s. f.
Béquille, bâton d'appui qui a la forme d'un T. Marcher avec des potences. Table en potence, longue table à l'un des bouts de laquelle une autre est placée en travers. En termes militaires, on dit qu'une partie d'une troupe est en potence, quand elle est placée en retour relativement au front général de la troupe.
Il [un mendiant] pourra se servir de deux potences, et avoir un pied attaché au derrière — Lesage (1668-1747)
Sorte de béquille isolée, nommée appuial, sur laquelle on s'appuie la poitrine pour se reposer debout quand on est malade, et dans les églises de l'Orient, où les chaises sont inconnues, quand on est à l'office.
J'ai entendu la messe dans le grand couvent de l'oasis des Lacs Natrons, ainsi appuyé sur une potence — DE LABORDE
Appareil qui sert à mesurer la taille des hommes et des animaux : c'est une large règle qui porte des divisions numériques, et sur laquelle glisse à frottement une petite pièce de bois. Avoir cinq pieds sous potence.
Gibet, instrument de supplice, ainsi dit à cause de la ressemblance de forme avec la béquille. Le supplice même. Fig. et familièrement. Gibier de potence, homme dont les actions appellent la sévérité des lois. Traîne-potence, voy. TRAÎNER. Terme de blason. Meuble de l'écu, qui indique le droit de haute justice.
Commandez qu'on dresse une potence fort élevée, qui ait cinquante coudées de haut — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
Xerxès, outré de dépit contre Léonide qui avait osé lui tenir tête, fit attacher son cadavre à une potence — Rollin (1661-1741)
Terme de manége. Le morceau de bois où pend la bague. Brider la potence, donner contre ce morceau de bois, au lieu d'emporter la bague ou de la toucher.
Pièce de bois ou de fer qui se met sous une poutre, pour soutenir un plancher, et dont le sommet forme un triangle. On distingue la potence à un ou à deux liens : la première qui se met contre le mur, l'autre qui se met au milieu de la poutre. Barre de fer tournée en volute à une de ses extrémités, servant de support à un balcon, à une poulie de puits, etc. Le fer qui sert à suspendre une enseigne devant la boutique d'un artisan. Terme d'administration. Long tuyau soutenu par une console, qui porte à un mètre environ de la maison où il est attaché le bec de gaz et la lanterne qui l'enveloppe.
Potences, les bouts des branches d'une trompette, qui sont formés en arc.
Instrument avec lequel le verrier transporte des objets trop chauds pour être maniables.
Pièce qui porte deux des pivots de l'échappement, dans les montres à roue de rencontre. Une des pièces du moulin du lapidaire.
Terme de marine. Sorte d'épontille fourchue qu'on place sous le faux pont, à l'endroit où correspond le pied du mât d'artimon, lorsque ce pied ne repose pas sur la quille. Se dit encore de divers montants, arcs-boutants, supports saillants et retenus par des cordages.
Petite enclume de chaudronnier.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).