Aller au contenu

pis

pis

adverbe · /pi/

Usage : fréquent (34 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Comparatif de mal : d'une manière plus mauvaise, plus fâcheuse.

    « Bacchus le déclare hérétique Et janséniste, qui pis est »Boileau (1636-1711)

    « Il [Jurieu] avoue qu'on peut croire.... non pas qu'il survient à Dieu des accidents comme à nous, et de nouvelles pensées ; mais, ce qui est beaucoup pis, qu'il change dans la substance.... »Bossuet (1627-1704)

  2. Nom masculin. Ce qui est le plus mauvais ou le plus fâcheux dans une situation donnée : s'attendre au pis, craindre le pis.

    Ébauche, en attente de relecture.

  3. Tant pis : formule marquant qu'on se résigne à une situation regrettable.

    « Au pis aller, on se justifie en accusant la fortune »Guez de Balzac (1597-1654)

  4. Dans la locution qui pis est : ce qui est plus fâcheux encore, pour ajouter un fait aggravant à ce qu'on vient de dire. Exemple : il a perdu son emploi et, qui pis est, sa santé.

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : aller de mal en pis · au pis aller

Grammaire et formes (1)
  • pis : forme de base · /pi/

Témoignages historiques

Littré (1873), entrée 1 · 6 sens

adv.

  1. Comparatif de l'adverbe mal : plus mal, d'une manière plus mauvaise. Ils sont pis que jamais ensemble. Il se portait mieux ; mais aujourd'hui il est pis que jamais. S. m. Pis aller, ce qui peut arriver de plus fâcheux. Au pis aller, loc. adv. En mettant les choses au pis. Ce qui sert à défaut de mieux. Être le pis aller de quelqu'un, être la personne à qui il s'adresse pour quelque chose que ce soit, lorsqu'il n'a pas trouvé une autre personne de qui il pût l'obtenir.

    Il ne m'en sera jamais ni pis ni mieuxLa Bruyère (1645-1696)

    Hélas ! je suis perdu. -Pourquoi ? ton pis aller n'est que d'être penduThomas Corneille (1625-1709)

  2. Pis se prend quelquefois adjectivement (d'autant plus facilement que pejus n'est que le neutre de pejor) ; il signifie plus mauvais.

    Que m'offrirait de pis la fortune ennemie ?Pierre Corneille (1606-1684)

    Que pourrais-je avoir pis, si j'étais le parjure, Si j'avais violé les droits de la nature ?Rotrou (1609-1650)

  3. S. m. Le pis (avec l'article défini), ce qu'il y a de plus mauvais. Tout le pis, tout ce qu'il y a de plus mauvais. On dit dans le même sens : le pis du pis. Faire du pis qu'on peut, faire le plus de mal qu'on peut. Mettre quelqu'un au pis, se dit par manière de défi pour marquer à un homme qu'on ne le craint point, quelque mauvaise volonté qu'il ait. Mettre les choses au pis, supposer tout ce qui peut arriver de plus fâcheux. Prendre les choses au pis, les envisager dans le pire état où elles puissent être.

    Quelque plume y périt, et le pis du destin Fut qu'un certain vautour à la serre cruelle Vit notre malheureux [pigeon]....La Fontaine (1621-1695)

    Ce fut là le pis de l'aventureLa Fontaine (1621-1695)

  4. Pis (sans article), chose plus mauvaise. Dire à quelqu'un pis que son nom, l'injurier. Mettre à faire pis ou à pis faire, défier de faire plus de mal ou de faire plus mal. Qui pis est, ce qu'il y a de plus fâcheux et de plus désagréable.

    Encore pis que cela ne nous rendrait pas l'affaire douteuseGuez de Balzac (1597-1654)

    C'est à qui pis fera, à qui pis diraMme de Sévigné (1626-1696)

  5. De mal en pis, de pis en pis, loc. adv. De plus mal en plus mal.

    ....Les gens n'ont point de honte De faire aller le mal toujours de pis en pisLa Fontaine (1621-1695)

    Les affaires de ce roi, mon ancien disciple et mon ancien persécuteur, vont de mal en pisVoltaire (1694-1778)

  6. Tant pis, voy. TANT.

Étymologie : Bourguig. pei ; provenç. piegz, pieitz, piets ; du lat. pejus ; comparez PIRE. Pis est un de ces rares noms qui ont conservé dans l'ancienne langue au nominatif l's des noms neutres latins, comme tems, de tempus, cors, de corpus, pis, de pectus.

