pleur

pleur

nom, masculin, /plœʁ/

Usage : fréquent (11 occurrences par million — Lexique 3.83).

Définitions

  1. Liquide salé sécrété par les glandes lacrymales et coulant des yeux sous l'effet d'une émotion forte, d'une douleur ou d'une grande joie.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — ébauche — en attente de relecture · méthode.

  2. Manifestation de chagrin ou d'affliction exprimée par des larmes et des gémissements.

    « Pour me tirer des pleurs il faut que vous pleuriez » — Boileau (1636-1711)

    « Que d'échafauds dressés me paieront mes douleurs ! Il faut une victime à chacun de mes pleurs » — Gabriel-Marie Legouvé (1764-1812)

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (6 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Au singulier. Écoulement de larmes, le sens propre du latin plorare étant verser abondamment des larmes. Il est peu usité au singulier en ce sens ; ou bien on le dit en plaisantant : jeter un pleur.

    Le pleur m'en vient aux yeux — JODELLE

    Princes et rois et la tourbe menue Jetaient maint pleur, poussaient maint et maint cri — La Fontaine (1621-1695)

  2. Au plur. Larmes. Des pleurs de joie, des pleurs que la joie fait couler. Fig. Essuyer les pleurs de quelqu'un, le consoler. Fig. Essuyer ses pleurs, sécher ses pleurs, se consoler. Par exagération et pour exprimer une profonde affliction. Être baigné, trempé de pleurs, être en pleurs, être tout en pleurs, être noyé de pleurs, noyé dans les pleurs.

    Quoi ! vous causez sa perte, et n'avez point de pleurs ? — Pierre Corneille (1606-1684)

    Savante en l'art des pleurs, comme en l'art de mentir — La Fontaine (1621-1695)

  3. Pleurs pris au sens distributif, par opposition au sens collectif. Domergue condamne cet emploi de pleurs, disant que pleurs a un sens collectif.

    Britannicus est seul ....Et n'a pour tous plaisirs, seigneur, que quelques pleurs Qui lui font quelquefois oublier ses malheurs — Jean Racine (1639-1699)

    Voilà les premiers pleurs qui coulent de mes yeux — Voltaire (1694-1778)

  4. Au singulier. Plaintes, gémissements, lamentations. En ce sens, pleur est usité au singulier, mais seulement dans le style le plus élevé. Il se dit aussi au pluriel en ce sens.

    Dans ces gouffres [de l'enfer], des feux dévorants, des grincements de dents, un pleur éternel, un feu qui ne s'éteint pas, un ver qui ne meurt pas — Bossuet (1627-1704)

    Là commencera ce pleur éternel, là ce grincement de dents qui n'aura jamais de fin — Bossuet (1627-1704)

  5. Les pleurs de la vigne, la séve qui s'échappe des jeunes bourgeons.

    Les pleurs de vigne sont une extravasation très abondante de la séve — Charles Bonnet (1720-1793)

  6. Poétiquement. Les pleurs de l'aurore, la rosée.

  7. Pleurs de terre, les eaux de pluie qui coulent, qui filtrent entre les terres ; on dit aujourd'hui eaux de filtration

Étymologie : Voy. PLEURER ; prov. plor ; espagn. lloro ; port. choro ; ancien ital. ploro. L'ancienne langue avait aussi ploreis pour signifier l'action de beaucoup de gens qui pleurent.

Historique : XIIe s. Ses festes tornerent en plor Mis en iert [sera] li royaumes en larmes et en plors En veilles e en plur e en mult jeüner, Que l'amur al haut rei peüssiez conquester XIIIe s. [je crois Que lor larmes, lor plor, lor criz, Ou David ment et ses escriz, Seront en joie converti XIVe s. Helas ! on ne voit pas quel pleur en son cuer porte Fourques li très vaillant, qui son oncle conforte Et pour ce se leva moult grant plour et moult grant cri par toute la cité Pleurs ne sont mie deffendus à celluy qui est triste ou entre les tristes XVe s. Vestemens de pleurs et de dueil S'à nopces vont bailli …

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. écoulement de larmes. Il est peu usité au singulier et ne s’emploie plus guère que par plaisanterie. Verser un pleur.

  2. Au pluriel, il signifie Larmes. Verser des pleurs. Répandre des pleurs. Avoir le visage tout mouillé, tout trempé de pleurs. Les yeux baignés de pleurs. Des pleurs involontaires s’échappèrent de ses yeux, tombèrent de ses yeux. Il m’arracha des pleurs. Je sentais couler mes pleurs.

  3. Fig., Essuyer ses pleurs, Se consoler. Essuyer les pleurs de quelqu’un, Consoler son affliction.

  4. Par exagération, être tout en pleurs, être noyé de pleurs, fondre en pleurs, Pleurer abondamment.

  5. Fig., Les pleurs de la vigne, La sève qui s’échappe des bourgeons.

  6. Poétiquement, Les pleurs de l’aurore, La rosée.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • pleurs — pluriel — /plœʁ/
  • pleur — singulier — /plœʁ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée pleur#47882.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.