possession
nom, féminin, /posɛsjɔ̃/ ou /pɔsesjɔ̃/
Définitions
Fait de détenir en propre un bien, un droit.
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Bien, territoire que l'on possède.
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Jouissance de fait d'un bien, indépendamment du titre de propriété.
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État d'une personne censée être dominée par une entité surnaturelle.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (11 sens) — Académie 1935 (8 sens)
Littré (1873)
s. f.
État, action par laquelle on a la propriété de.... Fig. Possession de famille, possession qui vient par hérédité. Fig. Prendre possession, prise de possession, se dit de l'acte par lequel un État, un souverain s'assure la possession d'un territoire.
Dans sa possession [de l'empire] j'ai trouvé pour tous charmes D'effroyables soucis, d'éternelles alarmes — Pierre Corneille (1606-1684)
L'usage seulement fait la possession — La Fontaine (1621-1695)
Terme de jurisprudence. Action ou droit de posséder à titre de propriétaire. Envoi en possession, acte judiciaire par lequel les ayants droit sont mis en possession de biens ou de titres qui leur sont dévolus. Possession de fait, action de détenir une chose sans avoir l'intention de se l'approprier : un dépositaire, un commodataire, un fermier, ont une possession de fait. Possession d'état, notoriété qui résulte d'une suite non interrompue d'actes faits par la même personne en une même qualité.
La possession est la détention ou la jouissance d'une chose ou d'un droit que nous tenons ou que nous exerçons par nous-mêmes ou par un autre qui la tient ou qui l'exerce en notre nom
En fait de meubles la possession vaut titre
Il se dit, par extension, des charges, des dignités dont on est revêtu, des biens moraux ou autres qu'on possède. Être en possession de l'estime publique, la posséder pleinement. Être en possession du théâtre, n'avoir point de rival dans la composition des pièces dramatiques. Prendre possession, entrer en charge.
Elle [l'histoire] ne dit point ce que devin : Rodogune après la mort de Démétrius, qui vraisemblablement l'amenait en Syrie prendre possession de sa couronne — Pierre Corneille (1606-1684)
Nous disions avec joie que le ciel l'avait arrachée, comme par miracle, des mains des ennemis du roi son père, pour la donner à la France ; don précieux, inestimable présent, si seulement la possession en avait été plus durable — Bossuet (1627-1704)
Fig. Être en possession de, avec un nom de personne pour sujet, avoir le droit, la coutume de. Être en possession de, avec un nom de chose pour sujet, produire habituellement tel ou tel effet.
Il établit une nouvelle troupe de comédiens à Paris, malgré le mérite de celle qui était en possession de s'y voir l'unique — Pierre Corneille (1606-1684)
Le comte de Grammont, qui est en possession de dire toutes choses sans qu'on ose s'en fâcher — Mme de Sévigné (1626-1696)
En termes de grammaire, la qualité des adjectifs ou pronoms possessifs.
Le sujet à qui convient la possession, si par accident ce n'est pas une personne, est cependant regardé toujours comme une personne — Abbé d'Olivet (1682-1768)
Fig. Empire qu'on a sur les affections de quelqu'un.
Quelle possession vous avez prise de mon cœur ! — Mme de Sévigné (1626-1696)
L'esprit de Jésus-Christ a pris possession de leur cœur — Massillon (1663-1742)
Il se dit de la jouissance de la vue de Dieu.
Dieu, dit saint Augustin, ne nous a point promis d'autre héritage que la possession de lui-même — Bourdaloue (1632-1704)
La chose même qu'on possède. Au plur. Terres possédées par un État, par un particulier.
Venez voir vous-mêmes cette terre délicieuse que le Seigneur vous propose et qui doit être votre possession éternelle — Massillon (1663-1742)
Les Anglais avaient attaqué les possessions de la France en Amérique et en Asie — Voltaire (1694-1778)
Jouissance de certaines choses qu'on a recherchées avec ardeur. La possession diminue ordinairement le prix des choses qu'on a le plus désirées.
Il se dit d'une femme que l'on obtient en mariage. Jouissance des faveurs d'une femme. Une possession s'est dit quelquefois d'une pièce de vers pour célébrer la possession d'une femme.
Et [l'honneur] te fait renoncer, malgré ta passion, à l'espoir le plus doux de ma possession — Pierre Corneille (1606-1684)
Le roi était alors dans la première ardeur de la possession de la Vallière — Mme DE LA FAYETTE
Terme de liturgie. État d'une personne qui est actuellement sous le pouvoir du diable, et dans le corps de laquelle il habite réellement.
Toutes les maladies lui sont des possessions ; et, où il ne faut que des médecins, elle emploie les exorcistes — Guez de Balzac (1597-1654)
Étymologie : Provenç. possessio ; espagn. posesion ; ital. possessione ; du lat. possessionem, de possessum, supin de possidere, posséder.
Historique : XIIe s. Persones e prelaz.... Qui tenissent del rei terre e possessiun XIIIe s. Et leur possessions livra Dieux à feu ; par feu deserta leur porprises toutes XIVe s. Dire que une chose soit très bonne quant à la possession ou quant à l'usage XVe s. Le duc de Bretaigne et le duc nouveau de Normandie, lesquelz allerent à Rouen prendre leur possession XVIe s. Avant la possession prinse [d'une femme] Possession centenaire et immémoriale vaut titre Le viager [l'usufruit] conserve la possession du proprietaire Qu'ilz entreroient incontinent en possession et exercice de leurs offices Les peintres son…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Jouissance, faculté actuelle de disposer ou de jouir d’un bien. Possession légitime. Possession injuste. Possession paisible. être en paisible possession. Possession immémoriale et non interrompue. Possession annale. Possession d’an et jour. Possession triennale. Possession bien fondée. Possession de fait. être en possession. Entrer en possession. Se mettre en possession. Se faire remettre en possession. Prendre possession d’un héritage. On lui conteste la possession. Cette lettre est en sa possession. Alléguer la possession. Prise de possession. être troublé, être inquiété dans la possession d’un bien. Il s’est mis en possession des meubles et de toute l’argenterie. En fait de meubles, possession vaut titre.
Envoi en possession, Acte judiciaire par lequel les ayants droit sont mis en possession de ce qui leur est dévolu.
En termes de Jurisprudence, Possession d’état, Possession établie par une notoriété qui résulte d’une suite non interrompue d’actes faits par la même personne en une même qualité. Cette femme a pour elle la possession d’état.
POSSESSION se dit aussi des Terres possédées par un état ou par un particulier. Les possessions de la France dans les Antilles. Il a de grandes possessions dans telle province, dans tel département.
Il se dit aussi, absolument et dans un sens particulier, de la Jouissance de certains plaisirs, de certaines choses qu’on a recherchées avec ardeur. La possession diminue ordinairement le prix des choses qu’on a le plus désirées. La possession n’a fait qu’augmenter son amour.
être en possession de faire quelque chose, En avoir la liberté, en avoir l’habitude, les moyens. Il est en possession de leur dire les vérités les plus dures. Il est en possession de plaire dans cette société.
être en possession de l’estime publique, La posséder, en jouir.
POSSESSION, en termes de Théologie canonique, désigne l’état d’un homme qu’on dit possédé par le démon. La possession diffère de l’obsession en ce que, dans la possession, le démon est censé agir au-dedans, et que, dans l’obsession, il est censé agir au-dehors.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- possessions — pluriel — /pɔsesjɔ̃/ ou /posɛsjɔ̃/
- possession — singulier — /pɔsesjɔ̃/ ou /posɛsjɔ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée possession#48701.