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porte

Sur cette page : porte · porté

porte

nom, féminin · /pɔʁtə/

Usage : très fréquent (476 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Ouverture aménagée dans un mur ou une clôture pour permettre d'entrer et de sortir.

    « Chacun peut le traiter [un auteur dramatique] de fat et d'ignorant, C'est un droit qu'à la porte on achète en entrant »Boileau (1636-1711)

    « L'un est un bon marchand à grand'porte cochère, Où l'étoffe par aune est d'un écu plus chère »Boursault (1638-1701)

  2. Panneau mobile monté sur gonds ou glissières servant à fermer l'accès d'un lieu, d'un meuble ou d'un véhicule.

    Ferme la porte du frigo, s'il te plaît.

    « Il avait accoutumé de dire qu'un novice, entrant dans le monastère, devait laisser son corps à la porte »Bossuet (1627-1704)

  3. Point d'accès ou moyen d'entrée vers une région, un milieu ou une possibilité.

    Cette formation lui ouvre les portes du journalisme.

    « Tandis que l'Église de Jésus-Christ subsistera (or elle subsistera toujours, puisque les portes de l'enfer ne prévaudront jamais contre elle) »Bourdaloue (1632-1704)

    « Ma sœur avait touché aux portes de la mort »Chateaubriand (1768-1848)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : aimable comme une porte de prison · balayer devant sa porte · chacun voit midi à sa porte · claquer la porte · écouter aux portes · enfoncer une porte ouverte · ficher à la porte · flanquer à la porte · frapper à la bonne porte · frapper à toutes les portes · interdire sa porte à quelqu'un · la porte étroite · mettre à la porte · porte de sortie · trouver porte close · une journée portes ouvertes

Grammaire et formes (2)
  • portes : pluriel · /pɔʁtə/
  • porte : singulier · /pɔʁtə/

Témoignages historiques

Littré (1873), entrée 1 · 24 sens

s. f.

  1. Ouverture pratiquée dans les murs d'une ville, pour y entrer et en sortir (ce qui est le sens propre du latin porta). Ouvrir ses portes, capituler. Dans le sens contraire. Fermer ses portes, se décider à soutenir une attaque, un siége. Fermer les portes d'une ville, empêcher d'y entrer. L'ennemi est aux portes, l'ennemi est tout près de la ville. Fig. Porte de secours, porte d'une citadelle donnant sur la campagne et par laquelle on peut introduire du secours.

    Thèbes le pouvait disputer aux plus belles villes de l'univers ; ses cent portes chantées par Homère sont connues de tout le mondeBossuet (1627-1704)

    Il ne faut qu'ouvrir l'Écriture, pour trouver partout que la puissance publique paraissait aux portes des villes, où se tenaient les conseils et se prononçaient les jugementsBossuet (1627-1704)

  2. Ouverture faite pour entrer dans un lieu fermé et pour en sortir. La baie, le seuil d'une porte. Percer une porte dans un mur. Mettre quelqu'un à la porte, le chasser de chez soi. Mettre un domestique à la porte, le congédier avec mécontentement. Familièrement. Prendre, gagner la porte, se retirer, s'échapper. Prenez-moi la porte, et bien vite, sortez d'ici au plus tôt. On dit dans le même sens : passez la porte, passez-moi la porte, enfilez-moi la porte bien vite. Être à la porte, être mis dehors. À la porte, en entrant. Familièrement. Être logé à la porte de quelqu'un, avoir une habitation voisine de la sienne. Fig. On dit dans un sens analogue : il a une maison à la porte, aux portes de la ville, il a une maison qui est fort près de la ville. Être à la porte, attendre la sortie de quelqu'un. Être porte à porte, se dit de personnes qui logent dans des maisons contiguës. Dans le langage familier, être porte à porte de quelqu'un. Dans les couvents, faire la porte, remplir les fonctions de portier. Donner la porte à quelqu'un, le faire passer devant soi par honneur. Fig. Rentrer par une autre porte, avoir recours à un autre moyen. Fig. Par la porte et par les fenêtres, de toutes parts. Fig. Si on le chasse par la porte, il rentre par la fenêtre, se dit d'un importun dont on ne peut se défaire.

