pourpoint
nom, masculin, /puʁpwɛ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. m.
Nom qu'on donnait autrefois à l'habit français qui a précédé les justeaucorps, et qui couvrait le corps depuis le cou jusqu'à la ceinture. Se mettre en pourpoint, se disposer pour se battre. Mettre un homme en pourpoint, le dépouiller de son manteau, et fig. le ruiner. Tirer un coup à brûle-pourpoint, tirer à bout portant ou de très près. Fig. Tirer sur quelqu'un à brûle-pourpoint, lui dire quelque chose à brûle-pourpoint, lui dire en face quelque chose de dur, de désobligeant. Ce qu'il vous dit là est à brûle-pourpoint, c'est-à-dire est trop dur, trop grossier pour être dit en face. Il y va à brûle-pourpoint, c'est-à-dire il agit sans ménagement, sans détours. Il y a un sot dans son pourpoint, c'est-à-dire c'est un sot. Fig. Un pourpoint de pierre, la prison.
Un bon pourpoint bien long et fermé comme il faut, Qui pour bien digérer tienne l'estomac chaud — Molière (1622-1673)
Nos pères sur ce point étaient gens bien sensés, Qui disaient qu'une femme en sait toujours assez, Quand la capacité de son esprit se hausse à connaître un pourpoint d'avec un haut-de-chausse — Molière (1622-1673)
Fig. Le moule du pourpoint, le corps. Sauver le moule du pourpoint, sauver son corps, sa personne. On dit de même : le contenu du pourpoint. Il y a laissé le moule du pourpoint, de son pourpoint, se dit d'un homme qui a été tué en quelque occasion.
Le dévouement est grand à la personne d'un maître ; c'est à la personne qu'on se dévoue, au corps, au contenu du pourpoint — Paul-Louis Courier (1772-1825)
Pourpoint de sental, cotte d'armes en taffetas, rembourrée, qui se portait sous l'armure, dans le moyen âge.
Il s'est dit d'un morceau d'un lapin, d'un lièvre.
M. de Chevreuse se hâtait de manger quelque pourpoint de lapin, quelque grillade, enfin ce qui avait le moins de suc — Saint-Simon (1675-1755)
Étymologie : Part. passé pris substantivement de l'anc. verbe pourpoindre, de pour et poindre : poindre, piquer à travers (le pourpoint étant piqué, brodé) ; bourg. porpoint, prepoint ; provenç. perpong, perpoing, perponh ; espagn. perpunte.
Historique : XIIIe s. Qui lor veïst d'une part et d'autre haubiers roller.... pourpoins et quiries et escus enarmer XIVe s. Pour la façon de certains pourpoints et joyaux qu'il fit faire pour le roy, pour son voyage de Saint-Omer, où le roy d'Angleterre devoit estre en personne XVe s. Ma peine pers comme fait maint.... Je sens où mon pourpoint m'estraint Il avoit si tres-grand haste de bien fournir son pourpoint [de manger], qu'il ne disoit mot XVIe s. Ce lourd grossissement de pourpoincts, qui nous faict touts aultres que nous ne sommes
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Partie de l’ancien habillement français qui couvrait le corps depuis le cou jusqu’au-dessous de la ceinture. Collet, manches, basques de pourpoint. Pourpoint de satin. Boutonner un pourpoint. Se mettre en pourpoint. Pourpoint tailladé.
Tirer un coup à brûle-pourpoint, Le tirer à bout portant ou de très près.
à brûle-pourpoint s’emploie aussi figurément tomme locution adverbiale. Voyez
BRÛLE-POURPOINT.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- pourpoints — pluriel — /puʁpwɛ̃/
- pourpoint — singulier — /puʁpwɛ̃/
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