pouvoir
verbe · /puvwaʁ/
Usage : parmi les mots les plus fréquents du français (4092 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Être capable de, être en mesure de.
Tu peux soulever cette valise toute seule ?
« Ce pauvre garçon n'en pouvait plus d'amour pour elle »Antoine Hamilton (1646-1720)
« On ne peut rien de plus précis, pour prouver l'innocence naturelle de l'homme »Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814)
Avoir la permission, le droit de.
Les élèves peuvent sortir dès que la cloche sonne.
« Tu sais qu'un mot de moi peut donner le trépas »Casimir Delavigne (1793-1843)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0), relu en interne · méthode.
Expressions : advienne que pourra · c'est le moins que l'on puisse dire · n'en pouvoir plus · ne pas pouvoir encadrer quelqu'un · ne pas pouvoir sentir quelqu'un · ne pas pouvoir voir quelqu'un en peinture · ne pas remettre à demain ce que l'on peut faire aujourd'hui · on ne peut pas être au four et au moulin · on peut toujours rêver · pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué · vouloir, c'est pouvoir · vous pouvez disposer
Grammaire et formes (46)
- pourrions : conditionnel présent 1ʳᵉ pers. pluriel · /puʁjɔ̃/
- pourrais : conditionnel présent 1ʳᵉ pers. singulier · /puʁɛ/
- pourriez : conditionnel présent 2ᵉ pers. pluriel · /puʁje/
- pourrais : conditionnel présent 2ᵉ pers. singulier · /puʁɛ/
- pourraient : conditionnel présent 3ᵉ pers. pluriel · /puʁɛ/
- pourrait : conditionnel présent 3ᵉ pers. singulier · /puʁɛ/
- pourrons : indicatif futur 1ʳᵉ pers. pluriel · /puʁɔ̃/
- pourrai : indicatif futur 1ʳᵉ pers. singulier · /puʁe/
- pourrez : indicatif futur 2ᵉ pers. pluriel · /puʁe/
- pourras : indicatif futur 2ᵉ pers. singulier · /puʁa/
- pourront : indicatif futur 3ᵉ pers. pluriel · /puʁɔ̃/
- pourra : indicatif futur 3ᵉ pers. singulier · /puʁa/
- pouvions : indicatif imparfait 1ʳᵉ pers. pluriel · /puvjɔ̃/
- pouvais : indicatif imparfait 1ʳᵉ pers. singulier · /puvɛ/
- pouviez : indicatif imparfait 2ᵉ pers. pluriel · /puvje/
- pouvais : indicatif imparfait 2ᵉ pers. singulier · /puvɛ/
- pouvaient : indicatif imparfait 3ᵉ pers. pluriel · /puvɛ/
- pouvait : indicatif imparfait 3ᵉ pers. singulier · /puvɛ/
- pûmes : indicatif passé 1ʳᵉ pers. pluriel · /pymə/
- pus : indicatif passé 1ʳᵉ pers. singulier · /py/
- pûtes : indicatif passé 2ᵉ pers. pluriel · /pytə/
- pus : indicatif passé 2ᵉ pers. singulier · /py/
- purent : indicatif passé 3ᵉ pers. pluriel · /pyʁə/
- put : indicatif passé 3ᵉ pers. singulier · /py/
- pouvons : indicatif présent 1ʳᵉ pers. pluriel · /puvɔ̃/
- puis : indicatif présent 1ʳᵉ pers. singulier
- pouvez : indicatif présent 2ᵉ pers. pluriel · /puve/
- peux : indicatif présent 2ᵉ pers. singulier · /pø/
- peuvent : indicatif présent 3ᵉ pers. pluriel · /pœvə/
- peut : indicatif présent 3ᵉ pers. singulier · /pø/
- pouvoir : infinitif · /puvwaʁ/
- pu : participe passé · /py/
- pouvant : participe présent · /puvɑ̃/
- pussions : subjonctif imparfait 1ʳᵉ pers. pluriel · /pysjɔ̃/
- pusse : subjonctif imparfait 1ʳᵉ pers. singulier · /pysə/
- pussiez : subjonctif imparfait 2ᵉ pers. pluriel · /pysje/
- pusses : subjonctif imparfait 2ᵉ pers. singulier · /pysə/
- pussent : subjonctif imparfait 3ᵉ pers. pluriel · /pysə/
- pût : subjonctif imparfait 3ᵉ pers. singulier · /py/
- puissions : subjonctif présent 1ʳᵉ pers. pluriel · /pɥisjɔ̃/
- puissé : subjonctif présent 1ʳᵉ pers. singulier
- puisse : subjonctif présent 1ʳᵉ pers. singulier · /pɥisə/
- puissiez : subjonctif présent 2ᵉ pers. pluriel · /pɥisje/
- puissent : subjonctif présent 3ᵉ pers. pluriel · /pɥisə/
- puisse : subjonctif présent 3ᵉ pers. singulier · /pɥisə/
- puisses : subjonctif présent 3ᵉ pers. singulier · /pɥisə/
Témoignages historiques
Littré (1873), entrée 1 · 16 sens
v. n.
