ponton
nom, masculin, /pɔ̃tɔ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. m.
Pont flottant composé de deux bateaux joints par des poutres et recouverts de planches. Particulièrement, bateaux de cuivre qu'on porte dans des espèces de chariots, et qui servent aux armées à jeter des ponts sur les rivières.
Les Suédois, selon l'usage de la guerre, préparèrent des pontons pour passer — Voltaire (1694-1778)
Terme de marine. Bâtiment à fond plat, d'une construction solide, ayant la forme d'un parallélogramme rectangle long une ou deux fois autant qu'il est large ; il sert dans les ports au transport des lourds fardeaux, de l'artillerie, des agrès, etc. On donne aussi le nom de pontons à de vieux bâtiments de guerre rasés jusqu'au premier pont, et aussi à de vieux bâtiments de guerre non rasés qui servent de prison. Se dit des vaisseaux rasés où les Anglais renfermaient les prisonniers français pendant les guerres de l'Empire. Plusieurs des pontons employés dans les ports n'ont aucun mât, d'où vient l'expression : être rasé comme un ponton, usitée en parlant d'un navire entièrement démâté par le canon ou par la tempête.
Étymologie : Lat. pontonem, bac, bateau. On trouve, dans l'ancienne langue, ponton, mais comme dérivé de pont.
Historique : XIVe s. Ti anemi [tes ennemis] delà, qui vers toi sont felon, Ont Wistace rescous, par decha le ponton XVIe s. Les Portugais ne laissans pas pour les coups de canon d'aler fraper à terre avec des bateaux plats, desquels le ponton estoit troussé en pavezade et s'abaissoit en abordant Pontons pour nestoyer ports et pour faire rampars en mer
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Pont flottant, machine composée de deux ou de plusieurs bateaux joints par des poutres et couverts de madriers, dont on se sert pour faire passer une rivière, un ruisseau à des troupes. Il faut des pontons pour faire passer l’artillerie sur cette rivière.
En termes de Marine, il désigne un Grand bateau plat et ponté, employé pour divers usages dans les ports.
Il désigne aussi une Sorte de cale flottante qui sert de station pour les bateaux qui transportent des voyageurs.
Il s’est dit encore de Vieux vaisseaux rasés, où l’on enfermait des prisonniers. Pendant les guerres du Premier Empire, beaucoup de prisonniers français furent enfermés sur des pontons en Espagne.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- pontons — pluriel — /pɔ̃tɔ̃/
- ponton — singulier — /pɔ̃tɔ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée ponton#48556.