    Entrez dans cette porte et laissez-vous conduireMolière (1622-1673)

    L'un est un bon marchand à grand'porte cochère, Où l'étoffe par aune est d'un écu plus chèreBoursault (1638-1701)

  3. Il se dit, par extension, des endroits de Paris où étaient anciennement les portes de l'enceinte. Porte se dit, à Paris, de quelques monuments en forme d'arcs de triomphe. La porte Saint-Martin.

    Du faubourg Saint-Jacques à la porte de Richelieu, de la porte de Richelieu ici, d'où je dois aller encore à la Place-RoyaleMolière (1622-1673)

    Là est le dessin de la porte Saint-Denis, dont la plupart des Parisiens ne connaissent pas plus les beautés, que le nom de François Blondel, qui acheva ce monumentVoltaire (1694-1778)

  4. Assemblage de bois et quelquefois de métal qui sert à fermer l'entrée d'une maison, d'une ville, d'une chambre, etc. Les vantaux, les battants d'une porte. Frapper à la porte, y donner des coups avec le marteau pour se la faire ouvrir. Fig. Fig. Heurter, frapper à toutes les portes, s'adresser à toutes sortes de personnes, chercher toutes sortes de moyens pour réussir. Dans un sens analogue : il a heurté à la bonne porte, il s'est adressé à qui il fallait. Fig. Heurter à la porte, faire quelque demande. Fig. Mettre la clef sous la porte, quitter furtivement sa maison. Fermer à quelqu'un la porte au nez, sur le nez, fermer une porte avec vivacité pour empêcher quelqu'un d'entrer. Pousser la porte au nez de quelqu'un, même sens. On dit dans le même sens : faire de la porte un masque sur le nez. Écouter aux portes, être aux aguets pour surprendre les secrets de quelqu'un. On dit de même : c'est un écouteur aux portes. Cela vous apprendra à écouter aux portes, se dit à quelqu'un dont l'indiscrète curiosité a été punie. Il a écouté aux portes, se dit de quelqu'un qui paraît avoir deviné un secret ; ou, dans un sens ironique, de celui qui répète mal quelque chose entendu ou compris à moitié. Fig. Enfoncer une porte ouverte, faire un effort pour surmonter un obstacle qui n'existe pas. On dit de même : c'est un enfonceur de portes ouvertes. Il est entré, il est sorti par la belle porte, par une bonne porte, par une mauvaise porte, il a obtenu, il a quitté son emploi honorablement ou d'une manière peu honorable. Fig. et en un sens analogue, porte se dit des différentes issues, des différents partis que l'on prend. Porte vitrée, porte partagée par des croisillons de petit bois, dont les vides sont remplis par des carreaux de verre. Porte de glace, porte vitrée avec des morceaux à glace étamée, au lieu de verre transparent. Porte coupée, porte à deux ou à quatre vantaux coupés à hauteur d'appui. Porte brisée, porte dont une moitié se brise et se replie sur l'autre, dans le sens de la hauteur. Porte-croisée, fenêtre sans appui qui ouvre sur un balcon, sur une terrasse. Porte battante, châssis ordinairement couvert d'étoffe, qu'on met devant les portes des chambres, et qui retombe et se ferme de lui-même. Porte perdue, porte à laquelle on a donné le même arasement et la même décoration qu'au lambris où elle est pratiquée. Porte feinte, imitation de porte qui sert à faire symétrie avec une ou plusieurs portes véritables. Fausse porte, synonyme de porte feinte. Fausse porte, se dit aussi d'une porte dissimulée par laquelle on peut se dérober. Fausse porte, se dit encore, dans une maison, d'une petite porte par laquelle on ne passe pas ordinairement. Fausse porte, dans une place de guerre, porte destinée pour faire des sorties, ou pour recevoir du secours en cas de siége. Porte flamande, porte composée de deux jambages avec un couronnement et une fermeture de grilles de fer. Porte de derrière, porte ouverte sur les derrières d'un bâtiment. Fig. Porte de derrière, faux-fuyant, défaite, échappatoire. Il a toujours quelque porte de derrière, se dit d'un homme peu loyal qui trouve moyen d'échapper à ses engagements, à ses promesses.

