précaire
adjectif, /pʁɛkɛʁə/ ou /pʁekɛʁə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
adj.
Qui ne s'exerce que par permission, que par tolérance, avec dépendance. Possession précaire. Commerce précaire, s'est dit du commerce que deux nations ennemies font ensemble sous un pavillon neutre.
Par la nature du climat et du terrain, le peuple chinois a une vie précaire ; on n'y est assuré de sa vie qu'à force d'industrie et de travail — Montesquieu (1689-1755)
Tu n'avais que la liberté précaire d'un esclave à qui l'on n'a rien commandé — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Par extension, qui a peu de solidité, de force, en parlant de principes, de conjectures.
Ce n'est point une supposition précaire, mais un fait qu'on peut démontrer par une expérience très aisée à répéter — Buffon (1707-1788)
M. Bucquet employait une partie de ses cours à combattre ces préjugés [fausses applications de la chimie à la médecine], à montrer combien les principes chimiques qui leur servaient de base étaient précaires — Condorcet (1743-1794)
S. m. Terme de jurisprudence. Un précaire, un prêt obtenu par prière, et, de là, sorte de contrat de bail que des personnages puissants consentaient à de plus humbles, par exemple, en droit romain, les patrons aux clients, et, en droit français, au moyen âge, précaire ecclésiastique, bail emphytéotique des biens d'église à des laïques. Par précaire, à titre de précaire, se dit des choses dont on ne jouit que par une concession toujours révocable. Posséder par précaire, posséder non comme propriétaire, mais seulement comme emprunteur ou comme teneur à bail.
Sans vouloir examiner si on ne pourrait pas soutenir qu'en effet il [David] était roi de droit, et que Saül ne régnait que par tolérance ou, en tout cas, par précaire et comme simple usufruitier — Bossuet (1627-1704)
Étymologie : Prov. precari ; espagn. et ital. precario ; du lat. precarius, de prex, precis, prière : obtenu par prière.
Historique : XVIe s. Les Morisques aprenoient tous les jours par les pilleries espagnolles, que toute vie precaire cesse bien tost d'estre vie Chascun, pour sauver sa vie et respirer une ame precaire, se faisoit bourreau de son compagnon En ce cas telle donation ne vaut ; et ne suffiroit retention d'usufruit, constitution de precaire, ou autre ficte tradition
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj. des deux genres
Qui ne s’exerce que par une tolérance qui peut cesser, par une permission révocable. Autorité précaire. Pouvoir précaire.
En termes de Jurisprudence, Possession précaire se dit de la Simple détention d’une chose pour le compte d’autrui.
PRÉCAIRE signifie aussi Qui est incertain, instable, débile. Une santé précaire. Une situation précaire.
Il s’emploie aussi substantivement, en termes de Jurisprupence, en parlant des Choses dont on ne jouit, dont on n’a l’usage que par une concession toujours révocable au gré de celui qui l’a faite. Il ne jouit de cette terre que par précaire, qu’à titre de précaire.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- précaires — pluriel — /pʁekɛʁə/ ou /pʁɛkɛʁə/
- précaire — singulier — /pʁekɛʁə/ ou /pʁɛkɛʁə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée précaire#49814.