, du cœur. Prendre quelqu'un par son faible, flatter, toucher son inclination favorite. Savoir prendre quelqu'un, connaître les mobiles par lesquels on peut agir sur lui. Prendre quelqu'un par ses propres paroles, le convaincre par ce qu'il a dit lui-même, se faire contre lui un droit de ses propres paroles.
Tel est pris qui croyait prendre — La Fontaine (1621-1695)
Un manant au miroir prenait des oisillons — La Fontaine (1621-1695)
Surprendre. Je l'ai pris à voler des fruits. On m'a pris au dépourvu. En un sens analogue. Prendre quelqu'un sur le fait, le prendre au moment même où il fait quelque chose qu'il voulait cacher. Fig. On dit dans le même sens : prendre quelqu'un en flagrant délit (voy. FLAGRANT). Prendre quelqu'un la main dans la poche, la main dans le sac, le surprendre au moment où il commet un vol ou quelque détournement. Prendre en faute, surprendre pendant qu'une faute se commet. Prendre quelqu'un sans vert, voy. VERT. Prendre quelqu'un au pied levé, voy. LEVÉ, n° 1. Prendre quelqu'un au saut du lit, l'aller trouver dès le matin afin de ne pas le manquer. Prendre quelqu'un au mot, se hâter d'accepter une offre. Prendre quelqu'un à son avantage, le saisir, le surprendre quand on a l'avantage sur lui. Prendre le défaut d'un joueur, à la paume, pousser la balle de manière que celui qui est obligé de la renvoyer ne puisse aisément aller au-devant. Terme d'escrime. Prendre sur le temps, porter une botte à son adversaire dans l'instant où il s'occupe de quelque mouvement.
Je te prends sur le livre. - Hé bien, qu'en veux-tu dire ? Tant d'excellents esprits qui se mêlent d'écrire, Valent bien qu'on leur donne une heure de loisir — Pierre Corneille (1606-1684)
Dieu connaît de toute éternité tout ce que la créature fera librement, en quelque temps qu'il la puisse prendre, et en quelques circonstances qu'il la puisse mettre — Bossuet (1627-1704)
Manger, boire, avaler Je n'ai encore rien pris de la journée. Voudriez-vous prendre quelque chose ? se dit à une personne que l'on invite à manger un morceau. On dit : prendre du café, du thé, du chocolat, plutôt que boire. Trop prendre de son vin, ou, absolument, en trop prendre, s'enivrer. Fig. Faire usage d'une chose pour sa santé, pour son agrément, etc. Prendre un bain. Prendre du tabac, mettre de la poudre de tabac dans son nez. Prendre la poudre d'escampette, voy. ESCAMPETTE. Prendre l'air, sortir d'un lieu où l'on était renfermé pour aller dans un endroit découvert, aéré. Prendre l'air, sortir de la ville pour aller passer quelque temps à la campagne. Familièrement. Prendre l'air, s'évader, se retirer d'une situation où l'on court quelque péril. On voulut l'arrêter ; mais il avait pris l'air. Prendre le frais, respirer la fraîcheur. En un sens analogue. Prendre du repos, prendre du relâche, interrompre le travail, l'action, par du repos, par du relâche. Dans les maisons religieuses, prendre la discipline, se donner la discipline. Ces religieuses prenaient la discipline deux fois la semaine.
Mon avis est qu'on la remette sur son lit, et qu'on lui fasse prendre quantité de pain trempé dans du vin — Molière (1622-1673)
J'ai pris une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit médecines — Molière (1622-1673)
Être atteint par communication, en parlant de maladies contagieuses. Il a pris le typhus dans l'hôpital. Fig. Prendre un mal, une passion, contracter un mal moral, une passion, etc.
Je suis effrayée de ces fièvres que je crains que vous ne preniez à Versailles ; on mande ici que tout en est plein — Mme de Sévigné (1626-1696)
Vous avez pris ce mal-là de moi — Mme de Sévigné (1626-1696)
Il se dit de certaines conditions corporelles. Prendre de l'embonpoint, du corps, devenir plus gras, plus gros. Prendre du ventre, devenir ventru. Prendre des forces, se fortifier. Fig. Prendre de l'âge, avancer en âge. Ce cheval prend quatre ans, cinq ans, il entre dans sa quatrième, dans sa cinquième année. Prendre les dents, se dit du cheval, lorsque les secondes dents lui poussent. Prendre une posture, une attitude, placer son corps d'une certaine manière. Il se dit de certains mouvements du corps. Prendre son vol, commencer à s'envoler. Prendre son élan. se donner une certaine impulsion en courant afin de s'élancer plus loin. Prendre la fuite, s'enfuir. Anciennement, prendre son escousse, s'élancer. Prendre le trot, le galop, se dit d'un cheval qui se met à trotter, à galoper. Prendre les aides des jambes, se dit d'un cheval qui commence à répondre à ces aides. Prendre chair, se dit d'un cheval qui commence à se rétablir après une longue maladie. Prendre les coins, entrer dans les angles du manége.
