piquet
nom, masculin, /pikɛ/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens) · 1873 (5 sens) — Académie 1935 (6 sens)
Littré (1873) — entrée 2
s. m.
Sorte de jeu qu'on joue aujourd'hui avec trente-deux cartes, mais qui se jouait avec trente-six cartes. Faire un cent de piquet, jouer une partie de piquet, parce que la partie se joue ordinairement en cent points. Au piquet, il y a un talon que les joueurs prennent après avoir écarté. Fig. Fig. Compter au piquet, se dit d'une chose qui, en son espèce, sort de ligne. Notre petit vagabond recevra demain une correction qui comptera au piquet. Piquet a écrire, manière de jouer le piquet, qui consiste dans une série de parties. Piquet voleur, ou piquet à trois ; il se joue comme le piquet ordinaire, sauf que chaque joueur reçoit dix cartes, celui qui fait la donne écartant deux cartes pour prendre le talon ; il est dit voleur, parce que pour le coup de capote il est facile à deux des joueurs de s'entendre contre le troisième. Piquet à tourner. Un jeu de piquet, les cartes qui servent au piquet, par opposition à cartes entières. Un sixain de piquet, un paquet de six jeux de cartes propres au piquet.
Console-moi, marquis, d'une étrange partie Qu'au piquet je perdis hier contre un Saint-Bouvain à qui je donnerais quinze points et la main — Molière (1622-1673)
Mme de Brinvilliers n'est pas si aise que moi ; elle est en prison ; elle se défend assez bien ; elle demanda hier à jouer au piquet parce qu'elle s'ennuyait — Mme de Sévigné (1626-1696)
Étymologie : Jeu de cartes, ainsi nommé, dit-on, de son inventeur.
Historique : XVIe s. Jouer au piquet
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Littré (1873) — entrée 1
s. m.
Bâton pointu que l'on enfonce en terre. Des piquets enfoncés en terre. Être droit comme un piquet, se tenir droit et raide. Être planté comme un piquet, se tenir debout et immobile.
Droits comme des piquets campés dans ton passage — Marc-Antoine Legrand (1673-1728)
Va t'en l'attendre dans la rue, et ne sois point dans ma maison planté tout droit comme un piquet — Molière (1622-1673)
Particulièrement. Petit pieu qu'on fiche en terre pour arrêter les cordages des tentes dans un camp. Planter le piquet, camper. Lever le piquet, décamper. Fig. et familièrement. Planter le piquet, s'établir en quelque endroit. Fig. Aller planter le piquet chez quelqu'un, aller s'établir chez quelqu'un pour quelque temps.
Il avait étudié en médecine, s'était fait passer docteur à Montpellier, et avait ici planté son piquet — Gui Patin (1601-1672)
Le baron avait fait une assemblée.... pour délivrer ses bois d'une grande quantité de loups qui y avaient planté le piquet — Scarron (1610-1660)
Sorte de pieu grand et fort dont on se sert dans un camp ou ailleurs pour tenir les chevaux à l'attache. Mettre les chevaux au piquet. Se dit, par catachrèse, d'un certain nombre de cavaliers commandés pour monter à cheval au premier signal. Par extension. Tout détachement chargé de monter la garde dans un poste avancé et se tenant prêt à marcher au premier ordre. Un piquet d'infanterie. En général, petit détachement.
Je m'aperçus, étant de piquet, d'une diminution dans les feux ordinaires des ennemis — Saint-Simon (1675-1755)
Un piquet de dragons, le sabre nu, sort de la cour intérieure de la prison — Chateaubriand (1768-1848)
Perches plantées d'espace en espace pour prendre un alignement.
La route du soleil.... ne lui échappa point [à Duval, qui, enfant, contemplait de lui-même les phénomènes célestes] ; il marqua les solstices avec deux piquets, sans savoir ce que c'était que les solstices — Voltaire (1694-1778)
Sorte de punition militaire qui consistait à passer deux heures debout, un pied sur un piquet. Punition employée dans les colléges, qui consiste à se tenir debout à une place marquée pendant une heure de récréation. Faire une heure, deux heures de piquet. Il y a aussi le piquet marcheur ou ambulant, les élèves punis marchant en file dans la cour.
Étymologie : Diminution de pique 1 ; bourguign. piqô.
Historique : XVe s. S'il ne levoit le piquet devant Auray, il devoit s'attendre à une bataille XVIe s. Honoré de lui [Henri IV] entre trois ou quatre pour l'accompagner au placement des armées, aux reconnoissances ou aux piquets des trenchées Ils en vinrent à mettre leur piquet [ajourner, assigner leur entreprise] sur le retour du comte de Montgommeri ....Que la perte de 1000 hommes ne sauroit le lendemain le loger où il estoit, et que partant il ne remueroit point le picquet qu'un mareschal de camp ne le vint querir
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Petit pieu qu’on fiche en terre pour tendre et arrêter les cordes des tentes, des pavillons. Les piquets d’une tente.
PIQUET se dit aussi d’un Pieu plus grand et Plus fort, dont on se sert pour mettre des chevaux à l’attache, par le moyen des cordes. Mettre, tenir des chevaux au piquet.
PIQUET se dit encore des Bâtons, des perches qu’on plante en terre d’espace en espace, pour prendre un alignement. Planter des piquets.
Fam., être droit comme un piquet, Se tenir droit d’une manière raide et affectée. être planté comme un piquet, Se tenir debout et immobile. Que faites-vous là planté comme un piquet?
PIQUET, en termes de Guerre, désigne un Groupe de cavaliers ou de fantassins commandés pour un certain service. Un piquet de dragons, de chasseurs à pied. Cette compagnie est de piquet. Envoyer un piquet d’honneur.
Il se dit aussi d’une Sorte de punition scolaire qui consiste à être mis debout, pendant un certain temps, contre un arbre ou contre un mur. Mettre un écolier au piquet.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- piquets — pluriel — /pikɛ/
- piquet — singulier — /pikɛ/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée piquet#47480.