poussé · pousse

poussé

adjectif, /puse/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (13 sens)

Littré (1873)

part. passé

  1. Ôté d'une place. Un fauteuil poussé auprès du feu. Porte poussée, porte qui n'est pas tout à fait fermée.

    Laisse la porte ouverte. - Elle n'est que poussée — Dancourt (1661-1725)

  2. Il se dit des personnes que quelque force fait aller là où elles ne voulaient pas. Qu'on hâte, qu'on précipite, en parlant des choses.

    Voilà par quels malheurs poussé dans le Bosphore.... — Jean Racine (1639-1699)

    Chaque jour il [Davoust] marchait entre ces malheureux [les hommes débandés] et les cosaques, poussant les uns, et poussé par les autres — Philippe-Paul de Ségur (1780-1873)

  3. À quoi on a communiqué un mouvement. Le boulet poussé hors du canon par l'explosion de la poudre. Terme de marine. Bâtiment poussé à la côte, entraîné à la côte malgré les efforts du manoeuvrier.

  4. Étendu, prolongé.

    Le combat fut rude et opiniâtre, et poussé bien avant la nuit — Rollin (1661-1741)

    Quelques petits embranchements partant de la galerie principale et poussés dans différentes directions — CORDIER

  5. Qu'on a conduit jusqu'à un certain point. Absolument. Porté à un très haut degré.

    Quand vous croirez l'affaire assez avant poussée — Molière (1622-1673)

    La philosophie chrétienne forme des milliers d'Épictètes qui ne savent qu'ils le sont, et dont la vertu est poussée jusqu'à ignorer leur vertu même — Voltaire (1694-1778)

  6. Réduit à.

    La patience poussé à l'extrémité — Bossuet (1627-1704)

  7. Que l'on presse dans une discussion, dans un interrogatoire.

    Sa servante étant devenu grosse, et lui se voyant poussé sur ce point par la justice

  8. Cheval poussé de nourriture, cheval qui a trop mangé.

  9. Engagé, invité.

    N'irrite pas l'ardeur inconsidérée de ceux qui, poussés d'un zèle indiscret, voudraient arracher ces mauvaises herbes [l'ivraie mêlée au blé] — Bossuet (1627-1704)

    Quand mon esprit, poussé d'un courroux légitime, Vint devant la raison plaider contre la rime — Boileau (1636-1711)

  10. Qui s'est développé par la végétation (participe passé, employé comme expiré et d'autres).

    ... Pareil au champignon difforme Poussé pendant la nuit au pied d'un chêne énorme — Victor Hugo (1802-1885)

  11. Vin poussé, vin gâté par une chaleur qui le fait fermenté.

  12. Terme de peintre. Peinture poussée, peinture où l'huile, le vernis ressortent et ternissent les couleurs.

  13. En serrurerie, un ouvrage n'est que poussé quand il n'est que dégrossi à la lime sans poli. Substantivement. On dit en quincaillerie : un bon poussé ; c'est l'intermédiaire entre le poli et le poussé ordinaire.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • poussées — pluriel féminin — /puse/
  • poussés — pluriel masculin — /puse/
  • poussée — singulier féminin — /puse/
  • poussé — singulier masculin — /puse/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée poussé#48964.

pousse

nom, féminin, /pusə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) · 1873 (1 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873) — entrée 1

s. f.

  1. Petites branches que poussent les arbres au printemps et au mois d'août. De jeunes pousses. La première pousse, les jets qui viennent aux mois de mars et d'avril ; la seconde pousse, ceux qui viennent au mois d'août et en automne.

    Un jet de vigne, de la pousse d'automne — Charles Bonnet (1720-1793)

  2. Il se dit des plumes et des dents qui se forment chez les jeunes. La pousse des dents.

    Quarante jours suffisent pour la pousse des pennes — Buffon (1707-1788)

  3. Nouvelle éruption, en parlant d'une maladie éruptive.

    Une seconde pousse de petite vérole — DES ESSARTZ

  4. Maladie des chevaux, caractérisée par le soufflement, par le battement des flancs, et particulièrement par une interruption de l'inspiration, de manière qu'elle se fait en deux temps.

    Les marchands doivent garantir leurs chevaux de pousse, morve, courbature et d'être boiteux d'un vieux mal — Mme de Genlis (1746-1830)

  5. Pousse des vins, maladie qui rend les vins troubles, et qui est caractérisée par la production d'un ferment organisé.

    Si on pratique un fausset, le vin jaillit avec force et très loin ; de là l'expression vulgaire : il a la pousse — L. PASTEUR

  6. Gaz délétère qui se dégage dans les mines.

  7. Terme collectif qui désigne les agents subalternes employés à mettre à exécution les contraintes par corps, les recors, les archers, et qui est populaire et vieux.

    Comment avez-vous fait pour vous laissez prendre, vous qui passiez pour la terreur de la pousse ? — Marc-Antoine Legrand (1673-1728)

    Voici enfin cette Margot la ravaudeuse, dont le général de la pousse [le lieutenant de police]; sollicité par le corps des catins et de leurs infâmes suppôts, voulut faire un crime d'État à son auteur

Étymologie : Voy. POUSSER, pour le sens du n° 1, les arbres poussent ; pour le sens du n°4, pousser a signifié respirer péniblement (voy. l'historique) ; pour le sens du n°5, les vins poussent ; enfin pour le sens du n°7, les recors poussent ceux qu'ils conduisent en prison.

Historique : XVe s. Messire Anthoine, bastard de Bourgogne, s'en alla courre vers Gand, et trouva sur les champs une compaignie de Gantois, esquels ils se fourrerent de telle poulse, luy et ses gens ; qu'ils en occirent plus de cinquante XVIe s. Un vendeur de chevaux n'est tenu de leurs vices, fors de morve, pousse, courbes et courbatures

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 2

s. f.

  1. Terme de commerce. Poussière de certaines substances.

    Arachides en greniers, sacs ou futailles : poids net, 2 % de tolérance sont accordés au vendeur pour la pousse ou poussière et les corps étrangers.... la tolérance, accordée en général pour le déchet nommé pousse ou poussière, a pour objet de limiter la réclamation de l'acheteur contre le vendeur.... graines : de chanvre, de provenance étrangère, poids net ; tolérance de 3 % accordée au vendeur pour pousse et corps étrangers

Étymologie : Berry, pousse, poussière ; l'ancienne langue dit pourre (du lat. pulverem) au lieu de pousse, pourier au lieu de poussier, pourriere au lieu de poussière. D'où vient l's au lieu de l'r ? Diez pense que l's s'est substituée à l'r de pulverem, comme dans besicle, qui est pour bericle ; mais alors le mot serait pouse, pousier, pousière. Gachet pense que pulvis avait donné, en fait ou en puissance, un substantif puls, analogue au provençal pols, et que c'est de là que provient l's ; à quoi Diez objecte que les dérivés ne se forment pas du nominatif (puls, pols sont des nominatifs). Cela est vrai e

Historique : XIVe s. Pour avoir faict une motte de terre et de poulce, et dessus un pavillon de merrien à treilles

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Action de pousser, croissance, développement de ce qui pousse. La pousse des feuilles. La pousse des dents, des cheveux.

  2. Il se dit, par extension, des Jets, des petites branches que les arbres, les arbrisseaux poussent au printemps et au mois d’août. La première pousse, Les jets qui viennent au mois de mars et d’avril. La seconde pousse, Ceux qui viennent au mois d’août.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • pousses — pluriel — /pusə/
  • pousse — singulier — /pusə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée pousse#48951.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.