poignard

poignard

nom, masculin, /pwaɲaʁ/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Arme d'estoc dont la lame est courte, aiguë et tranchante. Mettre le poignard au sein de quelqu'un, l'exposer à être assassiné. Chevaliers du poignard, nom que le parti populaire donna à des royalistes qui se réunirent aux Tuileries, avec des armes cachées, le 28 février 1791. S'est dit aussi d'une société contre-révolutionnaire qui se forma dans le Midi de la France, après le 9 thermidor. Fig. Mettre, tenir à quelqu'un le poignard sur la gorge, vouloir le contraindre à faire quelque chose. Poignard d'abordage, arme qui fait partie de l'armement des marins.

    Et je veux pour signal que cette même main Lui donne, au lieu d'encens, d'un poignard dans le sein — Pierre Corneille (1606-1684)

    Je puis dire, sans exagération, que, sans même excepter les conseillers, il n'y avait pas vingt hommes dans le palais qui ne fussent armés de poignards — Cardinal de Retz (1613-1679)

  2. Fig. Tout ce qui peut blesser, offenser d'une manière vive, profonde. Avoir le poignard dans le cœur ou dans le sein, avoir une vive douleur. Tourner le poignard dans la plaie, s'appesantir sur ce qui offense, blesse ou afflige cruellement.

    Je ne suis point en bonne humeur ; je viens d'avoir une conversation sérieuse avec le bien bon sur les malheurs du temps [les difficultés d'argent], et vous savez comme ce chapitre met le poignard dans le cœur — CH. DE SÉV.

    Voilà jouer d'adresse, et médire avec art, Et c'est avec respect enfoncer le poignard — Boileau (1636-1711)

  3. Couteau-poignard couteau dont la lame est aiguë et tranchante des deux côtés.

  4. Terme de pêche. Nom vulgaire des brochets moyens.

  5. Pièce en pointe mise à un vêtement mal fait, pour l'élargir.

    Les ouvriers qui, chez tous les tailleurs, sont chargés de faire des poignards ou des retouches s'appellent des pompiers, et leur travail est dit à la pompe

Étymologie : Poing : ce qui se porte au poing ; Berry, pougnard. Comparez l'ital. pugnale, poignard. Dans le XVe siècle, on trouve poingal, poingnal, poignant.

Historique : XVIe s. Il n'y avoit nul d'eux si hardi qui osast ouvrir la bouche de composition aux gouverneurs qui avoient la main au pognard à tout propos qu'ils sentoient cela

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Arme à lame courte et pointue. Donner un coup de poignard. Se battre à l’épée et au poignard. Le poignard a pénétré profondément.

  2. Fig., C’est un coup de poignard, se dit de la Surprise et de la douleur que cause un événement extrêmement fâcheux. Cette nouvelle fut pour lui un coup de poignard. Il se dit aussi, en général, de Tout ce qui peut blesser ou offenser vivement quelqu’un.

  3. Fig., Avoir le poignard dans le coeur, dans le sein, éprouver une douleur, un déplaisir extrême de quelque chose. On dit dans un sens analogue Mettre, plonger, enfoncer à quelqu’un le poignard dans le coeur.

  4. Fig., Retourner à quelqu’un le poignard dans le coeur, lui retourner le poignard dans la plaie, S’appesantir sur ce qui le blesse ou qui l’afflige vivement.

  5. Fig., Mettre, tenir à quelqu’un le poignard sur la gorge, Vouloir le contraindre à faire quelque chose.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • poignards — pluriel — /pwaɲaʁ/
  • poignard — singulier — /pwaɲaʁ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée poignard#48138.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.