poêlé · poêle · poële · poèle

poêlé

adjectif

Grammaire et formes (4)
  • poêlées — pluriel féminin
  • poêlés — pluriel masculin
  • poêlée — singulier féminin
  • poêlé — singulier masculin

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée poêlé#110965.

poêle

nom, /pwalə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) · 1873 (2 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873) — entrée 3

s. f.

  1. Ustensile de cuisine dont on se sert pour frire, pour fricasser. Fig. Être dans la poêle, être dans l'embarras. Fig. Tomber de la poêle en la braise, ou dans le feu, tomber d'un mal en un pire. Il n'y en a point de plus empêché que celui qui tient la queue de la poêle (voy. QUEUE). Fig. Qui pourrait s'empêcher de rire ? Lebrun d'un vol audacieux Se précipite dans les cieux, Et tombe dans la poêle à frire, DOMERGUE, Epigr. contre Lebrun qui avait épousé sa cuisinière.

    Autrefois carpillon fretin Eut beau prêcher, il eut beau dire, On le mit dans la poêle à frire — La Fontaine (1621-1695)

    J'en ris tout autant que vous, quoique je sois dans la poêle — D'Alembert (1717-1783)

  2. Poêle à confitures, poêle de cuivre sans queue, avec deux anses ; plus souvent appelée bassine.

  3. Chaudière dans laquelle les chandeliers font fondre leur suif. Grand bassin de cuivre sur lequel les ciriers travaillent leurs ouvrages à la cuiller. Vase de fonte qu'emploient les chaudronniers pour faire fondre l'étain.

  4. Terme de marbrier. Vase de fonte avec deux anses et trois pieds, dans lequel on allume du charbon pour faire chauffer les petites parties de marbre, les goujons avant de les graisser, et les pinces des polisseurs.

  5. Nom donné dans nos salines de l'Est à une vaste chaudière servant à l'évaporation du liquide avant qu'on le mette dans les cristallisoirs. Poêle de graduation, poêle de préparation.

  6. Terme de pêche. Partie du fond d'un étang, plus profonde que le reste, et située vis-à-vis de la bonde, où tout le poisson se rend, à mesure que l'on vide l'étang pour le pêcher.

  7. Terme de gravure. Ustensile qui sert à chauffer la planche que l'on encre.

Étymologie : Wallon, paill ; picard, payelle, poyelle ; provenç. padela, padena ; catal. paella ; ital. padella ; du lat. patella, diminutif de patena, patène.

Historique : XIIIe s. Paeles que l'on aporte du lendit, si doit chascune obole, et de pos autresinc XIVe s. La dame moult bien entendi.... Ses cuers [son cœur] li bat et li flayelle, Et frit con tourtyalz en payelle XVe s. Qui tient la poisle par la queue, il la tourne par où il luy plaist Son corps feut mis par pieces, et bouilli en une paille, tellement que la chair se separa des os Abusé m'a et fait entendre Toujours d'un que il fust un autre, De vieil machefer que fust peauthre, Du ciel une paesle d'airain

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 2

s. m.

  1. Grand fourneau de terre ou de métal, souvent embelli de figures, qui sert dans les pays septentrionaux à échauffer une chambre, et dont l'usage a passé en France. Fig. Poêle de construction, poêle construit à demeure avec des carreaux de faïence ou de terre non vernissée sur la place qu'il doit occuper. Terre à poêle, sorte de terre employée dans la construction des poêles. Poêle à la Désarnaud, sorte de poêle en fonte de peu de profondeur que l'on place dans une cheminée. Poêle suédois, gros poêle que l'on construit ordinairement de toute la hauteur de la pièce.

