politique

politique

adjectif, /politikə/ ou /pɔlitikə/

Définitions

  1. Qui concerne l'organisation et l'exercice du pouvoir dans une société, un État.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  2. Qui relève des opinions, des choix relatifs à la gestion des affaires publiques.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  3. Habile, avisé dans la conduite de ses relations avec autrui.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (8 sens) — Académie 1935 (8 sens)

Littré (1873) — entrée 1

adj.

  1. Qui a rapport aux affaires publiques. Droit politique, les lois qui règlent les formes du gouvernement. Droits politiques, droits en vertu desquels un citoyen participe au gouvernement. Domicile politique, voy. DOMICILE. Économie politique, voy. ÉCONOMIE. Arithmétique politique, voy. ARITHMÉTIQUE.

    Il est certain, et les peuples s'en convaincront de plus en plus, que le monde politique, aussi bien que le physique, se règle par poids, nombre et mesure — Fontenelle (1657-1757)

    Qu'on ne dise donc plus que nos législateurs, Pour nous donner un frein devenus imposteurs, Nous ont transmis d'un Dieu la fable politique — Cardinal de Bernis (1715-1794)

  2. Qui résulte de l'opinion sur les affaires publiques. Parti politique. Haines politiques. Qui s'occupe des affaires publiques, qui y prend part, en parlant des hommes.

    Les premiers comiques latins hasardèrent la satire personnelle, mais jamais la satire politique — Marmontel (1723-1799)

    J'aime à fronder les préjugés gothiques Et les cordons de toutes les couleurs ; Mais, étrangère aux excès politiques, Ma liberté n'a qu'un chapeau de fleurs — Béranger (1780-1857)

  3. Par extension, qui a rapport à la conduite des affaires privées.

    Dites-moi un petit mot de mes affaires ; êtes-vous toujours dans le même raisonnement politique qui vous fit préférer le receveur au fermier ? — Mme de Sévigné (1626-1696)

  4. Fig. Qui est fin et adroit, prudent et réservé. Il se dit aussi des choses.

    Les dominicains sont trop puissants, me dit-il, et la société des jésuites est trop politique pour les choquer ouvertement — Pascal (1623-1662)

    Il est politique, mystérieux sur les affaires du temps — La Bruyère (1645-1696)

  5. Vers politique, vers usité chez les Grecs de l'époque byzantine et de l'époque moderne, et qui se mesure non par la quantité, mais par le nombre des syllabes.

  6. S. m. Celui qui s'applique à la connaissance des affaires publiques, du gouvernement des États.

    Peut-être qu'après tout ces croyances publiques Ne sont qu'inventions de sages politiques — Pierre Corneille (1606-1684)

    Un roi qui s'y résout est mauvais politique — Pierre Corneille (1606-1684)

  7. Membre d'un parti formé pendant la ligue par des personnes qui, écartant la question religieuse, ne demandaient, disaient-elles, que des réformes politiques. S'est dit aussi d'un parti qui était guidé par ces mêmes principes, pendant les troubles d'Angleterre.

  8. Celui qui a une conduite adroite, prudente, rusée.

    Ces fins politiques [les jésuites] se gardèrent bien de réclamer.... — Saint-Simon (1675-1755)

Étymologie : Lat. politicus, du grec πολιτιϰὸς, qui vient de πόλις, ville, cité ; sanscrit, pur, s. f. pura, s. n. purî, s. f. ville, rapportés à la racine prī, emplir, qui est dans puru et dans πολὺ, beaucoup. Πόλις, ville, voudrait donc dire la foule, la multitude.

Historique : XIVe s. Une fortitude appellée politique ou civille XVe s. Les princes, les seigneurs et capitaines, qui ont les citez et les grans peuples en gouvernement, ont charge politique XVIe s. Ceux qui estoient plus politiques preschoient à haute voix qu'il n'y avoit rien plus dangereux en une republique que la nouveauté de religion Il n'est pas qu'en nos derniers troubles le party catholique ne fut encore subdivisé en politique (que l'on estimoit de pire condition que le huguenot, parce qu'il plaidoit pour la paix) et le ligueur

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

adj. des deux genres

  1. Qui a rapport aux affaires publiques, au gouvernement d’un état, ou aux relations mutuelles des divers états. Maxime politique. Discours politique. Ouvrage politique. Réflexions politiques. Délit politique. Les événements, les affaires, les nouvelles politiques. Les partis politiques. Cet événement aura une répercussion politique qu’on n’avait pas prévue. Un journal politique et littéraire.

