plain
adjectif, /plɛ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (8 sens)
Littré (1873) — entrée 1
adj.
Qui est sans inégalités, uni. Velours plain, satin plain, linge plain ; on dit plutôt aujourd'hui : velours, satin, linge uni. Terme de fauconnerie. Cet oiseau va de plain, il plane en l'air.
Si le pays est bossu ou plain, couvert de bois ou découvert — Vauban (1633-1707)
Des cascades dans des lieux plains et sablonneux — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
De plain-pied, au même étage et de même niveau. De plain-pied, sans monter ni descendre. De la salle on entre de plain-pied dans le jardin. Fig. De plain-pied, sans rien qui oblige à des efforts, sans difficulté. S. m. Le plain-pied, plusieurs pièces de plain-pied. Il y a beaucoup de plain-pied dans cette maison. Un beau plain-pied. Par extension.
La duchesse de Saint-Simon reçut toute la cour sur son lit dans l'appartement de la duchesse d'Arpajon, plus commode parce qu'il était de plain-pied — Saint-Simon (1675-1755)
L'appartement de madame de Maintenon était de plain-pied avec celui du roi — Voltaire (1694-1778)
Plain-chant, voy. PLAIN-CHANT.
S. m. Le plain, en termes de marine, la haute mer. Un vaisseau est allé au plain, a mis au plain, a donné au plain. Ancien terme de marine. Le plain de la poupe, la partie du pont de l'arrière comprise entre le tabernacle et les premiers bancs de droite et de gauche de la galère.
Le plain de l'eau, la haute mer — DESROCHES
Étymologie : Provenç. plan ; catal. pla ; esp. llano ; portug. plano ; ital. piano ; du lat. planus. L'ancienne langue employait très souvent plain, s. m. au sens de plaine. Plain et plein sont souvent confondus. Dans les anciens textes, plain pied, mieux écrit plein pied, signifie l'étendue d'un pied. Beaumanoir écrit plain champ, ce que nous écrivons aujourd'hui plein champ ; ce sont deux idées différentes qui arrivent au même sens dans l'usage : en plain champ, en champ uni ; en plein champ, dans la plénitude, l'étendue du champ.
Historique : XIIe s. Toute plaine sa lance [il] l'abat mort au sentier Li reis li a mandé qu'il soit prez l'endemain De respundre e de rendre sun acunte tut plain En la cité se sont tuit mis, Guerpi ont tout le plain païs XIIIe s. D'autre part c'ert bien plaine chose ; Ge ne vous i metrai jà glose Es issues des viles li quemin sont plus largue que il ne doivent estre à plain camp XIVe s. Quant on cuide en ferme joie estre, En un plain laissier [laisser en plan] le [la] convient, Que souvent grans duelz [deuil] y sourvient Ulcere plaine est cele en la quelle le seul cuir deffaut XVe s. En chevauchant les la…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj.
Qui est uni, plat, sans inégalités. Ce terrain est plain. Il a vieilli et il est communément remplacé aujourd’hui par PLAN.
Il n’est plus guère usité que dans les composés Plain-pied et Plain-chant.
Un beau plain-pied, Un bel ensemble de pièces de plain-pied.
DE PLAIN-PIED
loc. adv.
Sans monter ni descendre. De la salle on va de plain-pied dans le jardin.
Chambres, pièces de plain-pied, Chambres, pièces d’un appartement qui sont au même étage et de même niveau.
En termes de Fauconnerie, Cet oiseau va de plain. Il plane, il se soutient en l’air sans mouvement apparent des ailes.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (4)
- plaines — pluriel féminin — /plɛnə/
- plains — pluriel masculin — /plɛ̃/
- plaine — singulier féminin — /plɛnə/
- plain — singulier masculin — /plɛ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée plain#47699.