    T'attendre aux yeux d'autrui, quand tu dors, c'est erreur : Couche-toi le dernier, et vois fermer ta porteLa Fontaine (1621-1695)

    Songez-vous que je tiens les portes du palais ; Que je puis vous l'ouvrir ou fermer pour jamais ?Jean Racine (1639-1699)

  5. Dans l'ancienne cour, gardes de la porte, gardes qui veillaient dans l'intérieur du palais. Capitaine de la porte, capitaine de ces gardes.

    Les solitaires de Martaigne ne logèrent que le père de la Chaise, confesseur du roi, et son frère capitaine de la porteSaint-Simon (1675-1755)

  6. Fig. Il se prend au sens de demeure, logis. Se présenter à la porte de quelqu'un, se présenter à sa demeure pour lui rendre visite. On dit de même : être à la porte de quelqu'un. Passer à la porte de quelqu'un, même sens. Se faire écrire à la porte de quelqu'un, se faire écrire sur la liste du portier, afin que la personne qu'on va voir sache qu'on est venu. Trouver porte close, ne trouver personne, ou n'être pas reçu dans la maison où l'on va. La porte de cette maison est ouverte à tous les honnêtes gens, c'est-à-dire tous les honnêtes gens sont bien reçus dans cette maison. Refuser la porte à quelqu'un, ne pas le laisser entrer en quelque endroit. Faire refuser la porte à quelqu'un, ne pas vouloir recevoir sa visite. Fermer sa porte à quelqu'un, ne plus le recevoir. Absolument. Fermer sa porte, ne plus recevoir de visites. Ouvrir, rouvrir sa porte, commencer, recommencer à recevoir. Faire défendre sa porte, défendre de laisser entrer personne chez soi. On dit dans le même sens : sa porte était défendue. Forcer la porte de quelqu'un, entrer chez lui bien que sa porte soit défendue. Toutes les portes lui sont ouvertes, toutes les portes tombent devant lui, se dit d'un homme à qui ses places, son crédit, sa considération rendent toutes les entrées faciles. Se morfondre la porte de quelqu'un, essayer de pénétrer chez lui sans pouvoir y réussir.

    Jamais homme de sa profession [d'Ormesson, dans l'affaire Fouquet] n'a eu une plus belle occasion de se faire paraître, et ne s'en est mieux servi ; s'il avait voulu ouvrir sa porte aux louanges, sa maison n'aurait pas désempliMme de Sévigné (1626-1696)

    Veux-tu voir tous les grands à ta porte courir....Boileau (1636-1711)

  7. Les portes du temple de Janus, à Rome, que l'on ouvrait quand on déclarait la guerre, et qu'on fermait quand on faisait la paix. Poétiquement. Fermer les portes du temple de Janus, fermer les portes de la guerre, faire la paix.

    Deux portes qu'on nomma les portes de la guerre, Se rouvrant, se fermant, font le sort de la terre ; Janus en est le garde, et Mars le souverainJacques Delille (1738-1813)

    Les portes de Janus par vos mains sont ferméesPierre Corneille (1606-1684)

  8. Chez les anciens monarques de l'Asie, la porte du roi, le palais du roi. Aujourd'hui, la Porte, la Porte ottomane, la Sublime Porte (avec une majuscule), la cour de l'empereur des Turcs.