Avoir la faculté de, être en état de. Elliptiquement, après un verbe à l'impératif : qui peut, celui qui peut. Sauve qui peut ! se tire du péril qui pourra ! On dit par une construction analogue : le fera qui pourra, c'est-à-dire celui qui pourra le faire le fera. On ne peut être.... on ne peut faire.... il est impossible d'être.... de faire.... Au tric-trac, jan qui ne peut (voy. JAN 1). Je ne puis qu'y faire, je n'ai aucun moyen d'empêcher la chose dont il s'agit.
Chimène : Va, je ne te hais point. - Rodrigue : Tu le dois. - Chimène : Je ne puisPierre Corneille (1606-1684)
Et quand je vous demande après quel est cet homme [à qui vous venez de faire tant d'amitiés], à peine pouvez-vous dire comme il se nommeMolière (1622-1673)
Ne pouvoir pas que.... ne..., ou ne pouvoir que.... ne.... (avec le subjonctif), être dans l'impossibilité de ne pas.... Ne pouvoir que ne, avec un nom de chose pour sujet, ne pouvoir point ne pas.
Je ne puis, monseigneur, qu'au milieu de mes maux je ne m'estime fort heureuxGuez de Balzac (1597-1654)
Je ne puis, cher ami, qu'avec toi je ne rie Des subtiles raisons de sa poltronneriePierre Corneille (1606-1684)
En parlant des choses, être capable de.
Si la réputation et la vertu pouvaient dispenser de la loi commune, l'illustre Julie vivrait encoreFléchier (1632-1710)
Plus le prince [fils de Louis XIV] qu'il gouvernait avait de bonté et de docilité naturelle, plus il éloignait tout ce qui pouvait le corrompreFléchier (1632-1710)
Avoir la permission, la liberté de.
Puis-je me plaindre a vous d'un retour inégal....Pierre Corneille (1606-1684)
Cependant aujourd'hui puis-je vous demander Quels amis vous avez prêts à vous seconder ?Jean Racine (1639-1699)
Souvent il exprime le doute, la possibilité. Avec un nom de personne pour sujet. Avec un nom de chose pour sujet. Il se dit aussi impersonnellement en ce sens. Il pourra venir un temps meilleur. Il peut être midi, c'est-à-dire il est probable qu'il est midi.
Non, non, ce cher objet à qui j'ai pu déplairePierre Corneille (1606-1684)
On pouvait le prévenir, mais on ne pouvait le corrompreFléchier (1632-1710)
Se résoudre à.
Et je puis dans son sein enfoncer un poignard !Pierre Corneille (1606-1684)
Et qui peut immoler sa haine à sa patrie, Lui pourrait bien aussi sacrifier sa vieJean Racine (1639-1699)
Cette salle est grande, il y peut cent personnes, il y a place pour cent personnes.
On se sert de ce verbe d'une façon bien étrange, qui néanmoins est si ordinaire à la cour, qu'il est certain qu'elle est très française ; on dit en parlant d'une table ou d'un carrosse : il y peut huit personnes, pour dire il y a place pour huit personnes, ou il y peut tenir huit personnesVaugelas (1585-1650)
Au subjonctif, il sert à exprimer un vœu, un souhait ; alors il se met en tête de la phrase, avec son sujet après lui. Avec un nom exprimé avant le verbe, il faut ajouter après le verbe un pronom.
