plainte
nom, féminin, /plɛ̃tə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
s. f.
Paroles et cris par lesquels on exhale sa peine.
De quelque désespoir qu'une âme soit atteinte, La douleur est toujours moins forte que la plainte — La Fontaine (1621-1695)
Pour moi, je comprends qu'il y a quelque sorte de plaisir dans la plainte, plus grand qu'on ne pense — Mme de Sévigné (1626-1696)
Plainte amoureuse, les doléances de l'amour. ou même de la simple amitié.
Chantez, petits oiseaux ; nul danger, nulle crainte N'interrompe jamais votre amoureuse plainte — SEGRAIS
L'éloignement de cette favorite [Mme de Jalez auprès de la duchesse de Lesdiguières] a surpris tout le monde ; on laisse entendre qu'elle était jalouse, difficile, curieuse, épilogueuse, faisant des plaintes amoureuses et des reproches dont les cœurs secs sont embarrassés — Mme de Sévigné (1626-1696)
Ce qu'on dit, ce qu'on écrit pour témoigner son mécontentement, son regret. Faire ses plaintes à quelqu'un, lui exposer les griefs qu'on a.
C'est l'unique sujet qu'il m'a donné de plainte — Pierre Corneille (1606-1684)
Je n'entends résonner que des plaintes frivoles — La Fontaine (1621-1695)
Ancien terme de littérature. Pièce de poésie sur la mort d'une personne vivement regrettée, ou sur un accident quelconque, sorte d'élégie.
Exposé d'un grief en justice. Porter plainte. Rendre plainte en justice.
M. le Prince [Condé] fit sa plainte, et demanda qu'il fût informé de l'assassinat qu'on avait voulu commettre contre sa personne — Cardinal de Retz (1613-1679)
Non sans faire un notable dommage Dont je formai ma plainte au juge du village — Jean Racine (1639-1699)
Étymologie : Plaint. À côté de plainte, l'ancienne langue avait plaint, masculin ; provenç. planch ; catal. plant ; espagn. planto ; portug. pranto ; ital. pianto ; du lat. planctus.
Historique : XIe s. E ne face hom pleinte al rei.... XIIIe s. Grains et marriz, [il] fist tant par sa maistrise [adresse], Que à sa dame en un destour A fait sa plainte et sa clamour Maistres Pierres de Chapes et Quenes de Bethune.... alerent aux cinc nés [navires], et proierent à plaintes et à pleurs à ceus qui dedens estoient, que.... Or peüst oïr la crie e la plante e le plorer mult grant de celz qe estoient cheü à la terre ennavrés à mort XVIe s. Si me vient dire en plaincte bien dolente.... Il n'en est aucun [plaisir] exempt de quelque meslange de mal.... nostre extreme volupté a quelque air de gemiss…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Gémissement, lamentation. Les plaintes d’un malade, d’un homme qui souffre. La plainte le soulage. La douleur ne lui arracha pas une seule plainte. Le ciel a entendu ses plaintes.
Il signifie aussi Ce qu’on dit, ce qu’on écrit pour faire connaître le sujet qu’on a de se plaindre de quelqu’un. Il fait de grandes plaintes de vous, contre vous. Il s’est répandu en plaintes à ce sujet. Il m’a adressé les plaintes les plus graves contre vous. Ses plaintes son bien fondées, sont mal fondées, sont exagérées. On n’a pas écouté ses plaintes. On a fermé l’oreille à ses plaintes. On a étouffé ses plaintes. Je ne lui ai donné aucun sujet de plainte.
Il désigne aussi l’Exposé qu’on fait en justice du sujet qu’on a de se plaindre. Porter plainte. Le magistrat a reçu sa plainte. On lui a donné acte de sa plainte.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- plaintes — pluriel — /plɛ̃tə/
- plainte — singulier — /plɛ̃tə/
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