    Les jeunes seigneurs [chez les anciens Perses] étaient élevés à la porte du roi, avec ses enfantsBossuet (1627-1704)

    Une légère attention de la part d'une femme qui envoyait des pelisses et quelques bagues, comme il est d'usage dans toutes les cours ou plutôt dans toutes les portes orientalesVoltaire (1694-1778)

  9. Fig. Les portes de la mort, état où la vie est près d'abandonner un homme. Être aux portes de la mort, être à l'extrémité. On dit de même : les portes du tombeau. Les portes de l'éternité, la mort. Malherbe a dit aux portes de la peur, comme on dit aux portes de la mort, c'est-à-dire à l'approche d'une grande peur.

    Et pour le rappeler des portes du trépasPierre Corneille (1606-1684)

    Ma sœur avait touché aux portes de la mortChateaubriand (1768-1848)

  10. Les portes de la Jérusalem céleste, les portes éternelles, la porte de la maison du Seigneur, l'entrée du paradis. La porte des cieux, même sens. Par opposition. Les portes de l'enfer, les puissances de l'enfer.

    Il [le Seigneur] vient enfin de vous ouvrir la voie des saints et les portes éternellesMassillon (1663-1742)

    C'est un droit qui nous ouvre la porte de la maison du SeigneurMassillon (1663-1742)

  11. Terme de mythologie. Porte de corne, celle par laquelle sortaient les songes véridiques. Porte d'ivoire, celle par laquelle passaient les songes menteurs.

  12. Une ouverture quelconque.

    Et [dans un coucher de soleil] vers l'occident seul, une porte éclatante Laissait voir la lumière à flots d'or ondoyerLamartine (1790-1869)

  13. Ce qui permet d'entrer dans un pays. Cette place est la porte de tel pays. Fermer la porte, les portes d'un pays à une nation, ne pas lui permettre d'y entrer. Les Japonais avaient fermé la porte de leur pays à tous les Européens, sauf les Hollandais.

  14. Fig. Ce qui sert de passage aux impressions intellectuelles ou morales.

    Que pour sortir d'un cœur elles [les vérités] trouvent de portes !Pierre Corneille (1606-1684)

    Je ne parle que des vérités de notre portée ; et c'est d'elles que je dis que l'esprit et le cœur sont comme les portes par où elles sont reçues dans l'âmePascal (1623-1662)

  15. Entrée, introduction. La géométrie est la porte des sciences mathématiques. Accès, moyen d'arriver. La porte des honneurs, des grandeurs, des emplois. Les portes secrètes, les moyens cachés de réussir. Ouvrir la porte, donner accès. Fermer la porte à, exclure, refuser, couper court à. Fig. Une porte fermée, une incapacité à comprendre, à sentir. Laisser une porte, ne pas empêcher complétement.

    Placide : De mon rang [de gouverneur] en tous lieux je soutiendrai l'honneur. - Marcelle : Considérez donc mieux quelle main vous y porte ; L'hymen seul de Flavie en est pour vous la portePierre Corneille (1606-1684)

    Maître de lui ouvrir ou fermer à son gré la porte des grandes magistraturesJean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  16. Ce qui ferme certains meubles, certaines constructions. Les portes d'une armoire. La porte d'un four. Porte d'écluse, grande clôture de bois qui arrête l'eau dans les écluses. Bateau-porte, bateau que l'on coule à fond à la porte d'un bassin pour le fermer. Porte marinière, synonyme de passelis.

    Les portes marinières [sur la Sarthe], ménagées dans les massifs des barrages, n'offrent que 4m, 30 à 5m, 20 de passage, comme celles de la Mayenne, et, comme ces dernières, elles sont fermées au moyen d'aiguilles et de petites vannes ou appareils super posésE. GRANGEZ

    Ces portes, réservées dans les barrages, pour la descente ou la remonte des bateaux, se composaient, comme on le voit encore sur plusieurs points, et même, au rapport des voyageurs, sur les canaux de la Chine, d'une voie de 6 à 7 mètres de largeur, fermée par plusieurs poutrelles mobiles placées les unes au-dessus des autres, et suivie d'un plan plus ou moins incliné, bordé latéralement par des estacades en charpente, et servant à racheter la différence de niveau des deux biefs contigusDUTENS

  17. Porte d'agrafe, petit fil de cuivre étamé, plié en forme de cercle d'un côté, les deux bouts formant deux petits cercles serrés l'un à côté de l'autre ; le bout arrondi sert à retenir l'agrafe, et les deux petits cercles à fixer la porte sur l'étoffe.