Puissent tous ses voisins [de Rome] ensemble conjurés Saper ses fondements encor mal assurés.... Puissé-je de mes yeux y voir tomber ce foudre....Pierre Corneille (1606-1684)
Vos yeux me reverront dans Oreste mon frère ; Puisse-t-il être, hélas ! moins funeste à sa mère !Jean Racine (1639-1699)
Le se peut se placer devant pouvoir, sans que pouvoir soit pour cela verbe réfléchi ; se appartient alors au verbe à l'infinitif qui suit : Il se peut faire, pour il peut se faire. Dans ce cas, pouvoir se conjugue comme les verbes réfléchis, c'est-à-dire avec le verbe être.
Mais ce champ ne se peut tellement moissonner, Que les derniers venus n'y trouvent à glanerLa Fontaine (1621-1695)
Partout où se pouvait étendre son pouvoir, l'oppression et l'injustice n'étaient pas libresFléchier (1632-1710)
V. a. Avoir l'autorité, le crédit, le moyen, etc. Absolument.
Sachant ce que vous pouvez.... je ne me mets plus en peine de mon intérêtGuez de Balzac (1597-1654)
Sous lui [Louis XIV], la France a appris à se connaître.. . si les Français peuvent tout, c'est que leur rot est partout leur capitaineBossuet (1627-1704)
Il se dit, en un sens analogue, des choses qui exercent une action.
Ce que n'a pu jamais combat, siége, embuscade, Ce que n'a pu jamais Aragon, ni GrenadePierre Corneille (1606-1684)
Essayez sur Cinna ce que peut la clémencePierre Corneille (1606-1684)
On ne peut rien de plus habile, de plus plaisant, etc. que..., c'est-à-dire on ne peut faire, on ne peut dire rien de plus....
On ne peut rien de plus plaisant que ce que vous ditesMme de Sévigné (1626-1696)
On ne peut rien de plus joli que toutes vos imaginationsMme de Sévigné (1626-1696)
Les mots beaucoup, peu, plus moins, construits avec pouvoir, doivent être considérés comme les régimes directs de ce verbe, qui reste actif. On ne peut plus, on ne peut mieux, c'est-à-dire il n'est pas possible de faire plus, de faire mieux.
Pouvant beaucoup sur l'esprit du roi comme vous pouvezGuez de Balzac (1597-1654)
Commençant dès lors à ne compter pour rien les miennes propres [opinions], à cause que je les voulais remettre toutes à l'examen, j'étais assuré de ne pouvoir mieux que de suivre celle des mieux sensésDescartes (1596-1650)
N'en pouvoir plus, être fatigué, abattu, sans force. N'en pouvant plus que.... avec le verbe au subjonctif, impatient de.... Il n'en peut mais, ce n'est pas sa faute (dans cette locution, mais représente le latin magis). Tel en pâtit qui n'en peut mais, c'est-à-dire on porte la peine de ce dont on n'est point cause.
Donnez, je vous prie, du pain à ceux qui sont avec moi, parce qu'ils n'en peuvent plusLemaistre de Sacy (1613-1684)
Enfin, n'en pouvant plus d'effort et de douleur, Il met bas son fagotLa Fontaine (1621-1695)
Se pouvoir, v. réfl. Être possible (mot à mot, être pu ; c'est le réfléchi de pouvoir, actif). Impersonnellement. Tout ce qui se peut, autant qu'il est possible.
Avez-vous donc espéré de faire l'impossible, que vous n'êtes pas satisfait d'avoir fait tout ce qui s'est pu ?Voiture (1597-1648)
Je ne sais pas si cela se peut ; mais je sais bien que cela estMolière (1622-1673)
L'infinitif pris substantivement.