Le tarier prend beaucoup de graisse dès la fin de l'été, et alors il ne le cède point à l'ortolan pour la délicatesse — Buffon (1707-1788)
Un coq est capable d'engendrer à l'âge de trois mois, et il n'a pas alors pris plus du tiers de son accroissement — Buffon (1707-1788)
Contracter, adopter, en parlant de certaines qualités ou manières. Il prend de mauvaises habitudes. Il prit un ton sévère. Cet homme prend des airs, prend certains airs, il affecte un ton, des manières qui ne lui conviennent pas. Prendre le haut ton, parler avec fierté. En un même sens, le prendre sur le haut ton, ou, elliptiquement, le prendre haut. On dit de même : Vous le prenez bien haut. Le prendre sur un certain ton, affecter telle ou telle manière. Le prendre par là, le prendre sur ce ton. Le prendre ainsi, même sens. Le prendre d'un air, d'une façon, employer un air, une façon.
Conjuguez avec moi, pour bien prendre l'accent — Regnard (1655-1709)
Il [Alexandre] prit les mœurs des Perses, pour ne pas désoler les Perses en leur faisant prendre les mœurs des Grecs — Montesquieu (1689-1755)
Prendre quelque chose, un nom, un titre, se le donner, se l'appliquer. Prendre un titre, une qualité, se donner un titre, une qualité, l'employer en parlant de soi. Prendre la liberté de faire une chose, prendre sur soi de la faire. Par politesse. J'ai pris la liberté de vous écrire. Prendre des libertés, agir trop librement, peu décemment avec quelqu'un. Il se dit particulièrement d'actions, de gestes trop libres auprès des femmes. On dit de même : prendre des licences, des privautés.
Ces titres glorieux plaisaient à mes amours ; Je les pris sans horreur pour conserver tes jours — Pierre Corneille (1606-1684)
Et l'ingrate en fuyant me laisse pour salaire Tous les noms odieux que j'ai pris pour lui plaire — Jean Racine (1639-1699)
Exiger un certain prix pour une chose. Ce marchand prend trente francs de ce drap. À l'octroi, on prend tant par kilogramme d'huile. Les fiacres prennent tant par heure. Il se dit quelquefois pour acheter. Je prendrai cela pour six francs, si vous voulez me le donner. Absolument. C'est à prendre ou à laisser, vous avez le choix, mais il faut vous décider pour le oui ou le non. Substantivement. Avoir le prendre ou le laisser, avoir le choix.
Allez, faites-moi vendre [procurez-moi du débit], Et pour l'amour de vous je n'en voudrai rien prendre [d'un objet qu'on vend] — Pierre Corneille (1606-1684)
On dit qu'il prenait une fois plus de ceux qui venaient à lui pour apprendre à jouer de la flûte après avoir eu un autre maître — Rollin (1661-1741)
Accepter, recevoir. Prenez ce petit présent. J'ai pris ce qu'on m'a donné. Fig. Dans ce qu'il dit, il faut en prendre et en laisser, ce qu'il dit ne mérite pas grande confiance. Absolument. Prendre à pleines mains, à toutes mains, de toutes mains, à deux mains, se dit des gens avides qui ne laissent échapper aucune occasion de s'enrichir. Par analogie. Prendre l'ordre de quelqu'un, recevoir l'ordre de celui qui doit le donner. Par politesse, prendre les ordres de quelqu'un, lui demander ce qu'il a à commander. Prendre congé de quelqu'un, lui faire, avant de partir, les adieux qu'exige la politesse. Prendre des leçons, recevoir des leçons. Prendre les choses comme elles viennent, les recevoir avec indifférence sans se mettre en peine des suites qu'elle peuvent avoir. Prendre les hommes comme ils sont, s'en accommoder quel que soit leur caractère. Prendre le temps comme il vient, s'accommoder à tous les événements. Prendre légèrement quelque chose, le supporter, en user avec une sorte d'allégresse. Familièrement. Prenez que, supposez que.