  18. Au plur. Pas, gorge, défilé.

    Plusieurs de ces gorges [du Caucase], les seules sans doute qui fussent praticables, étaient fermées par des portes connues sous le nom de portes Caspiennes, de portes d'Albanie, et, en général, de portes du CaucaseJean Sylvain Bailly (1736-1793)

  19. Terme d'anatomie. Portes du lait, nom donné aux ouvertures par lesquelles, chez la vache, les veines mammaires, s'étendant de la partie antérieure des mamelles jusqu'à la région antérieure et latérale du ventre, pénètrent dans les parois profondes et inférieures de la poitrine ; elles sont faciles à explorer.

  20. Les portes du Sadder, les chapitres de ce livre.

    Le Sadder est divisé en cent articles, que les Orientaux appelaient portes ou puissancesVoltaire (1694-1778)

Étymologie : Bourguig. pote ; provenç. et ital. porta, espagn. puerta ; du lat. porta, que les Latins, Tite Live entre autres, tirent de portare, parce que, en traçant l'enceinte des villes avec une charrue, on soulevait, portait la charrue à l'endroit où l'on voulait ménager des portes ; mais portare eût donné portata, et non porta. Porta est bien un participe passif d'un verbe simple perdu, poro, pero, traverser (grec, πόρος, περάω ; sanscrit, par, traverser).

Historique : XIe s. De pareïs [paradis] li seit la porte uverte XIIIe s. Li empereres Marchufle.... vint à une porte que on apele porte oirée [dorée] Et il les assistrent [assiégèrent] à mout poi de gent devant deus portes À celle journée que nous entrames en nos nez [navires], fist l'en [on] ouvrir la porte de la nef Aumona au lit de la mort messires Gaucher li Granz dix livres chascun an à la porte [lieu dans les couvents où l'on faisait l'aumône] d'Igni, por doner cotes as mesiax [lépreux] de la terre XIVe s. Comme Guillaume de Breul, advocat en notre dit parlement, lequel est prisonnier à Paris dedens …

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 57 sens

n. f.

  1. Ouverture faite pour entrer dans un lieu fermé ou pour en sortir. Porte carrée, ronde, bâtarde, cochère, charretière. Porte de devant, de derrière. Porte secrète. Porte dérobée. Cette porte est trop basse. Le seuil d’une porte. La baie d’une porte. Il était sur le pas de sa porte. Les portes d’une ville, d’une forteresse. Porte de dégagement. Toutes les portes de cet appartement sont en enfilade. Percer une porte dans un mur. Murer une porte. Passer, entrer par la porte.

  2. Fig., Cette place est la porte de telle région, Elle commande l’entrée de cette région.

  3. L’ennemi est à nos portes, Il est tout près de notre pays.

  4. Fig., être aux portes de la mort, être à l’extrémité. On dit de même être aux portes du tombeau.

  5. Fig., Les portes de l’éternité, La mort. Dans le style de l’écriture, Les portes de l’enfer, Les puissances de l’enfer. Les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre l’église.

  6. PORTE se dit, par extension, des Endroits d’une ville où étaient anciennement les portes de l’enceinte extérieure. La porte Saint-Denis. La porte Saint-Martin. La porte Saint-Antoine. La porte Saint-Jacques.