    Et malgré les volets le soleil irrité Formait un poêle ardent au milieu de l'été — Boileau (1636-1711)

  2. Nom donné en Allemagne et en Hollande à la chambre où est le poêle.

    N'ayant, par bonheur, aucuns soins ni passions qui me troublassent, je demeurais tout le jour enfermé seul dans un poêle, où j'avais tout le loisir de m'entretenir de mes pensées — Descartes (1596-1650)

Étymologie : Bas-lat. pisalis, piselis, piselum, pysalis, qui est synonyme du bas-lat. genecium, gynæceum, lieu où les femmes de service travaillaient aux ouvrages de laine. Comme ces lieux étaient chauffés, on prit l'habitude de donner au nom de ces ouvroirs le sens de chambre chauffée. Jusque-là tout est clair ; mais d'où vient piselis ? Du Cange le tire de pensile, venant de pensum, tâche, à cause de la tâche que faisaient les ouvrières des gynécées ou poêles. En effet le bas-latin a pensilis, dérivé de pensum ; pensiles ancillæ, des servantes chargées de faire une tâche dans les gynécées ou ouvroirs. D

Historique : XVIe s. Un Allemand me feit plaisir, à Auguste [Augsbourg], de combattre l'incommodité de nos fouyers par ce mesme argument de quoy nous nous servons ordinairement à condamner leurs poesles Les comtes meinent M. de Vieilleville en une aultre grande salle, qu'ils nommoient poisle, avec sa suicte [il s'agit d'une salle à manger à Vienne, à la cour]

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Drap mortuaire, grande pièce d’étoffe noire ou blanche dont on couvre le cercueil pendant les cérémonies funèbres. Tenir les cordons du poêle.

  2. Il se dit aussi du Voile qu’on tenait autrefois sur la tête des mariés, durant la bénédiction nuptiale, suivant un usage qui s’est conservé dans certaines contrées. Deux parents du marié et de la mariée tenaient les deux bouts du poêle. Faire passer sous le poêle.

  3. Il se dit encore du Dais sous lequel on porte le Saint Sacrement dans les processions.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • poêles — pluriel — /pwalə/
  • poêle — singulier — /pwalə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée poêle#48986.

poële

nom

Grammaire et formes (2)
  • poëles — pluriel
  • poële — singulier

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée poële#172168.

poèle

nom, masculin

Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens)

Littré (1873) — entrée 1

s. m.

  1. Voile qu'on tient sur la tête des mariés pendant la bénédiction nuptiale. Mettre un enfant sous le poêle, se dit en parlant d'un enfant né avant le mariage qu'on a reconnu et légitimé, et sur lequel on étend le poêle à la cérémonie du mariage.

    Il [le cardinal de Fleury] fut aumônier du roi, et en cette qualité il tint le poêle au mariage de feu M. le duc d'Orléans en 1692 — Dortous de Mairan (1678-1771)

  2. Drap dont on couvre le cercueil pendant les cérémonies funèbres, et dont quelquefois, par honneur, les coins sont tenus, pendant la marche du convoi, par certaines personnes.

    M. Newton était honoré de son vivant, et l'a été après sa mort comme il devait l'être : les principaux de la nation se sont disputé l'honneur de porter le poêle à son convoi — Voltaire (1694-1778)

  3. Dais sous lequel on porte le saint sacrement.

  4. Dais qu'on présentait aux rois, aux princes et aux gouverneurs des provinces, quand ils faisaient leur entrée dans une ville.

Étymologie : Picard, poisle, manteau ; provenç. palli, pali ; espagn. palio ; ital. pallio. Diez, contestant que poîle ou poile puisse venir du latin pallium, qui n'a pu donner que paile, le tire du bas-lat. petalum, ornement ou feuille métallique dorée sur la tête du pape (qui vient du grec πέταλον, quelque chose d'étendu). Mais, si l'on suit la série des orthographes palie, paile, poele, poile, paesle, sans qu'il y ait interruption du sens, on verra que paile est devenu poile au XVIe siècle, comme je fois pour je fais, je vois pour je vais, etc.

Historique : XIe s. Sur palies blancs siedent cil chevalier XIIe s. Li cuens Hues se dresse, s'est un paile vestu Bele Erembors à la fenestre, au jor, Sur ses genouz tient paile de coulor XIIIe s. Voire s'il en y avoit plusors enfans nés avant qu'il espousast, et le [la] mere et li enfant à l'espouser estoient mis desoz le paile de sainte Eglise, si devenroient il loiel oir XVIe s. Ils lui presenterent à l'entrée de la ville un poele, [ce] qu'il trouva fort mauvais, comme n'estant du qu'au souverain Enfans nés avant le mariage, mis sous le poile sont legitimés Un grand voile en forme de paesle Diogenes cei…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée POÈLE#sens1.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.