Oui, fort bien, hors l'argent qu'il ne fallait pas prendre — Molière (1622-1673)
Il y a des gens bavards dont je ne prends jamais les nouvelles — Mme de Sévigné (1626-1696)
Étymologie : Berry, prenre ; bourg. prarre, parre, prin, pris ; wallon, preind ; picard, prinde ; prov. prendre, penre, prener ; cat. pendrer ; espagn. prender ; ital. prendere ; du lat. prendere ou prehendere, de pre ou præ, et un radical hendere, que l'on rapproche du grec χανδάνειν, saisir, prendre.
Historique : IXe s. Et ab Ludher nul plaid nunquam prindrai XIe s. [Ils] Drecent lur sigle [voile], laisent curre par mer, Là pristrent terre o [où] Deus les volt mener Cordres [il] a prise et les murs peceiez [mis en pièces] Dès or [il] comence le conseil que mal prist À vos Franceis un conseil en presistes Et Guene [il] ad pris par la main destre à doigts Tant cops [il] a pris [reçu] de lances et d'espiez Pernez mil Francs de France nostre terre Promis nous est, fin [nous] prendrum à itant Mout grant vengeance en prendra l'emperere Vint tresqu'à els, sis [si les] prist à chastier Li reis fait prendre le …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
v. tr.
Saisir, mettre en sa main. Prendre un livre. Prendre une épée. Prendre une pierre. Prendre une plume. Prendre un bâton. Prendre la main, le bras, l’oreille à quelqu’un. Prendre quelqu’un par la main. Prendre un cheval par la bride.
Prendre les armes, S’armer, soit pour combattre, soit. pour faire l’exercice, ou pour rendre des honneurs militaires à quelqu’un. Les soldats ont eu ordre de prendre les armes.
On ne sait par où le prendre, se dit d’un Malade dont tout le corps est douloureux; et, figurément, d’un Homme très susceptible, très irritable. On le dit encore figurément et dans un sens opposé, en parlant d’un Homme qui ne paraît sensible à rien, touché de rien.
Prendre d’une chose à pleine main, En prendre à poignée autant que la main peut en contenir.
Fig., Prendre à pleines mains, à toutes mains, de toutes mains, se dit des Gens avides qui ne laissent échapper aucune occasion de s’enrichir.
Fig., Prendre une affaire en main, S’en charger pour la diriger, pour la conduire. On dit à peu près de même dans le style soutenu : Prendre en main le timon des affaires, les rênes de l’état, etc.
Fig., Prendre en main le droit, les intérêts de quelqu’un, Soutenir ses droits, ses intérêts. Aux jeux de Paume et de Tennis, Prendre la balle de volée, à la volée, La relancer sans qu’elle ait touché terre. Prendre la balle au bond, La relancer alors qu’ayant touché terre elle rebondit.
Fig., Prendre la balle au bond, Saisir vivement et à propos une occasion favorable. On dit aussi figurément Prendre l’occasion aux cheveux.
Fig. et fam., Prendre la clef des champs, S’en aller, s’évader, s’enfuir. On dit familièrement, dans le même sens : Prendre la poudre d’escampette.
Fig. et fam., Prendre le taureau par les cornes, Aborder de front une difficulté, ne pas biaiser.
Fig. et ironiquement, Il semble qu’il n’y ait qu’à se baisser et à prendre, se dit d’une Chose qui paraît aisée et qui ne l’est point.
PRENDRE signifie aussi Saisir une chose, l’enlever, la tirer à soi autrement qu’avec la main. Prendre quelqu’un dans ses bras. Prendre quelque chose avec les dents. Prendre du feu sur une pelle. Prendre de l’encre avec une plume.
Par exagération, il n’est pas à prendre avec des pincettes, Il est extrêmement sale. Il signifie aussi figurément : Il est d’humeur très désagréable.
Fig. et fam., C’est vouloir prendre la lune avec les dents, C’est vouloir faire une chose impossible.
Fig. et fam., Prendre ses jambes à son cou, Se sauver précipitamment.
PRENDRE se dit aussi des Animaux qui saisissent les choses avec leur gueule, leur bec, leurs griffes, etc. Le perroquet prend souvent avec sa patte ce qu’il veut prendre ensuite avec son bec.
Prendre le mors aux dents. Voyez
MORS.
PRENDRE se dit en parlant des Habits, des vêtements, et signifie Mettre sur soi. Vous avez pris aujourd’hui un vêtement bien léger. Il a pris des gants fourrés. Il a pris son habit de cérémonie.