  7. Il se dit aussi d’un Assemblage de bois ou de métal, qui est mobile et qui sert à fermer l’entrée d’une maison, d’une chambre, d’un enclos, d’une ville, etc. Porte de bois, de fer, de bronze. Porte pleine. Porte à claire-voie. Porte à deux battants, à deux vantaux. Ouvrir, fermer une porte. Entrouvrir une porte. Porte entrouverte, entrebâillée. Pousser une porte. Tirer la porte après soi. Fermer la porte au verrou, à clef. La porte n’est fermée qu’au pêne, qu’au loquet. Fermer une porte en dedans. Se mettre derrière une porte. Les gonds d’une porte. La ferrure d’une porte. Les pentures d’une porte. Le marteau d’une porte. Heurter, frapper à la porte. Enfoncer une porte. Faire sauter une porte. Enfermer quelqu’un entre deux portes.

  8. Porte vitrée, Porte qui est partagée dans toute sa hauteur ou seulement à moitié par des croisillons de bois ou de fer, dont les vides sont remplis par des carreaux de verre ou des glaces.

  9. Porte coupée, Porte à deux ou à quatre vantaux coupés à hauteur d’appui.

  10. Porte brisée, Porte dont une moitié se brise et se replie sur l’autre, dans le sens de la hauteur.

  11. Porte-fenêtre. Voyez ce mot à son ordre alphabétique.

  12. Porte battante, Châssis couvert d’étoffe, qui se referme de lui-même devant la porte d’une pièce, pour y conserver la chaleur et pour amortir le bruit.

  13. Fausse porte, Porte simulée qui sert à faire symétrie avec une ou plusieurs portes véritables.

  14. Porte perdue, Porte à laquelle on a donné le même arasement et la même décoration qu’au lambris où elle est pratiquée, afin de ne pas déranger la symétrie de l’appartement.

  15. Porte de secours, Porte de citadelle donnant sur la campagne et par laquelle on peut introduire du secours. Dans le langage courant, il se dit des Portes destinées à faciliter la sortie en cas d’incendie ou de tout autre accident.

  16. Fig., Porte de derrière, Faux-fuyant, défaite, échappatoire. Ne vous fiez pas à cet homme, il a toujours une porte de derrière. On dit aussi en ce sens Porte de sortie.

  17. Fig., Se ménager une porte de sortie, S’assurer d’un moyen de sortir d’une affaire au cas où elle tournerait mal, de se dégager d’une promesse qu’on aurait difficulté ou scrupule à tenir.

  18. Les bagatelles de la porte, La parade qui se fait à la porte des spectacles forains pour engager le public à entrer. Il se dit figurément des Menus préliminaires. S’amuser aux bagatelles de la porte, S’attarder à des choses accessoires.

  19. Fam., Aimable comme une porte de prison se dit d’une Personne très désagréable.

  20. Refuser la porte à quelqu’un, Ne vouloir pas le laisser entrer en quelque endroit. Il se présenta pour entrer et on lui refusa la porte.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée porte#48630.

porté

adjectif · /pɔʁte/

Usage : rare (0.07 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Qui a de l'inclination, de la disposition à faire quelque chose : il est porté à l'indulgence.

    Il est porté à croire tout ce qu'on lui raconte.

    Synonymes : enclin, disposé.

    « Il n'est que fier et indépendant, plus porté d'ailleurs à s'apprécier au-dessous qu'au-dessus de ce qu'il vaut »D'Alembert (1717-1783)

    « Ce doucet est un chat Qui.... Contre toute ta parenté D'un mauvais vouloir est porté »La Fontaine (1621-1695)

  2. Qui a déjà été utilisé, en parlant d'un vêtement : des vêtements portés vendus d'occasion.

    J'ai trouvé un manteau porté mais en parfait état dans la boutique de seconde main.

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Grammaire et formes (4)
  • portées : pluriel féminin · /pɔʁte/
  • portés : pluriel masculin · /pɔʁte/
  • portée : singulier féminin · /pɔʁte/
  • porté : singulier masculin · /pɔʁte/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 8 sens

part. passé

  1. Soutenu comme un faix, une charge.

    Trois fois le jeune vainqueur s'efforça de rompre ces intrépides combattants [les Espagnols à Rocroy] ; trois fois il fut repoussé par le valeureux comte de Fontaines qu'on voyait porté dans sa chaise....Bossuet (1627-1704)

    Elle a trouvé Pyrrhus porté par des soldats, Que son sang excitait à venger son trépasJean Racine (1639-1699)

  2. Transporté d'un lieu à un autre. Des tableaux portés dans un musée. Fig. Tout porté, se dit de quelqu'un qui n'a pas à se déplacer pour faire quelque chose. Tout porté, se dit aussi des choses qui sont sous la main.

