pire

pire

adjectif, /piʁə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (7 sens)

Littré (1873)

adj. comparatif

  1. Plus mauvais, plus dommageable, plus nuisible, en parlant des personnes et des choses. Le remède est pire que le mal, se dit, au propre, d'un remède qui fait plus souffrir que le mal, et, au figuré, de tout ce qui empire une condition sous prétexte de l'amender. La dernière faute sera pire que la première, elle aura des suites, des conséquences plus fâcheuses.

    Aristote a bien raison, quand il dit qu'une femme est pire qu'un démon ! — Molière (1622-1673)

    Souvent la peur d'un mal nous conduit dans un pire — Boileau (1636-1711)

  2. Qui est dans un moins bon état de santé (on dit aujourd'hui pis en cet emploi). Substantivement. Avoir du pire, avoir le dessous.

    Je ne suis pas pire que j'étais — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Ô dieux ! le cœur me bat, Et m'annonce déjà que nous avons du pire — Jean Mairet (1604-1686)

  3. Avec l'article défini ou un pronom possessif, il devient superlatif. Votre pire ennemi, c'est ce flatteur. Il est encore superlatif avec de pris partitivement.

    Notre condition jamais ne nous contente ; La pire est toujours la présente — La Fontaine (1621-1695)

    Les pires des ennemis, disait sagement cet ancien [Quinte-Curce], ce sont les flatteurs, et j'ajoute avec assurance que les pires de tous les flatteurs ce sont les plaisirs — Bossuet (1627-1704)

  4. S. m. Le pire, ce qu'il y a de plus mauvais. Corneille a dit son pire, pour signifier ce qu'il y a de plus mauvais pour lui (inusité aujourd'hui). Il n'y a pire eau que l'eau qui dort (voy. EAU).

    J'ai trop longtemps vécu pour ne pas prendre le pire pour le certain — Mme de Maintenon (1635-1719)

    Mais dans l'art dangereux de rimer et d'écrire Il n'est point de degrés du médiocre au pire — Boileau (1636-1711)

Étymologie : Wallon, pé ; bourguig. peire ; provenç. pieger, peger, pieier, peior, peire ; anc. catal. pejor ; espagn. peor ; portug. peior, peor ; ital. peggiore ; du latin pejorem, pire. L'ancien français avait pire et pejur ou peor ou pior ; de ces deux formes l'une est le nominatif, et vient de péjor, avec l'accent sur pé ; l'autre est le régime, et vient de pejórem, avec l'accent sur jó. C'est vers le XVe siècle que la distinction des deux formes se perd, et l'on voit Froissart employer au hasard pire et pieur. Finalement pire l'a emporté, contre l'ordinaire, la forme du régime étant celle qui, dans d

Historique : XIe s. Des mieux [meilleurs] et des pejurs XIIe s. Saisne vont par ces rues faisant moult grant martire, N'i estoit esparnés li moindres ne li pire À tut le pejur [à tout le pire] XIIIe s. Il ne chaloit à ceus qui l'ost voloient depecier del meilleur ne del peieur, mais que li ost se departist Fisicien [les médecins] me dient que la clarté m'empire Et le parler aussi ; nule rien ne m'est pire Et fu sacrés à roi, et fu li pires rois qui onques feust Il sont pieres que patarins [Albigeois] XIVe s. Le mescheant ne sera onques fait beneuré pour bonne fortune, se elle lui vient, mes en usera et en …

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

adj. des deux genres

  1. Comparatif de Mauvais. Plus mauvais, plus défectueux, plus nuisible. Ce vin-là est encore pire que le premier. Cet homme, cet enfant est devenu pire, bien pire qu’il n’était.

  2. La dernière faute sera pire que la première, Elle aura des suites, des conséquences plus fâcheuses.

  3. Le remède est pire que le mal, se dit en parlant d’un Remède qui paraît dangereux et ne ferait que remplacer un mal par un mal plus grand. Il se dit aussi figurément.

  4. Prov. et fig., Il n’y a pire eau que l’eau qui dort, Les gens sournois sont ceux dont il faut le plus se défier.

  5. Prov. et fig., Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, On perd son temps à vouloir persuader quelqu’un qui est de parti pris.

  6. PIRE s’emploie aussi comme superlatif, et alors il est toujours précédé de l’article. Le pire de tous les vices. Un bandit de la pire espèce.

  7. Il s’emploie aussi comme nom masculin et désigne Ce qui est de plus mauvais. Boileau est d’avis que dans l’art d’écrire il n’est point de degré du médiocre au pire.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • pires — pluriel — /piʁə/
  • pire — singulier — /piʁə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée pire#47502.

pire

nom, masculin, /piʁə/

Grammaire et formes (2)
  • pires — pluriel — /piʁə/
  • pire — singulier — /piʁə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée pire#47501.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.