Littré (1873)
s. m.
Au sens propre, celui qui détourne les enfants d'autrui, qui débauche et vole les esclaves d'autrui. À peine usité en ce sens.
Ils font plus, ils arrachent les enfants du sein des pères, ils se les supposent, ils les défigurent, ils les blessent, ils les immolent comme des victimes à leur pauvreté ; ce sont de véritables plagiaires condamnés par la loi de Constantin — GUYOT DE PITAVAL
Ces plagiaires impitoyables [les jésuites] qui les [les enfants] enlevaient à leurs mères — Michelet (1798-1874)
Celui qui prend, dans un ouvrage qu'il ne cite pas, des pensées, des expressions remarquables, ou même des morceaux entiers. Adj. Auteur plagiaire. Fig. Les plagiaires de la terreur de 1793.
Ces larrons et plagiaires qui dérobent tous les jours l'écorce de ses œuvres [de Pic de la Mirandole], pour en tirer le suc et la moelle de leurs écrits — Gabriel Naudé (1600-1653)
Il est assez de geais à deux pieds comme lui Qui se parent souvent des dépouilles d'autrui, Et que l'on nomme plagiaires — La Fontaine (1621-1695)
Étymologie : Lat. plăgiarius, proprement celui qui débauche et récèle les esclaves d'autrui, de plăgium, crime de débaucher les esclaves, du grec πλάγιος, oblique : celui qui met de côté, qui détourne.
Historique : XVIe s. Ils m'ont chargé de calomnie, accusé de plagiaire [plagiat], et, sans ouïr mes raisons, condamné d'ignorance et de temerité
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).