pluralité

pluralité

nom, féminin, /plyʁalite/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Le plus grand nombre. La pluralité des hommes.

    L'extrême esprit est accusé de folie, comme l'extrême défaut ; rien que la médiocrité n'est bon ; c'est la pluralité qui a établi cela, et qui mord quiconque s'en échappe — Pascal (1623-1662)

    Pourquoi suit-on la pluralité ? est-ce à cause qu'ils ont plus de raison ? non, mais plus de force — Pascal (1623-1662)

  2. La pluralité des voix, ou, simplement, pluralité, le plus grand nombre des voix ou suffrages. Pluralité absolue, celle qui se forme de plus de la moitié des votes. Pluralité relative, celle qui l'emporte sur chacune des autres fractions de suffrage. Aujourd'hui, on dit presque exclusivement majorité, qui est l'anglais majority, provenu lui-même du français majorité, et détourné, dans cette langue, de son sens propre à celui de pluralité ; nous avons donc eu tort d'abandonner notre mot ancien et excellent.

    La pluralité des voix n'est pas une preuve qui vaille rien pour les vérités un peu malaisées à découvrir, à cause qu'il est bien plus vraisemblable qu'un homme seul les ait rencontrées que tout un peuple — Descartes (1596-1650)

    Les voix se recueillent, la pluralité l'emporte, la supérieure est élue.... — Bourdaloue (1632-1704)

  3. Multiplicité. Pluralité des bénéfices, possession de plusieurs bénéfices.

    Métrodore se persuadait tellement la pluralité des mondes, qu'il ne trouvait pas moins d'absurdité à vouloir que toute une campagne ne fût faite que pour produire un seul épi de blé, qu'à soutenir l'unité de ce monde dans l'étendue infinie d'un si grand univers — LAMOTHE LE VAYER

    La pluralité des femmes, autrefois permise ou tolérée, mais pour un temps et pour des raisons particulières, fut ôtée à jamais [par le christianisme] — Bossuet (1627-1704)

  4. Terme de grammaire. S'emploie quelquefois comme synonyme de pluriel. Donner à un mot le signe de la pluralité.

Étymologie : Prov. pluralitat ; espagn. pluralidad ; ital. pluralità ; du lat. pluralitatem, de pluralis (voy. PLURIEL).

Historique : XIVe s. Pluralité de princez [principatus, souveraineté] n'est pas bonne XVIe s. Sur l'heure mesme fut arresté à la pluralité des voix qu'ils seroient executez à mort [Là où l'on gagne sa vie] la pluralité et compaignie des enfants, c'est un adgencement de mesnage

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Grand nombre, multiplicité. Le système de la pluralité des mondes.

  2. Pluralité des bénéfices, Possession de plusieurs bénéfices par une même personne. La pluralité des bénéfices à charge d’âmes est condamnée par les canons.

  3. PLURALITÉ signifie aussi Plus grande quantité, plus grand nombre. La pluralité des suffrages. Décider quelque chose à la pluralité des voix.

  4. Il signifie, absolument, Le plus grand nombre de voix, de suffrages. Avoir la pluralité. La pluralité est douteuse.

  5. Pluralité absolue, Celle qui se forme de plus de la moitié de la totalité des suffrages. Pluralité relative, Celle qui ne se forme que de la supériorité du nombre des voix qu’obtient un concurrent relativement aux autres concurrents. Dans ces deux sens on dit plutôt aujourd’hui Majorité.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • pluralités — pluriel — /plyʁalite/
  • pluralité — singulier — /plyʁalite/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée pluralité#48015.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.