Prendre le deuil, S’habiller de noir à l’occasion de la mort de quelque personne. Prendre l’habit de religieux, de religieuse ou simplement Prendre l’habit, Entrer au noviciat, dans un monastère. Prendre le voile se dit, dans le même sens, des Religieuses.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (50)
- prendrions — conditionnel présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /pʁɑ̃dʁijɔ̃/
- prendrais — conditionnel présent 1ʳᵉ pers. singulier — /pʁɑ̃dʁɛ/
- prendriez — conditionnel présent 2ᵉ pers. pluriel — /pʁɑ̃dʁije/
- prendrais — conditionnel présent 2ᵉ pers. singulier — /pʁɑ̃dʁɛ/
- prendraient — conditionnel présent 3ᵉ pers. pluriel — /pʁɑ̃dʁɛ/
- prendrait — conditionnel présent 3ᵉ pers. singulier — /pʁɑ̃dʁɛ/
- prenons — impératif présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /pʁənɔ̃/
- prenez — impératif présent 2ᵉ pers. pluriel — /pʁəne/
- prends — impératif présent 2ᵉ pers. singulier — /pʁɑ̃/
- prendrons — indicatif futur 1ʳᵉ pers. pluriel — /pʁɑ̃dʁɔ̃/
- prendrai — indicatif futur 1ʳᵉ pers. singulier — /pʁɑ̃dʁe/
- prendrez — indicatif futur 2ᵉ pers. pluriel — /pʁɑ̃dʁe/
- prendras — indicatif futur 2ᵉ pers. singulier — /pʁɑ̃dʁa/
- prendront — indicatif futur 3ᵉ pers. pluriel — /pʁɑ̃dʁɔ̃/
- prendra — indicatif futur 3ᵉ pers. singulier — /pʁɑ̃dʁa/
- prenions — indicatif imparfait 1ʳᵉ pers. pluriel — /pʁənjɔ̃/
- prenais — indicatif imparfait 1ʳᵉ pers. singulier — /pʁənɛ/
- preniez — indicatif imparfait 2ᵉ pers. pluriel — /pʁənje/
- prenais — indicatif imparfait 2ᵉ pers. singulier — /pʁənɛ/
- prenaient — indicatif imparfait 3ᵉ pers. pluriel — /pʁənɛ/
- prenait — indicatif imparfait 3ᵉ pers. singulier — /pʁənɛ/
- prîmes — indicatif passé 1ʳᵉ pers. pluriel — /pʁimə/
- pris — indicatif passé 1ʳᵉ pers. singulier — /pʁi/
- prîtes — indicatif passé 2ᵉ pers. pluriel — /pʁitə/
- pris — indicatif passé 2ᵉ pers. singulier — /pʁi/
- prirent — indicatif passé 3ᵉ pers. pluriel — /pʁiʁə/
- prit — indicatif passé 3ᵉ pers. singulier — /pʁi/
- prenons — indicatif présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /pʁənɔ̃/
- prends — indicatif présent 1ʳᵉ pers. singulier — /pʁɑ̃/
- prenez — indicatif présent 2ᵉ pers. pluriel — /pʁəne/
- prends — indicatif présent 2ᵉ pers. singulier — /pʁɑ̃/
- prennent — indicatif présent 3ᵉ pers. pluriel — /pʁɛnə/
- prend — indicatif présent 3ᵉ pers. singulier — /pʁɑ̃/
- prendre — infinitif — /pʁɑ̃dʁə/
- pris — participe passé masculin — /pʁi/
- prises — participe passé pluriel féminin — /pʁizə/
- prise — participe passé singulier féminin — /pʁizə/
- prenant — participe présent — /pʁənɑ̃/
- prissions — subjonctif imparfait 1ʳᵉ pers. pluriel — /pʁisjɔ̃/
- prisse — subjonctif imparfait 1ʳᵉ pers. singulier — /pʁisə/
- prissiez — subjonctif imparfait 2ᵉ pers. pluriel — /pʁisje/
- prisses — subjonctif imparfait 2ᵉ pers. singulier — /pʁisə/
- prissent — subjonctif imparfait 3ᵉ pers. pluriel — /pʁisə/
- prît — subjonctif imparfait 3ᵉ pers. singulier — /pʁi/
- prenions — subjonctif présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /pʁənjɔ̃/
- prenne — subjonctif présent 1ʳᵉ pers. singulier — /pʁɛnə/
- preniez — subjonctif présent 2ᵉ pers. pluriel — /pʁənje/
- prennes — subjonctif présent 2ᵉ pers. singulier — /pʁɛnə/
- prennent — subjonctif présent 3ᵉ pers. pluriel — /pʁɛnə/
- prenne — subjonctif présent 3ᵉ pers. singulier — /pʁɛnə/
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