    La guerre portée par Charles VIII et par Louis XII en ItalieVoltaire (1694-1778)

    Je vous conseille de demeurer à Paris jusqu'à ce que vous soyez las d'y être, puisque vous y êtes tout portéMme de Maintenon (1635-1719)

  3. Porté à terre, jeté par terre, en parlant des personnes. En vénerie, porté par terre, se dit d'un cerf que les chiens ont forcé et fait tomber. Fig.

    Quand Périclès avait été porté par terre dans la lutte, il persuadait aux assistants qu'il n'était point tombé et les contraignait de croire moins à leurs yeux qu'à leurs oreillesPELLISS.

  4. Terme de peinture. Ombre portée, ombre qu'un corps projette sur une surface.

  5. Excité, animé, poussé. Être porté, avoir de l'inclination, de la disposition à. Être plus porté pour une personne que pour une autre, avoir plus de disposition, plus de goût pour une personne que pour une autre.

    Trois saints également jaloux de leur salut, Portés d'un même esprit, tendaient à même butLa Fontaine (1621-1695)

    Ce doucet est un chat Qui.... Contre toute ta parenté D'un mauvais vouloir est portéLa Fontaine (1621-1695)

  6. Déclaré, exprimé.

    Les parents qu'on avait gagnés se plaignirent, qu'étant demeurée maîtresse de ses biens avant l'âge porté par les lois, elle [Olympias] les dissipait en présents et en aumônes indiscrètesFléchier (1632-1710)

    Le jeune César acquitta, des deniers qui provinrent de ces ventes, une partie des legs portés par le testamentVertot (1655-1735)

  7. Rendu, promulgué, en parlant de loi, de décret.

    Les lois portées en 1680, 1713 et 1741 pour extirper ce reste de barbarie [l'esclavage des indigènes au Brésil]Raynal (1713-1796)

  8. S. m. Effet que produit, dans la mise, dans le costume, tel ou tel objet de toilette. Écharpe d'un joli porté. Autant vaut traîné que porté, se dit des choses désagréables entre lesquelles il n'y a pas à choisir.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée porté#48669.

porte

adjectif · /pɔʁtə/

Grammaire et formes (2)
  • portes : pluriel · /pɔʁtə/
  • porte : singulier · /pɔʁtə/

Témoignages historiques

Littré (1873), entrée 2 · 1 sens

adj.

  1. Terme d'anatomie. Éminences portes, nom de deux saillies de la face inférieure du foie qui bornent, l'une en devant, l'autre en arrière, le sillon transversal. Veine porte grosse veine qui reçoit le sang de l'estomac, de la rate, du pancréas et des intestins, et qui se distribue dans le foie. Sillon de la veine porte, ou sillon transversal, sinuosité profonde qui loge le sinus de la veine porte. Appareil porte, vaisseaux portes ou de petite circulation, nom donné à toutes les parties de l'appareil circulatoire dans lesquelles le sang marche des capillaires d'un organe vers les capillaires d'un autre organe. Il y en a un d'annexé à chacun des appareils de la vie de nutrition, et non pas seulement un pour l'appareil digestif.

Étymologie : Porte 1, à cause qu'on a comparé les deux éminences du foie à une porte.

Historique : XVIe s. La veine porte est seule et unique, située à la partie cave du foye, duquel elle sort (ou plus tost de l'umbilicale), et au milieu de tous les intestins

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée porte#48631.

porté

nom, masculin · /pɔʁte/

Grammaire et formes (2)
  • portés : pluriel · /pɔʁte/
  • porté : singulier · /pɔʁte/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée porté#48668.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.