pitance
nom, féminin, /pitɑ̃sə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (2 sens)
Littré (1873)
s. f.
La portion qu'on donne à chacun à chaque repas, dans les communautés. Populairement. Aller à la pitance, aller chercher les provisions.
La belle Agnès [Sorel] laissa un fonds pour la pitance d'œufs, au jour de son anniversaire — ST-FOIX
Par extension, ce qu'il faut pour un repas d'une personne.
Certain chien, qui portait la pitance au logis — La Fontaine (1621-1695)
On m'apporta ma pitance, que je commençai à expédier avec beaucoup d'appétit — Lesage (1668-1747)
Populairement. La chair ou le poisson qu'on mange dans le repas outre le pain. Il donne sur la pitance.
Étymologie : Bourguig. Berry et genev. pidance ; provenç. piatansa, piedansa, pidanza, pitansa, pitié, miséricorde ; espagn. pitanza ; ital. pietanza ; lombard, pitansa ; bas-lat. pictancia. La forme pietanza a fait supposer que le mot venait du latin pietas, et signifiait œuvre charitable ; piteux prouvant que le radical piet peut devenir pit. D'autres ont indiqué pittacium, billet, pitance signifiant dans cette hypothèse la remise d'aliments en échange d'un billet. Diez y a vu le radical pit qui signifie petit ; de sorte que pitance serait la petite portion. Mais la présence du bas latin pictantia paraît
Historique : XIIIe s. Je Gauchiers de Thorote ay donné en pure et perdurable aumone au couvent de S. Eloy de Noion un muy de blei à pitanche Et vont disant que povres son, Et les grasses pitances ont, Et les grans deniers en tresor Moult oi [j'eus] cel soir povre pitance XIVe s. Item à l'hopital de Saint Esprit de Besançon pour la pedance des pauvres, deix livres XVIe s. Il luy fut donné le revenu de trois villes pour son pain, son vin et sa pitance
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
La portion de pain, de vin, de viande, etc., qu’on donne à chaque repas dans les communautés. Bonne pitance. Maigre pitance. Double pitance. Régler la pitance. Retrancher de la pitance. Il est vieux en ce sens.
Il se dit, par extension, familièrement et avec une nuance de plaisanterie, de Ce qu’il faut pour la subsistance d’une personne. Il a sa pitance assurée.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- pitances — pluriel — /pitɑ̃sə/
- pitance — singulier — /pitɑ̃sə/
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