Historique : XIIe s. Li destriers Pinabel, ce jour, en ot le pis Et se je sui de vostre amour espris, Douce dame, ne m'en doit estre pis XIIIe s. Li mundz s'en va de mal en pis, Edouard le confesseur, V. 3401. Se vos à lui tenés, vous ferés ce que vous devés ; ou se non, sachiés certainement que nous vos ferons du pis que nous porrons Ne sai [ce] que puissons faire, or va la chose au pis Maintenant lui [à la malade] est pis, je ne sai que cle a Vous savez que le conte de Bretaingne a pis fait au roy que nul home qui vive XIVe s. Qui.... font de pis en pis Pour aller en enfer avec les anemis [diables] XVe s…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 14 sens

adv.

  1. Comparatif de Mal. Plus mal, plus désavantageusement; d’une manière plus fâcheuse, Ils sont pis que jamais ensemble. Il se portait un peu mieux, mais il est pis que jamais.

  2. Tant pis. Voyez

  3. TANT.

  4. Il s’emploie aussi comme adjectif. Il n’y a rien de pis que cela. C’est bien pis. Il en a dit pis que pendre.

  5. Qui pis est, Ce qui est plus mauvais, plus fâcheux. Il est sot et qui pis est méchant.

  6. Il s’emploie encore substantivement et signifie Ce qu’il y a de pire. Le pis qui puisse arriver. Le pis de l’affaire, le pis de l’aventure.

  7. Prendre, mettre les choses au pis, Les envisager dans le pire état où elles puissent être et en supposant tout ce qui peut arriver de plus fâcheux. En mettant tout au pis, il lui restera encore de quoi vivre.

  8. AU PIS ALLER

  9. loc. adv.

  10. En supposant les choses au pire état où elles puissent être. Au pis aller, nous y vivrons de ce que nous y trouverons. On dit aussi Au pis.

  11. Pis aller s’emploie aussi substantivement. C’est votre pis aller, C’est le pis qui puisse vous arriver. J’ai accepté cela comme un pis aller, Je l’ai accepté faute de mieux. être le pis aller de quelqu’un, être la personne à qui il s’adresse pour quelque chose que ce soit, lorsqu’il n’a pas trouvé une autre personne de qui il pût l’obtenir. Je ne veux pas être son pis aller. Je serai votre pis aller.

  12. DE MAL EN PIS, DE PIS EN PIS

  13. loc. adv.

  14. De mal ou de plus mal en plus mal. Ses affaires vont de mal en pis, de pis en pis.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée pis#47512.

pis

nom, masculin · /pi/

Usage : d'usage courant (2.63 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Mamelle de la vache ou d'autres mammifères domestiques : traire le pis d'une vache.

    Le veau tétait le pis de sa mère.

    Synonyme : mamelle.

    « La grosseur du pis ne constitue pas la bonté d'une vache ; il y en a qui l'ont très petit et qui néanmoins donnent beaucoup de lait »Mme de Genlis (1746-1830)

    « Ses doigts, tout pleins de lait et plus blancs mille fois, Pressaient les bouts du pis d'une grâce admirable »Molière (1622-1673)

Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Grammaire et formes (1)
  • pis : forme de base · /pi/

Témoignages historiques

Littré (1873), entrée 2 · 3 sens

s. m.

  1. Poitrine (ce qui est l'ancienne signification, aujourd'hui hors d'usage).

    Les femmes, plus mortes que vives, De crainte de se voir captives, Et de quelque chose de pis, De la main se battent le pisScarron (1610-1660)

    Ledit sieur abbé de Saint-Cyran, après avoir mis la main au pis, promis et juré sur les saints ordres de dire la vérité

  2. Mamelle d'une vache, d'une chèvre, etc.

    Ses doigts, tout pleins de lait et plus blancs mille fois, Pressaient les bouts du pis d'une grâce admirableMolière (1622-1673)

    La grosseur du pis ne constitue pas la bonté d'une vache ; il y en a qui l'ont très petit et qui néanmoins donnent beaucoup de laitMme de Genlis (1746-1830)

  3. Terme de boucherie. Partie inférieure du ventre du bœuf dans toute la longueur du dessous de l'animal.

Étymologie : Wallon, pé ; bourg. pei, sein de femme ; genev. pètre, peitre, gésier, estomac ; prov. peich, peit, piech, pieit, pit, pege ; espagn. pecho ; port. peito ; ital. petto ; du lat. pectus, poitrine.

Historique : XIe s. Mal seit de cuer qui al piz se couarde XIIe s. E les enfanchunetz pendre as meres as piz XIIIe s. Piteusement [elle] fait croi de ses bras sur son pis XIVe s. Un courage vertueux, plein de toute meurté [maturité] en son pis virginal doulcement habitoit XVe s. Mais je en offre tout justement Ce que en veux payer, sur le pec [en conscience] XVIe s. Et mettant la main sur le pis, il recommença ainsi

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée pis#47511.

pis

adjectif

Usage : d'usage courant (1.21 occurrences par million, Lexique 3.83).

Grammaire et formes (1)
  • pis : forme de base

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée pis#101707.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.