Une action que nous faisons ... doit encore venir immédiatement de Dieu, qui étant, comme premier être, cause immédiate de tout être, comme premier agissant doit être cause de toute action ; tellement qu'il fait en nous l'agir même, comme il y fait le pouvoir agirBossuet (1627-1704)
Étymologie : Bourguig. pôvoi ; wallon, poleur ; provenç. et espagn. poder ; ital. potere ; d'une forme latine potēre, au lieu de posse, justifiée par le bas-latin poteret pour posset, potemus pour possumus, potebat pour poterat, etc. (voy. DIEZ, à potere). La forme wallone poleur se rapporte à puelent pour peuvent, qui s'est dit dans le Hainaut (voy. l'historique). La forme ancienne est pooir, le v est moderne et de prononciation.
Historique : IXe s. In quant Deus savir et podir me dunat [me donne de savoir et de pouvoir] Si io returnar non l'int pois [si je ne puis l'en détourner] Xe s. Ne ule cose non la pouret omque pleier [fléchir] E repausar se podist, Fragm. de Valenc. p 468. Que lo posciomes [que nous le puissions] XIe s. Ne poet estre altre, turnent el consirrer [à faire ce qui est dit] ; Mais la dolur ne pothent ublier Respond Rolans : j'i puis aler mult bien Si come il pout [put], du pin est avalet Souz ciel n'a [il n'y a] gent qui plus poissent en champ [de bataille] Onze millie chevaliers [ils] poent estre Il ne poet est…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 11 sens
v. intr.
Avoir la faculté, être en état de. Pouvoir marcher. Je pourrais sortir. Je ne puis vous répondre. Je ne peux pas dormir. Il n’a pu réussir dans cette affaire. Quand le pronom je doit suivre le verbe, on préfère puis à peux. Puis-je vous être utile?
Sauve qui peut, Se sauve qui pourra, se tire du péril qui pourra. Le cri de sauve qui peut se fit entendre.
Prov., Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait! Si la jeunesse avait de l’expérience et que la vieillesse eût de la force!
POUVOIR s’emploie au subjonctif présent par une manière de voeu, de souhait. Puisse le ciel vous donner de longs jours! Puissiez-vous réussir dans vos projets! Puissent vos projets réussir! Puisse-t-il arriver bientôt!
POUVOIR se dit encore pour marquer la possibilité de quelque événement, de quelque dessein. Un accident pourrait arriver. Cela se peut faire. Cela pourrait bien être. Cela se peut. Cela ne se peut pas. Il pourrait bien en mourir.
Il s’emploie impersonnellement soit seul, soit avec le pronom Se, dans cette acception. Il se peut que votre projet réussisse. Il pourra venir un temps meilleur. Il pourra, il pourrait arriver que... Il se pourrait que...
Peut-être. Voyez cette expression à son rang alphabétique.
POUVOIR s’emploie aussi transitivement et signifie Avoir l’autorité, le crédit, le moyen, la faculté, etc., de faire. Vous pouvez tout sur lui, sur son esprit. Si je puis quelque chose pour votre service, je m’y emploierai avec joie. C’est un homme qui peut beaucoup dans l’affaire dont il s’agit. Je ne puis rien en cela. Il peut tout ce qu’il veut. Je ne puis pas y aller.
On ne peut plus, on ne peut mieux, Il n’est pas possible de faire ou d’être plus, de faire ou d’être mieux. Il est on ne peut plus aimable. Il s’y conduisit on ne peut mieux.
N’en pouvoir plus, N’en plus pouvoir, être dans un accablement causé soit par la vieillesse, soit par la maladie, soit par la fatigue, le travail, la faim, la soif, ou encore par la souffrance morale, l’inquiétude, le chagrin. Je n’en puis plus. Il est fatigué à n’en pouvoir plus. Il est accablé de travail, il n’en peut plus. Je n’en puis plus de soif, de lassitude. Quand il est arrivé chez lui, il n’en pouvait plus. J’ai trop souffert, je n’en puis plus. Après tout ce qu’il a enduré, il n’en peut plus. Ce cheval n’en peut plus.
N’en pouvoir mais, Ne pouvoir plus ou N’y rien pouvoir. Je suis désolé de ce qui arrive : je n’en peux mais, je n’en puis mais.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée pouvoir#48970.