  2. Droit politique, Les lois qui règlent les formes du gouvernement, qui déterminent les rapports entre l’autorité et les citoyens ou les sujets.

  3. Droits politiques, Droits en vertu desquels un citoyen participe au gouvernement. Exercer ses droits politiques. être déchu, privé de ses droits politiques. Le droit de concourir à l’élection des députés est un droit politique.

  4. Domicile politique, Celui où l’on exerce ses droits politiques.

  5. économie politique, Science qui traite de la formation, de la distribution et de la consommation des richesses dans les états. Traité d’économie politique.

  6. Homme politique, Homme qui s’occupe de politique, des affaires publiques.

  7. POLITIQUE se dit encore d’un Homme fin et adroit, qui s’accommode à l’humeur des personnes qu’il a intérêt de ménager; d’un homme prudent et réservé, qui s’observe dans ses paroles et dans ses actions. Il est trop politique pour se brouiller avec un homme en laveur. Il est politique dans tout ce qu’il dit et dans tout ce qu’il fait. Il ne nous dira pas ce qu’il pense sur cette affaire; il est trop politique. En ce sens, il se prend souvent avec une nuance de blâme.

  8. Il se dit aussi adjectivement, dans le même sens, en parlant des Choses. Sa conduite entre les deux partis a été très politique. Il a des ménagements politiques pour les gens qui en méritent le moins.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • politiques — pluriel — /pɔlitikə/ ou /politikə/
  • politique — singulier — /pɔlitikə/ ou /politikə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée politique#48308.

politique

nom, /politikə/ ou /pɔlitikə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens)

Littré (1873) — entrée 2

s. f.

  1. La science du gouvernement des États. Fig. Traité de politique. La Politique d'Aristote.

    S'ils [Platon et Aristote] ont écrit de politique, c'était comme pour régler un hôpital de fous — Pascal (1623-1662)

    Il ne fallait qu'ouvrir l'entrée des affaires d'État à un génie si perçant, pour l'introduire bien avant dans les secrets de la politique — Bossuet (1627-1704)

  2. L'art de gouverner un État, et de diriger ses relations avec les autres États. Système particulier qu'adopte un gouvernement, direction donnée aux affaires de l'État. Principes politiques. La politique de tel journal. Par politique, par des motifs politiques.

    Et si jamais je règne, on verra la pratique D'une si salutaire et noble politique — Pierre Corneille (1606-1684)

    Il ne faut ni art ni science pour exercer la tyrannie ; et la politique qui ne consiste qu'à répandre le sang est fort bornée et de nul raffinement — La Bruyère (1645-1696)

  3. Se dit des affaires publiques, des événements politiques. Rien de nouveau en politique. Politique intérieure. Politique extérieure. Parler politique, causer sur les affaires politiques.

    Le sage revient aisément à soi ; et il y a dans la politique comme dans la religion une espèce de pénitence plus glorieuse que l'innocence même, qui répare avantageusement un peu de fragilité par des vertus extraordinaires et par une ferveur continuelle — Fléchier (1632-1710)

  4. Par extension, règles de conduite particulière de chacun dans sa famille, dans ses affaires.

    Vous me décidez entièrement en faveur de Boucart [un fermier] : je vois que la politique m'engage à suivre dans cette occasion les conseils de celui que j'ai mis à la tête de mes affaires — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Je regrette de ne vous avoir pas assez vue, et d'avoir eu de cruelles politiques qui m'ont ôté quelquefois ce bonheur — Mme de Sévigné (1626-1696)

  5. Fig. La manière adroite dont on se sert pour arriver à ses fins.

    La clémence des princes n'est souvent qu'une politique pour gagner l'affection des peuples — La Rochefoucauld (1613-1680)

    Sachez que leur objet [des jésuites] n'est pas de corrompre les mœurs ; ce n'est pas leur dessein ; mais ils n'ont pas aussi pour unique but celui de les réformer ; ce serait une mauvaise politique — Pascal (1623-1662)

Étymologie : Politique 1 ; grec, ἡ πολιτιϰὴ, sous-entendu τέχνη, l'art politique.

Historique : XIIIe s. Politique, ce est à dire le governement des citez, qui est la plus noble et haute science et li plus nobles offices qui soit en terre, selonc ce que politique comprent generaument toutes les ars qui besoignent à la communité des homes XIVe s. Et encore est il plus convenable à celui qui veult savoir politiques que il ait connaissance de l'ame

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (2)
  • politiques — pluriel — /pɔlitikə/ ou /politikə/
  • politique — singulier — /pɔlitikə/ ou /politikə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée politique#48307.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.